Décidemment, j'adore le snobisme. Même celui de Tocqueville, bien qu'il craigne un peu sur le substrat cutlurel de la démocratie
Par Yves Duel le samedi, 8 mars 2008, 12:51 - Snobisme réel - Lien permanent
voilà : je vous l'ai recopié avec mes petites mains, tant je trouvais cette citation rigolote (devinette : elle s'applique à qui ?) :
« Je pense que les ambitieux des démocraties se préoccupent moins que tous les autres des intérêts et des jugements de l’avenir : le moment actuel les occupe seul et les absorbe (...) ils aiment le succès bien plus que la gloire. Ce qu’ils demandent surtout des hommes, c’est l’obéissance. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est l’empire. Leurs mœurs sont presque toujours restées moins hautes que leur condition : ce qui fait qu’ils transportent très souvent dans une fortune extraordinaire des gouts très vulgaires, et qu’ils semblent ne s’être élevés au souverain pouvoir que pour se procurer plus aisément de petits et grossiers plaisirs ».
C'est de Tocqueville cité par Val dans Charlie Hebdo du 27 02 08. C'était sans doute plus sociologiquement vrai du temps de Tocque qui pouvait comparer avec le snobisme de la noblesse de son époque : c'est sans doute ce qui explique la faiblesse du raisonnement. Pourquoi lier nécessairement la vulgarité et le fait que le dirigeant visé soit élu? Certains d'entre eux sont encore plus aptes à la noblesse des sentiments, des attitudes, des décisions que les nobliaux par héritage. Ambitieux, ils sont parfois plus dignes d'admiration ou d'estime. Donc c'est dommage de confondre vulgaire et peuple.
Mais, sous cette réserve, la phrase, l'expression sont impecc !
Commentaires
oh, il n'a pas tant tort, Tocqueville : maintenant, on appelle ça des "nouveaux riches", on a un mot : "bling bling".
Là où son raisonnement pèche, c'est sur l'idée sous-jacente qu'il y a une noblesse héritée, qui ferait aussi hériter de nobles goûts. Je suis assez séduite par l'idée qu'il y a une noblesse du goût, mais celle-là ne dépend pas de la condition pour exister ; il est vrai toutefois qu'elle ne se déploiera pas de la même façon selon le lieu, les rencontres, les moyens.
Là où notre raisonnement pèche, c'est que nous imaginons que la démocratie et ses voies ont une rationalité et une équité que l'héritance du pouvoir n'a pas. ça, c'est une illusion d'optique. La vérité est qu'on n'a pas trouvé comment faire. Alors on fait comme on peut, comme ça vient, comme on a appris,comme on a pris l'habitude de. Et on se débrouille pour penser que c'est le mieux, ou le moins mal --ce qui n'est pas forcément faux, mais pas forcément non plus pour les raisons qu'on se raconte.
Mais chaque époque a produit ses nouveaux riches : ils sont un peu plus voyants quand les inégalités le sont un peu plus aussi, voilà tout ! La question posée par Tocqu est biaisée par son propre snobisme : il confond la cause et l'effet, en attribuant à la naissance la capacité à "se montrer noble" ou de bon gout. Napoléon devait paraitre le comble du vulgaire aux parents, cousins et alliés de Tocqueville (mais N au moins, il avait du génie !)
En revanche, je serais assez d'accord avec Tocq sur le fait qu'on ne nait pas tout nu. Il y a dans la vulgarité tapageuse de Sarko quelque chose comme une revanche à prendre : un truc hérité qui lui vient de je ne sais quelle frustration dans sa famille...
exact --en fait on dit la même chose dans nos commentaires, d'angles un peu différents.
ah, il faut quand même bien que je trouve de quoi m'opposer dis donc :))
...alors... le génie de Napoléon ? sans blagues. faut du génie pour faire de l'Europe un creuset à charniers ? Napoléon, c'est l'ambition du plouc haineux, parvenue, puis déchue.
bof....