"La lenteur s'explique par le fait que la malaria est une maladie de pauvres".
Par Yves Duel le samedi, 26 novembre 2005, 14:22 - Economie - Lien permanent
C'est le titre d'un entretien avec une scientifique chinoise, Le Monde du 26 11 page 25. Je me rappelle avoit fait un papier dans Le Monde Initiatives au moment de la préparation de Doha ; donc en 2001, si je me rappelle bien. Le type qui préside les syndicats des industries du médoc aux USA était venu faire une tournée en Europe. En France, il expliquait que le prix de nos médocs n'était pas assez élevé. "VA falloir faire un effort, parceque pour l'instant, ce sont les malades américains qui subventionnenet la recherche dont vous, vous profitez ensuite sans l'avoir payée". Je me rappelle avoir été estomaqué par l'impudence de ce raisonnement. Et je ne m'étais même pas servi de cet arguement supplémentaire : les seules innovations des labos US (donc la seule recherche) sont celles qui concernent les maladies des blancs riches et âgés. Pas celles des pauvres, noirs, jaunes ou métis, du Sud.
Et voilà le travail. On a des preuves sur le fait qu'il suffit, en gros, de chercher pour trouver. Or on ne cherche pas, car ceux qui ont besoin de ces medocs ne sont pas des clients rentables.
Commentaires
Bah, ça porte un nom tout ça : le capitalisme. On pourrait bien sûr nationaliser la recherche, et coopérer entre les nations, mais bon, ça empêcherait l'effet régulateur des maladies non soignées d'éradiquer les pauvres, et ainsi endiguer ce fléau des gens-qui-n-ont-pas-de-fric-et-servent-donc-à-rien (communément, le tiers-monde, mais aussi les pauvres à l'intérieur même des pays riches, à l'aide de l'absence de couverture sociale, par exemple). Faut pas croire, c'est bien ficelé comme système, ils ont pensé à tout... (remarquons que le fait de mettre "penser" et "capitaliste" dans une même association d'idée relève d'un oxymore des plus terribles...)