Je viens de tomber, je ne sais comment, sur un papier très fin et très malin d'un économiste dont je ferais volontiers ma Tête de Turc si j'avais du temps à perdre, sur le hasard. Va voir, ma chérie, tu verras, ça se laisse lire. C'est très "pédago" ;-). Ca commence par des chiffres innocents, et ça continue avec des malades. Et les conséquences sont évidentes : mieux vaut connaitre les "lois" du hasard, et pourquoi pas : laisser faire !
A cet égard, il ya une malhonnêteté intellectuelle profonde dans l'idée implicite : les politiques sont des ignorants, ce qui leur permet d'être démagogiques en toute impunité.
Je ne reprends qu'un des exemples. Les distributions au hasard de maladies font que des groupes sociaux peuvent, à juste titre, estimer qu'ils en sont plus victimes qu'ailleurs ; donc exiger (et obtenir) des enquêtes longues et coûteuses. Quelle grosse bêtise, montrer Delaigue. il suffirait de connaitre les lois du hasard pour "prouver" aux gens que c'est lui seul qui est présent. Et ça éviterait ces dépenses.
Mais ce que l'économiste pure laine qu'est Delaigue n n'entrevoit pas un instant, c'est que la croyance des gens est un "fait" ; et un fait autrement plus objectif et important que sa distribution au hasard. Donc le fait doit être traité, sous peine pour le politicien de perdre son mandat (première perturbation du raisonnement rationnel) ; et pour les gens, de vivre dans l'angoisse, ce pour quoi ils ne sont pas faits.
C'est ça lae problème des économistes : cette paresse incurable qui les contraint à se limiter à leurs hypothèses rationnelles ; à s'y cramponner, même quand ils font semblant d'inclure de l'irrationalité dans leurs équations ! tant qu'ils n'envisageront pas de se cultiver un peu ; de tenir compte des passions comme moteur et de la morale comme critère, je ne vois pas en quoi ils peuvent être utiles à la société !
(a part ça, j'espère que Delaigue a été bien payé pour pondre un gentil petit papier sur un site appartenant aux compagnies d'assurance ! Car c'est une autre caractéristique des économistes : jamais l'un d'entre eux ne s'est soucié de savoir qui paierait leur diner le soir --pour paraphraser je ne sais plus qui !)