Je n'ai pas tout compris, mais j'ai déjeuné avec l'auteure de ça (et sa soeur)
Par Yves Duel le mardi, 25 avril 2006, 13:16 - Snobisme virtuel - Lien permanent
A travers l'analyse comparée des romans de Houellebecq, Dantec, Gibson et Ellis, cette thèse cherche à définir un nouveau genre littéraire transnational que j'appelle Le roman posthumain.
L'accès à l'écriture des romanciers posthumains correspond à l'âge de la toute-puissance des médias. Leur statut d'écrivain s'inscrit dans une stratégie de manipulation de la couverture médiatique. Experts en scandale, ils sont l'illustration d'une double évolution: celle du statut de la littérature face à l'information, et de la posture de l'écrivain, entre engagement et star system. Ces textes peuvent d'abord se définir comme discours de la fin. Fin des temps et esthétique apocalyptique: les romans posthumains construisent une temporalité de l'imminence. Fin de l'homme et mort du personnage: l'âge posthumain signale le déclin de l'individu.
Ce discours pessimiste s'élabore à travers un style éminemment satirique, qui révèle la posture prophétique des auteurs. La satire fonctionne à la fois comme une position morale, entre prophétie et dystopie, et comme une technique narrative qui fait entendre le langage global.
Ces mutations linguistiques donnent lieu à une redéfinition générique du roman. Les phénomènes de simulation et de massification mettent en question les limites génériques des textes. L'espace virtuel met en question l'espace fictif, le thème du tourisme met en question la construction de l'intrigue, et le motif gothique contribue à la déréalisation de ces fictions. Les romanciers posthumains élaborent un modèle romanesque qui, bien qu'inspiré par le réalisme, se voit marqué par la désincarnation et l'immatérialité. Ces récits obsédés par l'actuel perdent de vue le vivant.
Mots-clés: Houellebecq, Dantec, Ellis, Gibson, roman, posthumain
Commentaires
"Pauvre France" comme disait ma grand-mère en lavant les culottes de ses patronnes.
Et la mienne disait à son arrière petite fille : oui, bon d'accord, mais prends pas froid !
oui, sauf que chez Ellis il n'y a pas de massification, mais un effet de "miroir démesurant" à partir d'un focus sur un groupe restreint, très délimité. ça se retrouve dans pratiquement tous ses écrits, même dans les nouvelles (the Informers).
Est-ce que P. K. Dick ne prend pas une petite place dans la thèse ? Je pense par exemple à Ubik.
Est-ce que l'auteur prolonge ses vues vers le cinéma ?
Tiens oui justement l'auteure veut écrire sur le cinéma (et m'a OBLIGé à voir quelques nanars métaphysiques...)
Dick : trop vieux ! beaucoup trop vieux ! Même dans les générations de maladies mentales, il est de l'avant avant dernière ! ... J'ai essayé de le faire lire à l'auteure, ça n'a pas marché.