Les pauvres qui vivent comme des riches (encore une réfutation réjouissante de l'économisme et des économistes)
Par Yves Duel le lundi, 11 février 2008, 06:43 - General - Lien permanent
Dans une étude de Duflo (oui, la Duflo qui écrit dans Libération tous les mois), je trouve une perle sur l'irrationnel, l'incompréhensible, le déraisonnable comportement des pauvres :
it is apparent that spending on festivals is an important part of the budget for many extremely poor households. In Udaipur …, more than 99 percent of the extremely poor households spent money on a wedding, a funeral, or a religious festival. … In South Africa, 90 percent of the households living under $1 per day spent money on festivals. In Pakistan, Indonesia, and Cote d’Ivoire, more than 50 percent did likewise. Only in some Latin American countries in our sample - Panama, Guatemala, Nicaragua - are festivals not a notable part of the yearly expenditure for a significant fraction of the households.
Les apuvres, ils préfèrent faire la fête et remplir leurs obligations sociales. Les riches, ils préféreraient voir les pauvres travailler pour sortir de leur misère. On n'en sortira pas !
Et c'est réjouissant.
Tien un autre truc : il parait que le bonhuer et la richesse, finalement, c'est lié. Contrairement à ce qu'essayaient de nous enfiler de bonnes âmes sur : pauvres, mais heureux.
Commentaires
J'ai lu quelque part (où? étude US mais je ne sais plus) que le bonheur était significativement lié avec le fait de partager régulièrement des repas avec des gens...
Taratata, tout ça c'est du flan ! Le bonheur et la richesse, ce n'est pas lié. Tiens, regardez le Roi : il dit vouloir être heureux "comme tout le monde". Ca prouve qu'il ne l'était pas. Or il est riche (170 % d'augmentation, tout de même...) Donc on peut n'avoir pas le bonheur mais avoir la richesse. Cela dit j'ai peut-être tort. Car il n'est pas si riche que ça puisqu'il a besoin d'autres riches pour afficher son bonheur (Bolloré est plus riche que lui). Donc en réalité, il est heureux et pauvre. Enfin, riche de la richesse des autres. Donc pauvre. le pôvre... Tout ceci ne nous tournerait-il pas un peu la tête...
Chères Stella, vous etes un peu confusing : la conclusion des plus récentes études consiste à montrer que les pauvres ont conscience d'être pauvres ; donc ils expriment une satisfaction inférieure en moyenne à celle des riches --voilà tout ! mais ça a la vertu de renvoyer au bain les crétins bien pensants qui nous affirmaient que les pauvres étaient néanmoins heureux !
YGG : j'adore ! Sérieux : si tu peux retrouver, ça me rendrait service !
Plusieurs petites choses : tout d'abord, je voudrais revenir sur la citation que vous faites de Esther Duflo : elle semble s'étonner que les ménages pauvres en Afrique dépensent une large part de leur revenu dans la participation à des cérémonies (religieuses ou non) qu'elle nomme d'ailleurs "festivals" ! Or, la participation à ces cérémonies est une marque de bien-être et un signe extérieur de richesse dans ces pays comme dans bon nombre de pays développés. J'ai montré dans ma thèse de doctorat l'importance de ces participations et des organisations même des cérémonies étaient cruciales pour ces ménages.
deuxième commentaire, là je voudrais revenir sur sentiment de bien-être et niveau de vie. Je fais partie des crétins de chercheurs qui, à partir d'études empiriques, ont montré que les ménages les plus pauvres développaient un sentiment de bien-être malgré leur piètre niveau de revenu... et qu'à l'inverse les ménages les plus riches (toujours en Afrique) ont tendance à se déclarer moins aisés qu'ils ne le sont vraiment. On a donc deux phénomènes : un phénomène d'adaptation et un phénomène relative à ce que l'on pourrait qualifier d'erreur cognitive. Dans une prochaine étude, je vais m'attacher à étudier les facteurs à l'origine de ces deux phénomènes...
hello, j'aimze beaucoup ton blog :) on y trouve souvent quelqueds perles. Je me demandais pouruoi avoir fait cetten précision : "oui, la duflo qui ecrit dans liberation tous les mois" :)
je suis heureux qu'on s'intéresse à la pauvreté évangélique. elle nous manque en effet beaucoup aujourd'hui. la pauvreté évangélique c'est celle qu'on choisi librement pour le Christ. il s'agit de s'abandonner totalement à luii, et ne pas s'appuyer sur les fausses sécurités terrestres: or argent femmes etc. c'est la pauvreté où on se sait dépendre totalement de Dieu merci encore