Les journaux payants, c'est comme ça que ça devrait marcher (auto-hommage au titre de mon blog)
Par Yves Duel le jeudi, 29 décembre 2005, 12:21 - EEEEcrire - Lien permanent
Je lis avec grand plaisir la dernière page de L'ordinateur individuel daté de Janvier 2006. Un édito de Bernard Montelh, avec un argumentaire précis, plat, factuel, concret, exact, modeste ; en bref : exemplaire.
(En gros, mais lisez-le, il dit que les produtis "testés" qui paraissent dans l'OI sont vraiment testés. Alors que ceux "testés" dans le Nouvel obs ou dans Le Point sont tout au plus des "coups de coeur"... )
J'aime bien l'idée de payer un journal, et que nous soyons nombreux à le faire, afin que le journal en question nous rende le service que nous lui demandons ; et le fasse honnètement, car c'est coûteux, mais qu'il est payé pour le faire. Point.
Je ne crois pas qu'il y ait tant que ça de naïveté dans une telle position. Le mépris implicite et de plus en plus explicite des lecteurs à l'égard de leurs journaux résulte de ce bâclage, de cette complaisance qu'il y reniflent, sans même aller jusqu'à la corruption explicite.
Pour moi, les 700 000 lecteurs (?) de 20 minutes ne sont pas vraiment des lecteurs.. C'est normal, puisque ce n'est pas vraiment un journal.
Commentaires
Il faut tout de même voir que la nécessité de remplir, de vendre de l'information, implique qu'elle n'est pas toujours assez assise sur des connaissances pour être plus performante qu'un autre support. Faute de temps tout simplement, vu la vastitude à couvrir, même pour un journaliste spécialisé.
Il n'est que de voir les pages spécialisées des journaux. Dès que l'on s'est un brin intéressé à la quesiton, on se rend compte du nombre considérable d'erreurs qui y sont présentes. Il n'y a que l'actualité factuelle, les prises de position assumées comme subjectives ou les spéculations invérifiables sur l'air du temps (qui a parlé des économistes et des sociologues ? :-) qui soient sans erreurs.
Un journal est général, et il est naturel qu'il ne puisse être parfaitement performant. Mais dans certains domaines, comme la justice ou les arts, on trouve tellement d'erreurs qu'il vaut mieux ne pas les lire.
Alors la prestation approximative ne me paraît pas valoir mieux que la gratuité - qui est aussi le propre d'amateurs qui, eux, produisent parfois des textes très pertinents, sans plus de rémunération.
Je ne suis pas persuadé qu'il y ait des faux lecteurs, mais en tout cas il y a de mauvais journaux.
Merci pour ce commentaire mesuré et judicieux. Mais il y a un point sur lequel je ne vous suis pas : "Il n'est que de voir les pages spécialisées des journaux. Dès que l'on s'est un brin intéressé à la quesiton, on se rend compte du nombre considérable d'erreurs qui y sont présentes".
J'ai entendu ou lu cette phrase souvent, et surtout quand j'étais journaliste. Je pense qu'elle relève d'une erreur de jugement. Bien sûr, un article technique d'un journaliste peut contenir des erreurs : il n'est pas expert du domaine. Mais le but du papier est souvent de rendre des questions techniques compréhensible par le grand public. C'est plutôt cette "vulgarisation" qui est critiquée par les "spécialistes" sous couvert d'erreurs. Or c'et bien l'une des qualités essentielles du journalisme, que de faire comprendre au plus grand nombre... Je me rappelle avoir fait le test à plusieurs reprises : vas y, explique moi point par point ce qui est inexact dans ce papier. Et le spécialiste du domaine était obligé bien souvent d'admettre que le papier en question choquait son addiction à la technique, aux mystères de sa science ; mais que vis à vis du grand public, hé bien, ce n'était pas si mal présenté ...Oui, tout à fait, ce qui hérisse les "spécialistes". On peut ensuite discuter du degré d'imprécision admis, c'est délicat à définir en effet.
Mais je parlais bien d'erreurs. Lorsqu'un journal comme parle de relaxe pour un procès au civil, par exemple.
Le domaine où je m'en rends le plus compte est peut-être sur les comptes-rendus de concert. Eric Dahan avait chanté les louanges de Gérard Mortier pour avoir fait représenter Elektra, un des piliers du répertoire lyrique international, sans entracte. (Or Elektra est une oeuvre en un acte.)
Dans un autre journal, Marie-Aude Roux avait parlé d' un timbre d'ammoniaque qui corrodait le souffle d'une chanteuse. Or la physique élémentaire du chant est que le souffle produit le son, et pas l'inverse ! (en plus la phrase ne voulait pas dire grand chose, comme l'ensemble de l'article, noyé dans des métaphores peu évidentes)
Evidemment, on ne voit que les trains qui sont en retard. Mais la fréquence en est telle, que si l'on ajoute à ça le ton journalistique qui me déplaît généralement à titre personnel, et le nombre copieux de fautes (coquilles et syntaxe tout spécialement), je trouve que ça ne mérite pas mieux que la gratuité. Surtout quand j'imagine l'état des secteurs où il n'est pas possible au lecteur de vérifier ; la géopolitique, par exemple ! (et vu la complexité du secteur, il serait étonnant que tout y soit parfait)
En plus, je trouve, mais c'est là une autre question, que les gratuits ne sont pas si mal faits.
Bravo pour l'exemple de Dahan ; sans y connaître grand chose, j'ai été parfois estomaqué par ses rodomontades !
Mais l'origine de cet échange était plus modeste : il s'agissait dans mon esprit des services que devrait rendre une presse qui ne subit pas la seule influence de la publicité. Donc que ses lecteurs payent ; et en le revendiquant !
A part ça, il me semble que le 1er janvier à 2 h 10 du matin, vous devriez boire du champagne plutôt qu'argumenter !
;-)
Mes meilleurs voeux.
Bravo pour l'exemple de Dahan ; sans y connaître grand chose, j'ai été parfois estomaqué par ses rodomontades !
Dahan est très irrégulier, pour tout dire. Il est aussi capable d'écrire des papiers clairs et argumentés - ce qui est très rare chez les critiques musicaux...
Mais l'origine de cet échange était plus modeste : il s'agissait dans mon esprit des services que devrait rendre une presse qui ne subit pas la seule influence de la publicité. Donc que ses lecteurs payent ; et en le revendiquant !
Oui, évidemment, c'est un choix à faire. Mais je crois que, ne faisant pas confiance à l'objectivité (ou pire, à l'honnêteté) des journaux indépendants, le public risque de se tourner de plus en plus vers une information qu'il sait biaisée, mais qui ne lui coûte rien. Le tout est effectivement qu'il sache si elle est biaisée ou pas.
En ce sens, l'Internet est très intéressant : il apprend à douter de n'importe quelle parole, indépendamment des titres.
A part ça, il me semble que le 1er janvier à 2 h 10 du matin, vous devriez boire du champagne plutôt qu'argumenter !
C'est pire que ça.
J'étais en train de travailler, en fait. Vous fûtes ma pause !
J'ai bien aimé votre échange pour commencer l'année et votre accolade trés sympa . Vous avez été journaliste.Je m'en suis douté.Je n'ai pas l'habitude der fréquenter des blogs et ça m'intrigue de découvrir un univers comme un roman.Merci du plaisir.
Youre welcome !