je lis des journaux payants (et souvent, je ne trouve pas ça drôle)

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samedi, 2 septembre 2006

Incroyable : t'as vu Kofi avec son crocodile ? C'est à la Une du Monde

Kofin Annan grande photo à la Une du Monde. Il parle décontracté : chemise ouverte et une sorte de gilet ou de veste en lainage orange ou rouge. Et t'as vu le détail qui tue ? Le crocodile ! Quel mauvais goût !

(je me rappelle avoir acheté pendant des décennies des chemises dites "polo" de cette marque, parce qu'elles étaient de bonne qualité. Le crocodile était juste cousu, donc ce n'était pas dur de le découdre, avant de porter la chemise. Puis ces idiots ont brodé le croco dans la matière ; donc impossible de le faire disparaître. Donc j'ai changé de fournisseur)

(J'ai toujours trouvé étrange qu'un fournisseur prétende se servir de moi comme d'une sorte d'homme-sandwich pour faire sa publicité sur mes vêtements. Il me semblait plutôt qu'il aurait dû être fier d'habiller un type aussi spirituel, de bon goût, sobre, simple, mais très soigné dans sa désinvolture, tel que moi. Peut-être aurais- dû leur proposer de mettre sur leurs dépliants publicitaires quelque chose comme "fournisseur du snob Yves Duel" ?)

(Ce qu'il ya de bien avec le snobisme, c'est qu'on se concentre sur l'essentiel --pour les détails, ce dont parle Kofi, allez acheter le journal)

(Et ce qu'il ya de bien avec ce rubricage, c'est que j'aurais pu mettre ce billet dans la catégorie "Blues", comme dans la catégorie "le crétin du jour", ou encore la catégorie "tout fout le camp" (au lieu de la mettre dans l'une des nombreuses catégories "Snobisme"), mais celle là est tellement stupide que je crois que je ne vais pas la créer).

dimanche, 4 juin 2006

Grande nouvelle : les partitas, c'est pas mal non plus.

Ecouter de la musique ? j'avais lentement réduit ça à Bach, ces dernières années, parceque, hein, en dehors de Bach, bon j'insiste pas (avec quand même parfois un peu de laisser-aller lyrique, sous l'influence émolliente de qui vous savez). Puis j'avais réduit ça progressivement à l'essentiel : les Goldberg. Je n'en connais que 6 bonnes interprétations (sans compter le Gould 55 et le Gould 81), donc c'est vite fait.

Hé bien après avoir un acheté un gros paquet de Gould en promo, je dois dire que les partitas, c'est pas mal non plus.

Voilà.

MàJ : bin non, il existait encore un enregitrement des Goldberg par Gould : en public, à Salzbourg, en 1959.J'y ai même entendu distinctement une fausse note.

mardi, 9 mai 2006

Miam miam, le programme "Conjoindre érotique et courtoisie"

très beau (même s'il faut relire plusieurs fois pour etre bien certain qu'on est d'accord --je le suis !) : « l’éthique de la psychanalyse n’est pas celle de la loi du devoir (…) mais celle de la loi du désir, qui est l’art de conjoindre érotique et courtoisie »

P Julien « L’approche freudienne de Lacan », cité par Jacques Van Rillaer « les mécanismes de défense des freudiens », dans Le Livre noir de la psychanalyse, p 440, ed Les Arènes Sept2005

dimanche, 12 mars 2006

juste 3 extraits parce que j'ai la flemme

C'est dans le L'Anti livre noir de la psychanalyse. La première page -je ne connais pas bien J A Miller, que je prends depuis des années pour un personnage lègèrement diabolique- est réjouissante : la voici. La longue citation est une pure merveille.

et le premier exemple (page 21) des sources théoriques des adeptes des TCC est pas mal non plus :

ca continue ici

c'est un peu bricolé car je suis pressé. Mais l'essentiel est là. Je crois que je vais laisser tomber quelques jours mes lectures en cours pour avaler ça. Et rire.

Rire contre l'angoisse, car je ne sais pas si vous avez suivi le gag atroce du rapport Inserm, célébré par Le MOnde en Septembre dernier, puis légitimé par Sarko himself, mais le mécanisme de ce système d'interprétation est terrifiant. La psychanalyse ment et ne sert à rien. Donc tournons nous vers les sciences exactes.

Ca me rapelle la récente réaction de Veuve Tarquine.

je rviens dès que j'ai 5 mn

Shepperton Surrey, 10000 habitants, des rues blafardes, un formidable remède contre l’optimisme

Sauf que c’est là qu’habite le formidable J G Ballard : ouah le choc quand j’ai découvert l’auteur de science fiction, pas fiction du tout d’ailleurs : vous rappelez vous Crash (le livre, éventuellement le film de Cronenberg) ?

Ballard (dans Le Monde des livres du 10 mars) développe tout un truc qui me va droit au cœur sur « la banlieuisation de l’âme ». Il dit : les trucs de masse, la télé, la pop, etc. (...) sont partis des banlieues après guerre (...) Et la banlieue, ce n’est pas le prolongement de la ville ; c’est complètement différent". « Notre cathédrale à nous, c’est l’aéroport d’Heathrow », dit il pour sa banlieue de Shepperton.

Je suis tellement persuadé, depuis tout enfant, que la banlieue, c’est con et ça rend con. Accepter la banlieue, c’est déjà accepter sa propre mort, ou sa lyophilisation. Et le pire qui puisse arriver à la ville, qui, elle est fabriquée d’abord par des pauvres entassés mais vivants, c’est d’être victime d’urbanistes. Ils ne savent faire que ça : la banlieuiser.

(D’ailleurs, ya pas de troquet du coin. Et un pays dans lequel ya pas de troquet du coin est un pays qui mérite de devenir une banlieue)

dimanche, 5 mars 2006

Understatement québecois (le mot en anglais, c'est pour énerver Samantha qui n'aime pas qu'on parle anglais dans les blogs)

"Comme je dis parfois, certaines personnes n’ont rien à dire et ne se cachent pas pour le faire savoir" : très jolie foirmule de Jean-Pierre Cloutier (surtout le "comme je dis parfois"), un ancêtre des Carnets ; calme et à la dent acérée néanmoins.

Ca fait des siècles, si j'ai bien compté, qu'il raconte sur le Net, site perso, blogs et tout le tralala...

(a part ça, j'adore le terme "understatement" que je ne parviens pas à traduire en français)

samedi, 4 mars 2006

Chiraz ou Pétra ?

Dans Le Monde d'hier 2 pages sur Petra, avec un vague prétexte aguicheur "n'a pas révélé tous ses secrets" ; Dans Libération de ce matin, 2 pages sur Chiraz, en Iran. Les deux sont des pièges à pub et à promène-couillons. C'est la saison du tourisme petits blancs en balades. Rien, pas l'ombre d'une reflexion sur ce qu'est devenu le tourisme aujourd'hui, première industrie mondiale. Le spectacle des loisirs des petits blancs....

mardi, 14 février 2006

Trop Too much - le sax pragois et son pote de ya longtemps en Espagne, que même il était déjà sur mon blog

Vous vous rappelez ma devinette à propos d'un type qui a une vraie tronche d'employé des pompes fu ?

Vous vous rappelez que c'est l'immense Paul Desmond, le sax de Take Five (mais il en a fait d'autres depuis)

Vous allez pas me croire (ouais !) l'autre jour à Prague, avec mon cher amour on est allés écouter un quartet de sax-jazz dans une église baroque (il faisait froid) : après une heure de swing et de Gerschwin, ils ont essayé de nous convertir au jazz centre-Europe. Audacieux.

Hé bé, le type qui annonçait les morceaux a fini l'une de ses présentations par : "ans this was created with friends and Paul Desmond years ago. We were in Spain, and it was simply great" (et le morceau était, en effet, "simply great")

je vous mets deux souvenirs de Prague : la maison qu'ils surnomment Ginger and Fred

et, beaucoup plus émouvant, le vieux cimetierre juif . "un grand soleil d'hiver éclaire la colline", etc.

Valentine, je t'aime sans les falbalas

merci Tarquine :

mardi, 7 février 2006

Le Net fait du bien à vos relations sociales

Très joli CR sur le très bon blog de Francis Pisani d'une étude Pew sur le fait que fréquenter le Net, ça rend pas autiste --pas du tout !

et resucée le lendemain

lundi, 26 décembre 2005

C'était du Bas Armaniac que l'on y offrait, sur l'ardoise accrochée à la fenêtre

Et la patronne (que j'aime bien) était furieuse de constater que le standing de son établissement était ridiculisé par les a peu près orthographiques d'Ernest, le serveur (que j'aime bien aussi)

dimanche, 4 décembre 2005

"in girum imus nocte et consumimur igni" : je l'avais raté

On pourra bientôt le revoir, ai-je appris.

vendredi, 25 novembre 2005

Au Sénat, ce truc coûteux qui ne sert pas à grand chose

Réunion au Sénat. Avec des gens qui étaient très flattés d'être invités dans l'un des Temples de la République, venant de l'étranger.

Temple : ouais. Les frais de fonctionnement de ce monstre sont 10 fois plus importants que ceux de l'Assemblée, et 14560000 fois plus importants que ceux de n'importe quelle institution étrangère équivalente. C'est comme ça. On aime ça, en France ; du moins, on ne proteste pas. Ou pas assez fort !

MAis c'est joli ! Voilà le point de vue coté Luxembourg, cette après midi, juste avant la neige (avez vous noté qu'il a neigé 3, 5 mn ?)

Pendant la réunion, au moment ou ce n'était pas mon tour de parler, je me suis perdu dans les couloirs. Voilà le résultat : un monstre --regardez bien : ya marqué "République" sur son front"

Et celle la ? C'est un hommage à qui ? A l'imaginaire érotique des sénateurs ? J'y crois pas !

Arretez de ricaner : je vous préviens, on a décidé des trucs importants, dans cette réunion au Sénat. Et j'ai même fait la connaissance de deux jeunes femmes charmantes. Vous voyez que je fais pas que lire des journaux. Je fais des trucs. Des vrais trucs.

jeudi, 24 novembre 2005

Non pas : écrire bref.

Encore pire : écrire dépouillé.

Waouh ! Le boulot !

(vous ai-je dit que j'adorais ce lieu commun, une formule attribuée à Victor Hugo, à la fin d'une longue lettre : "pardonnez moi, je n'ai pas pris le temps de faire court")

mardi, 22 novembre 2005

Tant que je suis en colère, je suis vivant.

Voilà. C'était une sorte de déclaration.

vendredi, 18 novembre 2005

L'exaspérant Baudrillard, avec des intuitions qui tuent

Je le trouve exaspérant depuis des décennies. Mais pour ce qui concerne ce Rebonds dans Libé d'aujourd'hui, pour deux raisons assez concrètes :

- Pas possible de parler banlieues sans parler de la planète entière : bon, ça va, vieux, tu peux cerner un peu ton sujet. Ouais, tout est dans tout, etc ; mais quand même

- Le flou des concepts, le langage catastrophiste, le pessimisme, et l'anti-tout : ça, évidemment, tu me diras, si t'aimes pas Baudrillard, vas jouer ailleurs...

Mais au total, ce qu'il écrit est souvent brillantissime : sujet supplémentaire d'exaspération.

Par exemple ceci :

Nous ne sommes plus en mesure de proposer quoi que ce soit en termes d'intégration ­ d'ailleurs, l'intégration à quoi ? ­, nous sommes le triste exemple d'une intégration «réussie», celle d'un mode de vie totalement banalisé, technique et confortable, sur lequel nous prenons bien soin de ne plus nous interroger. Donc, parler d'intégration au nom d'une définition introuvable de la France, c'est tout simplement pour les Français rêver désespérément de leur propre intégration

qui correspond tout à fait à cette idée qui me met mal à l'aise : on pourrait prendre des positions d' "intégrisme républicain" si on était sûr de proposer aux enfants d'immigrés un "corpus" de valeurs qui...valent le coup. Un ensemble de règles, de buts d'objectifs communs qui représentent une utopie concrète. Or qu'avons nous, nous le petits blancs majoritaires, à leur proposer ? pas grand chose!

Autre idée qui conforte mon propre malaise : les nonistes traités comme des pauvres cons par la majorité des petits blancs. Ma conviction intime est, depuis le résultat en question, que l'on ne peut se contenter d'injurier une telle majorité, avec un tel taux de participation. Et que les injurier revient à refuser de comprendre, bien sûr ; mais au delà, à refuser de voir ce qui, en nous même, profondément, les injurie.

Baudrillard écrit, me semble-t-il à juste titre, que :

Car le non de ceux qui l'ont voté sans trop savoir pourquoi, simplement parce qu'ils ne voulaient pas jouer à ce jeu-là, auquel ils avaient été si souvent piégés, parce qu'ils refusaient eux aussi d'être intégrés d'office à ce oui merveilleux d'une Europe «clés en main», ce non-là était bien l'expression des laissés-pour-compte du système de la représentation, des exilés de la représentation ­ à l'image des immigrés eux-mêmes, exilés du système de socialisation. Même inconscience, même irresponsabilité dans cet acte de saborder l'Europe, que celles des jeunes immigrés qui brûlent leurs propres quartiers, leurs propres écoles, comme les noirs de Watts et de Detroit dans les années 60.

Une bonne part de la population se vit ainsi, culturellement et politiquement, comme immigrée dans son propre pays, qui ne peut même plus lui offrir une définition de sa propre appartenance nationale. Tous désaffiliés, selon le terme de Robert Castel.

Voilà qui est dramatiquement juste, je le crains. Et qui donne une façon d'expliquer le pire : brûler les écoles de ses propres frères, c'est juste dire non pour dire non, parce qu'on en a rien à foutre de --ne serait-ce qu'examiner l'offre, la proposition de la société. Parce quel l'offre est par définition piégée.

Le reste de Baudrillard m'enerve encore plus que d'habitude : "ce par quoi on aimerait les intégrer, les materner"... hé, va donc l'intello, vazy voir dans les banlieues, si les travailleurs sociaux les maternent, pauvre pomme ! Et je te signale, vieil ignorant, que l'expression "nique ta mère" signifie "JE vais niquer TA mère", ce qui est une insulte qui s'adresse à toi, et non ils niquent leurs mères, ce qui n'a aucun sens....

mardi, 15 novembre 2005

Rendez vous au siège d'Emmaüs France

J'aime ces courageux silencieux.

une bonne représentation de leur métier de chiffonniers. C'est dans l'entrée du siège, et ça fait plus de 2 mètres de longueur !

En sortant, je tombe sur des bennes de l'association Le Relais, pour y jeter vêtements et chaussures

Le Relais est la seule assoce qui se développe sur ce créneau (collecte, tri, réparation, nettoyage et revente ; puis envoi vers des retraitements : chiffons industriels, etc.) en créant des emplois. Des vrais emplois. Alors que la Croix rouge, qui avait prêté son image à des PME traidtionnelles du métier, s'est fait avoir.

sur les bennes, il y a ça :

et ça

et en plus, c'est vrai !

IL parait que Le Relais a enfin abouti dans sa négociation avec la ville de Paris : l'association va enfin pouvoir déposer des bennes sur la voie publique. Donc le volume de collecte va augmenter énormément. Ce qui est indispensable, la France ayant pris des engagements très contraignants vis à vis de l'Europe sur le volume de déchets traités par habitant.

samedi, 12 novembre 2005

Le Monde 2 - décidément, c'est nul ce "magazine".

10 portraits des leaders du PS ; une histoire du vieux gondoliers ; des trucs "j'vous l'avais bien dit" : décidément, ce journal est complètement raté.

Avec en plus cette prétention incroyable qui consiste à reproduire de vieux articles déjà parus...

si, un truc drôle (mais qui n'est pas d'eux) : cette cartographie des éléphants, éléphanteaux, girafes, rats des champs et autres chats de gouttière

qui tend à prouver que les européennes ont bien cogné sur le projet du PS.

(Au total, il me semble que ce parti devient consternant en raison de la sociologie de ses militants ; voilà tout).

vendredi, 11 novembre 2005

L'odeur, c'est la croûte lavée (à la bière ou à la saumure)

J'ai enfin l'explication du fait que les fromages qui puent le plus ne sont pas nécessairement les fromages qui ont le plus de "goût", au sens ou l'effet dans la bouche serait aussi grandiose que l'effet sur les narines.

Une université britannique a établi que l'odeur forte est liée au traitement externe : pendant l'affinage, on "lave" la croute du fromage avec de la bière (c'est le cas du Vieux-Boulogne, champion du monde de l'odeur), ou avec de la saumure (le Pont-L'éveque, vice champion). Un Pont-L'éveque, même bien "mûr", conserve une suavité dans la bouche qui tranche avec son odeur forte.

Alors que des cheddars hypocrites peuvent vous arracher la gueule quand ils sont vieux, sans avoir rien dit (senti) auparavant. Ces anglais, toujours aussi faux jetons.

C'est complètement exiting, non? Ca sent le mec qui a plein de boulot en retard, mais qui se dit : merde, un jour férié. Lisons n'importe quoi ; et de préférence des trucs qui reniflent à mort.

samedi, 5 novembre 2005

J'ai lu quelques journaux cette semaine. Restent les rognons, ris de veau, tripes et queue de bœuf, mais aussi le coûteux foie de veau

Hé oui, Novembre, nous rappelle Libération d'aujourd'hui, est le mois de la tripe et des abats. D'ou cette campagne pour les pieds et paquets, les joues de bœuf, les tripoux cantalous et tripes à la mode de Caen ; mais aussi les tetes et langue de veau, les tripière de pieds d’agneau, et la cervelle, bien sûr, et le cœur de bœuf.

(j'ai honnètement tenté l'alexandrin, mais je vais quand même pas y passer des heures !)

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