C'est dans Télérama de cette semaine : il est de bon ton de se moquer de Télérama, mais c'est le seul à rappeler que Le masque et la plume a 50 ans. Et pour rappeler, dès le chapô, que cette émission appartient "au dimanche soir, à l'heure ou point la mélancolie". (C'est curieux comme Mon Cher Amour, qui est pourtant un être tout en raffinement et subtilités, n'a jamais de sa vie éprouvé ce que je lui présente, moi qui ne suis pas critique littéraire, comme "le blues du dimanche soir". Hé bien non, je ne suis pas si seul à en souffrir !)

Revenons au Masque . Je l'ai peu écouté, mais j'étais tellement (tellement !) un admirateur du ton, du phrasé, de la pique de Bory !Whaou ! D'ou le sentiment d'aujourd'hui, devant ce monument historique poussiereux, que le ton raplapla est celui de la fin de la conversation. On pouvait, me semble-t-il, dire des horreurs à quelqu'un puis boire un verre avec lui ; on devait, c'était un devoir, hurler ses arguments et marteler ses convictions, mais, comme on était entre gens bien élevés (ayant des manières, si vous voyez ce que je veux dire), hé bien on pouvait quand même se parler. Voilà.

Et c'est un peu fini. On ne se parle plus si facilement (t'es sûr que c'est politically correct de traiter d'enc**lé de ta m***re le mec qui n'est pas tout à fait, tout à fait d'accord avec ton admiration pour Duschmoll et son premier roman?). Aujourd'hui, on se fout un peu de l'avis des critiques littéraires. Les éditeurs font un peu la loi (du marketinge), Surtout depuis qu'ils ont pour actionnaires des marchands d'armes.

Et cela me rappelle un passage des mémoires de ce type allez, un effort : le voleur dans la maison vide ? qui disait que s'il avait à refaire sa vie, hé bien la conversation, c'est la seule chose qu'il referait comme avant, encore plus.

Mais pas jusqu'à Michon : pour moi, grand admirateur, j'étais abattu par son dernier livre, qui parlait de conversations entre autres. Mais tristement.

Bon je vous laisse.

C'était Irancy 2002. Si vous ne connaissez pas, je vous envie : il vous reste de grandes, grandes choses à découvrir.

PS : oui, il y a un imparfait du subjonctif assez audacieux dans l'article de Perraud, dès le début. A mon avis, Is'la pète.

MàJ : le voleur dans la maison vide (approx!) c'est de Jean-François Revel : on peut tout repprocher à cet homme, mais il aime la conversation et le bon vin.

J'étais injuste : ya un petit papier sur le Masque dans le JDD d'aujourd'hui, mais pas si tant tendre que celui cité ci dessus !