leçon de journalisme et recherche de la vérité
Par Yves Duel le lundi, 3 septembre 2007, 08:33 - EEEEcrire - Lien permanent
J'aime bien ce qu'écrit Schneidermann dans Libération. Dans son dernier papier, du Vendredi 31 Aout, il fait un parallèle pertinent entre Wikipedia et Youtube. Youtube s'en fout de laisser passer de la pornographie ou du nazisme, quitte à effacer à postériori. Wikipedia surveille les erreurs, les corrige, les anticipe car son projet est de s'approcher de la vérité.
Les deux logiques de présence sur le Net sont tellement divergentes que ça en devient une sorte de leçon de journalisme (pas extension).
Je m'étais vaguement empoigné avec l'un de ces brillants entrepreneurs du Net à propos de journalisme. En gros, pour eux, c'est avant tout "ce qui plait". Ca a peu à voir avec la vérité, critère secondaire.
Tiens, un autre gag : le bouquin de Yasmina Reza respire cet énorme mépris que les politiques éprouvent à l'égard des journalistes. Ce sont des parasites. On leur faire avaler ce qu'on veut. Ce sont des fouille merde. Bref, tout ce bestiaire connu...
J'aimerais bien avoir le temps de coller ensemble les différents éléments de Wikipedia qui en font une Entreprise remarquable. y compris la nécessité de l'anonymat et de la gratuité. Encore un domaine critiqué par des neuneus entrepreneurs : la gratuité ? impossible ! CA n'existe pas ! Le béénvolat ? mon oeil. Y en a qui s'en mettent plein les fouilles... etc, etc : tous discours que l'on entend régulièrement sur les logiciels libres.
Commentaires
Dans un autre domaine, tout aussi absurde, la communication du style "le piratage finance le terrorisme". J'aimerai vraiment qu'on m'explique comment en distribuant des choses gratuitement, de manière légale (wikipédia, freeware,...) ou illégale (P2P), on peut devenir riche...
La recherche de la vérité ou la quête de l'inaccessible absolu pour le journaliste, je crains.
Car "La" vérité, ça existe ? Un fait, certes, est objectif. Mais tout ce qu'on se demande, ce qu'on conclut à partir de ce fait est, souvent, lié à une culture, à la situation d'un pays, à tout un tas de facteur liés à un endroit à un moment donné.
C'est souvent cette remise en perspective qui me fait applaudir (ou pas) un papier, une analyse, la conscience de ce qui est vrai pour nous ne l'est pas forcément pour un autre qui vient du bout du monde. Ou aboutirait à un résultat complètement différent.
Un art difficile, que celui de distiller l'information, donc. Et dont on aurait tort de penser qu'il est accessible à tous, ou bien contrôlable a posteriori.
Anne : c'est bien pourquoi je parle de "s'approcher de la vérité". L'essentiel est dans le fait de le vouloir ; d'adopter ce critère ! Et non pas raconter des histoires qui ont du succès parce qu'elles font consensus.
C'est bien ainsi que je l'avais lu :-)