Bravo Duflo --hélas, ce n'est pas une journaliste
Par Yves Duel le lundi, 24 octobre 2005, 18:41 - Economie - Lien permanent
Cette femme, qui chronique depuis quelques mois dans Libération, est remarquable. Ce papier, on rêverait qu'un journaliste a/cultivé ; b/courageux l'ait écrit !
Oui, la France se comporte comme un voyou, un vieux voyou égoïste dans les négos Europe / OMC ! Et dans une perspective à courte vue : qui va même contre les interets de la droite moderne !
Et le suivi de l'affaire des emprunteurs surendettés assasins. Gloukoziekoff est tout jeune, et sa doctorante, je suppose, encore plus. C'est sans doute pourquoi sa conclusion est légèrement dérisoire. Quelques milliers de micro crédit ne changeront ni le comportement (cynique) des banques, ni celui (inculte quant à ce cynisme) des clients pauvres. Ce n'est pas une question de morale, contrairement à ce que dit ce jeune homme moderne.C'est une question de culture. Les pauvres en Grande Bretagne savent depuis des générations qu'ils n'ont rien à attendre des Sharks, des requins, des money-lenders. Alors qu'en France, on a longtemps crû que l'Etat -Ah, l'Etat !- les protégerait. C'est fini. Hé bé, ceux qui n'ont pas suivi le film n'ont qu'à se suicider.Pas drôle !
Commentaires
Je peux témoigner qu'il existent encore dans quelques vieilles banques quelques vieux (1) employés qui ont encore une certaine éthique dans leur travail et de l'humanité, et ne placent pas de crédit à qui ne pourra pas y faire face. Bien évidemment ils sont considérés comme moins bons vendeurs que d'autres, souvent plus jeunes et désireux de faire du chiffre (i.e. placer des produits financiers) dans l'espoir que leur 15ème CDD ou leur 3ème stage soit enfin transformé en CDI (je caricature à outrance mais hélas il y a de ça). Sans parler bien sûr des banques à distances et organismes de crédits à distance qui ne voient pas leurs clients et sous-traitent les conséquences de leurs "succès" trop faciles à d'autres organismes (de recouvrement) ; les personnes comme ceux de cette famille ne sont je crois que les vigies malheureuses d'une société qui marche sur la tête (consommez davantage mais surtout, si vous êtes salariés, ne demandez pas de salaires plus solides).
à ce sujet, par ici, un billet que j'ai trouvé très intéressant : http://lavitanuda.canalblog.com/archives/2005/10/24/924265.html
(1) dis, hélas sans ironie, il s'agit de ceux, dont je fais presque partie à peu d'ans près qu'on a embauché en nombre et tout jeunes dans les années 70 à une époque où un banquier restait plus un conseiller financier qu'un marchand. Le métier comportait encore une notion de service.
pardon, dit.
Gilda, tu as affreusement raison. hélas, on confond souvent Banques et "INstitutions financières spécialisées" : les Cofidis, Sofinco, et Cie (je ne cite pas les 2 seules qui sortent un peu du lot : Cofinoga et Cetelem)
Le problème des banques, c'est que ce sont les IFS qui désormais font la loi, et qui font preuve d'une productivité d'enfer. Elles s'en foutent : les incidents sont intégrées dans elur rentabilité.
Mais surtout la différence essentielle, c'est que les banques gèrent l'actif et le passif de leurs clients ; elles connaissent leurs revenus,donc elle ne leur préteront pas imprudemment --alors que les autres se contentent de vendre n'importe quoi à n'importe qui !