J'aime et j'admire cet homme. Et malgré ce qu'il affirme, c'est quand même un perdant
Par Yves Duel le jeudi, 6 octobre 2005, 11:06 - Snobisme réel - Lien permanent
Extraits du livre à paraitre de Rocard dans l'Obs. J'aime cette honneteté profonde, y compris sa naïveté (le symétrique de ce qu'il qualifie de cynisme chez les autres, Mitterrand en tête, mais aussi Joxe, etc.). J'aime qu'il soit injuste à sa façon. Qu'il avoue, qu'il admette ses erreurs. Ses femmes, sa mère.
Et je le crois même quand il "supplie" l'intervieweur de le croire : "ce que j'ai fait suffit à mon estime de moi". Mais le problème, camarade, c'est que quand on s'est mis dans la position de conquérir le pouvoir, hé bien il faut le conquérir. Ne serait-ce que pour ne pas y laisser moisir les pires des cyniques. Or tu as perdu, là dessus, camarade. Notre question à nous, militants des multiples causes qui se sont reconnus en toi, n'est pas de savoir si tu te sens bien, même sans être devenu président de la République. Notre question, c'est : notre champion a perdu ; donc grâce à lui, les cyniques ont gagné.
Voilà. Sans aucun doute, ton "inscription dans l'histoire du socialisme" est acquise, camarade. Mais cette "inscription" nous déçoit.
(c'est dans le Nouvel Obs de cette semaine)