je lis des journaux payants (et souvent, je ne trouve pas ça drôle)

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

je hais la pub (insidieuse)

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche, 19 février 2006

Tiens, ya même des blogueurs haut-de-gamme qui aiment l'Eglise de Scientologie ! (c'est pas une blague)

C'est pas pour jouer mon j'voul'avais bien dit, mais j'avais relevé un truc ici qui provoquail le malaise. Puis j'avais passé une heure ou deux à travailler la question : c'est vrai, n'est-ce que naïf quand on souhaite faire venir de la pub sur son blog ?

Alors je suis allé voir un blog connu, avec, dans sa colonne à droite "Votre pub sur ce blog?". Donc j'ai cliqué. Voilà l'argument qui m'a convaincu :

"blog de commentaire politique français. Un des premiers blogs français du genre. Public de politiques, militants de tous bords, et personnes actives dans les débats en ligne. Annonceurs intéressés par le débat public (partis politiques, entreprises publiques, administrations centrales...), rencontrez-y des blogueurs et des internautes actifs et influents".

Et pour rencontrer ces "internautes actifs et influents", ce n'est pas très cher. J'ai cliqué : 15,00 € la journée, pour 1600 "pages vues" ; 400 € par mois pour 30 000 "pages vues". Whaou : communiquer à ce prix avec des "internautes actifs et influents", et, n'oubliez pas, "militants de tous bords"; ce qui est quand même le luxe suprème !

Finalement, je me suis arrêté avant la fin. J'ai craint de me trouver en trop mauvaise compagnie, quand une amie m'a transmis la copie d'écran que voici, et qui vient de ce blog :

J'espère que vous pouvez lire. Oui un blog de jeune gens bien élevé et dédié aux jeunes gens bien élevés laisse venir chez lui le pire que l'on puisse imaginer : une secte, l'église de scientologie...

(je précise que la capture d'écran date du 15 fevrier à 14 h 35, car ça change tout le temps, ces choses --un coup jte vois, un coup jte vois plus ! comme au bonneteau !)

Voilà. Bien sûr qu'il a pas fait exprès. Bien sûr qu'il a depuis dû sermonner son pubeux -ou que sais-je.

Mais bien sûr aussi qu'il a vendu son âme (ou ce qui lui en tient lieu) pour un poignée de lentilles, comme on dit dans le Livre.

( Comme je vieillis ces temps ci, et que cela m'amène à l'indulgence, je me dis parfois : c'est vrai, ils ont raison, gauche - droite : tout ça c'est des vieilleries, ça n'a plus tellement de sens aujourd'hui. Je n'arrive plus tellement à distinguer, parmi les gens supposés de bonne foi, ceux qui sont vraiment à gauche, et ceux qui sont --bof.

hé bé heureusement que je tombe sur des perles pareilles ! La scientologie chez les jeunes gens bien élevés ! Ca me remet les esprits en place ! Parce que c'est sur le même blog que je lis quelques jours plus tard, après un jugement las et sans consistance de l'audition du juge Burgaud : "Je regrette vraiment qu'on nous ait offert ce spectacle ridicule".

Ce "spectacle ridicule", c'est la première fois ou l'on contraint une administration robotisée à s'expliquer ? Devant les représentants du peuple ? de la souveraineté de la nation ? ridicule ?

hé bin merde !

Voilà : c'est un vrai soulagement. Mort aux cons. La plupart sont de droite (ouf ! ) : c'est à ça que je les reconnais. Je n'ai pas perdu tout mon flair.

Youpee !

jeudi, 16 février 2006

Pub insidieuse et éditeurs naïfs (rubrique : je hais la pub !)

Editeurs… j’aurais dû titrer « éditeurs qui se la pètent ». Les éditeurs de presse qui ont de l’expérience sont des gens qui consacrent beaucoup d’énergie à gérer la tension entre info et pub. Ils savent que les journalistes sont là pour les faire chier en faisant leurs coquettes vis à vis de l’influence (supposée ou réelle) des annonceurs. Et ils savent aussi, eux éditeurs, qu’ils ne vendront leurs pages de pub aux annonceurs que si la copie est bonne : donc si les journalistes font bien leur boulot. Donc il faut les respecter. Un peu.

C’est immémorial. Cette tension est la base culturelle d’une bonne partie de la presse. Plus de la presse écrite que de la radio ou de la TV, mais le schéma, à des nuances près, fonctionne comme ça. Et c’est très bien (non, le résultat n’est pas très bien, mais ce schéma est plutôt sain)

Avec les blogs qui débordent de l’intime, dont les auteurs veulent, plus ou moins, « singer » la presse, on est dans un schéma très différent. On lit des gens « qui se la pètent », dans la mesure ou ça ne coûte plus rien d’éditer, de publier sur le net. Donc on peut se croire à peu de frais éditeur, journaliste, éditorialiste, enquêteur, reporteur, etc etc. Tous personnages qui restent mythiques (même si leur crédibilité parmi le grand public est sérieusement écornée).

On peut le faire sans effort : je veux dire sans avoir à se poser aucune de ces questions immémoriales des rapports entre pub et info, de l’influence de l’une sur l’autre. On peut le faire sans débattre, sans avoir à se justifier vis à vis ni de soi même, ni de son équipe, ni même de ses lecteurs…

C’est l’une des tares de l’ambiguïté bloguesque. Si je critique un blog en disant : « t’es vraiment vendu aux annonceurs et au sarkozisme ambiant », on me répondra « ici, t’es chez moi, c’est mon « journal extime », va te faire f*** si t’es pas content ».

(comme je l'écris sur mon propre blog à l'adresse des commentateurs que je trouve désagréables ou malpolis)

Si je critique un blog en disant « je croyais que je lisais un journal intime, et j’étais reconnaissant qu’on me laisse cette porte entre ouverte sur tant de délicates notations de la vie quotidienne », on me répond « hé, mec, j’ai 34 567 889 visiteurs uniques par jour ; les adglouglou vont me rapporter DEUX € VIRGULE Soixante neuf par SEMESTRE, et tu veux que je les refuse ? ca va pas non ? »Et voilà la boucle bouclée.

En tant qu’éditeur, même d’une « nano-publication » comme un blog, il suffit de se laisser aller à la cupidité, qui est un sentiment vulgaire, pour laisser son espace intime - extime à la merci de la vulgarité.

Car la pub, c’est vulgaire : c’est même sa définition. C’est des gens qui s’adressent à toi uniquement pour te dire « achète, achète, achète », et parfois le cachent derrière des prétentions esthétiques (peu importe) ou informatives : c’est plus grave. L’info est devenue un truc neutre, plat et gratuit depuis la convergence de traitements entre les journaux gratuits, les agences et les « agences d’agences » que constituent les fils du type Yahoo, Google, etc.

Donc je sais qu’on me ment chaque fois qu’on veut me faire absorber de l’info gratuite, parce que gratuite = quelqu’un l’a payée à ma place. Et gratuite = plat et neutre (au mieux), pour devenir un bon support de pub.

C’est pourquoi je veux payer l’info que je consomme : comme ça, j’ai le sentiment de contribuer à son coûte de production. Et, à part, je veux continuer à échanger, coopérer gratuitement, pour le fun, pour les projets amicaux, pour le plaisir de l’échange, pour le libre (= libre de pub, bien sûr !). Je ne fais pas de confusion mentale : je sais ou est « le marché », et ou sont ses limites. Et j’interdis « au marché » d’entrer dans ma salle de bains, dans mon intimité, dans les sentiments que j’exprime sur ceci ou cela.

contre le spam

une assoce toute neuve Pourriel Point Org créée par des gens d'Ouvaton la célèbre coopérative.

(merci Bertrand Lemaire)

mercredi, 15 février 2006

je hais d'autant plus la pub qu'elle se cache

Le mélange info / pub s'accélère et s'aggrave. La longue citation qui suit est un hommage rendu à Affordance, le bon blog :

Le toujours très affûté Zorgloob nous apprend que les interfaces de Google.com et Google.fr en terme de liens sponsorisés sont en train de changer. Pour ne pas reproduire son billet, disons que l'intégration des liens sponsorisés (= publicitaires) sera de moins en moins repérable sur l'interface. Or l'on sait que le nombre de gens sachant que les moteurs utilisent des liens sponsorisés est très faible (voire négligeable). Or donc, les interfacer de manière encore plus transparente revient au niveau des usages de l'information à entretenir et à provoquer la confusion entre une information commerciale et des résultats (de moins en moins) objectifs de recherche

(mais comme le copier-coller détruit les liens, allez les chercher chez Affordance)

Voilà. on est en pleine confusion et ça va empirer. Quand je lis un truc, je ne sais déjà plus qui me parle.

Ce qui me rappelle une discussion avortée avec des blogueurs. Comment des jeunes gens bien élevés, propres sur eux, sortant de bonnes écoles, peuvent-ils se montrer à ce point incapables de prendre en compte l'aspect insidieux de la pub. L'aspect "on me dicte mes goûts". L'aspect "mon intimité est corrompue"...

Aux garde fous, il faut ajouter des contrefeux. Bon, on va y travailler.

mardi, 14 février 2006

tiens, je l'avais raté celui là ! (je hais la pub)

c'est un commentaire chez Versac :

Rien à voir avec le sujet en cause, mais je voulais juste dire que la possibilité de déposer une pub sur Versac me fait doucement rigoler. Enfin, je ris jaune...

mercredi, 1 février 2006

L'avocate de Impact Net, pionnier français de l'e-mail marketing (ça veut dire Spam) est soit une nulle, soit une de mauvaise foi, soit les deux, ce qui est possible aussi.

Voilà. C'est un mouvement d'humeur, c'est un billet stupide et superflu, mais l'intimidation m'exaspère, surtout quand elle émane de petits affairistes minables. L'explication est ici, chez Laurent. Et voir une avocate tremper les doigts la dedans, ça ne donne pas une bonne image de sa déontologie personnelle. D'accord, tout le monde doit bouffer, et les jeunes avocats crèvent la dalle. Et alors ?

Avocat, c'est comme journaliste ou, heu, proviseur : ils ont plus de responsabilités que le plombier du coin.

(Cette dernière phrase est un private joke : sur un blog, on n'avait pas l'air de considérer que la différence fût si importante)

mardi, 31 janvier 2006

La réussite, c'est prendre le temps d'éprouver de la compassion

Voilà encore un truc simple et sympathique que l'on trouve sur le blog de LLM (en français)

"La fondation Bill Gates est dotee de plusieurs milliars de dollars et Bill Gates s'est engage devant nous a Davos ce matin sur $900 millions supplementaires contre la tuberculose. Le President d'un des pays Africains les plus touches s'est felicite de cet engagement permanent de Bill Gates tout en lui disant que quand meme, il aurait pu arrondir a 1 milliard...

Finalement c'est cela le vrai succes pour un entrepreneur, non ? Ce n'est pas le succes dans les affaires, c'est le succes dans l'amelioration du Monde apres avoir reussi dans le business. Tout cela m'inspire beaucoup de reflexions, quand j'entends la jalousie et les critiques permanentes envers les entrepreneurs... Je vous garantis que les Chefs d'Etats de pays en développement qui rappelaient qu'un enfant meurt de tuberculose toutes les cinquantes secondes n'avaient aucun problème avec le "geste" de Bill Gates et s'efforcent à leur tour de créer dans leurs pays un environnement propice à la création".

(je mets un lien vers son blog, parce que c'est plus poli, mais je ne parviens pas à le brancher sur la date de ce billet... c'était le 27 jenvier 2006)

Bonne occasion de tenter de comprendre les mécanismes intellectuels des hyper néo libéraux (et non pas des simples "libéraux" politiques à la façon XIXè siècle ; nous sommes tous des libéraux de ce genre, exceptés quelques remarquables momies!)

Heureuse coïncidence, il suffit de feuilleter Libération d'hier, Lundi 30 janvier, pour répondre aux ingénus enthousiasmes deLLM, Ze King of Ze bizblogeurs.

Citation (Libération de Lundi, page 20):

Jim Fussell, 51 ans, ancien salarié d'Enron : "Heureusement, j'avais diversifié les parts de mon fonds de retraite sans me limiter à des actions Enron, et ainsi je n'ai pas perdu toutes mes économies comme d'autres. J'ai pu envoyer mon fils à l'université et j'ai pu m'inscrire sur l'assurance santé de mon épouse", etc etc

Il parait qu'Enron est un "accident" ? un patron richissime qui a passé des années à maquiller volontairement les comptes pour faire gonfler la bulle, et qui, avec les plus hauts dirigeants de sa boite a revendu ses actions juste avant la chute. Tout en ayant interdit, juste avant, aux autres salariés de revendre les actions Enron qu'ils détenaient dans leur plan de retraite....

Wordlcom, Enron, Parmalat : si ce sont des accidents, je les trouve nombreux. Et dans tous ces cas là, ils illustrent la nécéssité impérieuse d'avoir un arbitre, un représentant du bien public, au dessus d'eux.

deuxième exemple, même journal, même jour, page 41, sur la Sécu :

A propos du débat sur l'assiette, C Ramaux, universitaire, constate que dans la comparaison avec le système de protection américain très privé, "le privé génère d'autres biais. Il alimente la financiarisation, sa logique de court terme, et crée de l'incertitude sur la pérennité des droits : les entreprises à main-d'oeuvre vieillissante ou en retraite, voyant leurs comptes «plombés» par leurs engagements, se placent en faillite «restreinte» en laissant à l'Etat le soin de prendre le relais".

La aussi, l'interet de tous, la simple justice sociale montre qu'il est préférable de confier à caux qui sont les meilleurs représentants du bien commun, le soin de prendre les décisions --et même de gérer, car ils gèrent parfois mieux que "le privé" : le sacro saint privé qui serait "plus efficace". En tous cas, laisser à General Motors (en faillite) et aux autres la responsabilité du revenu, mais aussi de la santé et de l'éducation de ses salariés et de leurs familles, c'est une autre face de l'irresponsabilité d'une nation ; et de sa conception de la solidarité.

Enfin, rappelons que Bill Gates,avant de devenir un grand compassionnel (et je ne doute pas de la sincérité actuelle de son engagement!) s'est comporté exactement comme les fameux Barons Voleurs du début du XXé siècle, les Carnegie et les Rockefeller, qui sont, eux aussi, devenus de grands mécènes sur le tard.

Microsoft est le plus grand exemple mondial d'un monopole acquis de façon abusive : 95% des PC de la planète sont équipés de Windows ; et les mirifiques milliards que Gates compte consacrer à éradiquer des maladies viennent de la marge opérationnelle de Windows : 85% (chiffre de Microsoft itself). Un truc te coute 15 $, tu parviens à le vendre 100$ durablement : c'est le signe certain qu'il y a abus de position dominante ; et que tu as tué la concurrence (encore une fois de façon déloyale : on connait l'histoire de Microsoft).

Voilà. Les valeurs de base de la version actuelle du "libéralisme" enchanteur, c'est ça. C'est à la fois la déloyauté ; c'est l'abus ; et c'est en plus la conviction qu'il s'agit d'une position conforme à la morale...

Non, le but d'un entrepreneur dans la vie, ce n'est pas de prouver ses bons sentiments compassionnels (et de remplacer abusivement le débat démocratique sur ce qui est plus ou moins nécessaire). C'est d'innover, de faire des profits ; et de faire le tout dans la loyauté des règles. Mais si la puissance publique fait défaut, comme c'est le cas actuellement, on aboutit à des aberrations : la plus grande fortune du monde décidant seule de ce qu'il est bon de faire pour les pauvres du monde.

Se plaindre des "jalousies et critiques permanentes" à l'égard des entrepreneurs : c'est vrament trop ! J'entends plutôt un rappel à leurs devoirs et à leurs responsabilités en tant qu'entrepreneurs. Ce qui est le moins qu'on puisse exiger de leur part...

Une suggestion de lecture pour LLM: les deux derniers bouquins de Joseph Stiglitz, qui n'est pas un gauchiste sanglant. On les voit à l'oeuvre, la Barons Voleurs d'aujourd'hui, les fourmis rouges des marchés financiers. Alors que Stig, avec ses "asymétries d'information" est loin d'être favorable à l'"économie administrée" !

page 2 de 2 -