je lis des journaux payants (et souvent, je ne trouve pas ça drôle)

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mardi 24 juin 2008

Message perso pour Pierre Chappaz qui continue de s'égarer sur les relations entre le journaliste et le blogueur : de bonnes lectures en perspectives

J'ai la flemme de rechercher le dernier "billet" de ce brave homme entrepreneur, lu ya quelques jours. Le message, C'est la, et c'est vachement bien : ce Riché est un pro et ça se voit, ça se lit !

Nuance : au lieu d'écrire que le "journalisme ... doit accepter la révolution techno..." j'aurais plutôt écrit qu'il doit l'empoigner et se frotter les mains ! mais le reste est bien.

Juste un truc pour mon anti-journaliste préféré Pierre Chappaz, qui fait de la communication et pas de l'information : Riché n'emploie jamais le terme de "vérité" (poursuivre la vérité) comme mission du journaliste. Mais c'est tellement dans ses gènes, je suppose, qu'il l'a oublié ! C'est explicite dans "(le blogueur) n'a ni la compétence ni même l'envie de recouper une information, la valider" etc. Donc chercher la vérité. C'est ça, la différence.

lundi 2 juin 2008

fais toi pêter les compteurs, mon lecteur chéri !

C'est le grand Tristan qui veut slajouer. Donnez lui un coup de main

lundi 28 janvier 2008

Minc en train d'enc*** er Le MOnde, c'est sur le site de Plantu, et les textes sont presqu' aussi bons que les dessins

C'est la

champions pour la guerre des egos, les mecs !

mardi 13 novembre 2007

Cher Jean-François Ruiz, la voilà ta vraie de vraie réponse chez celle qui nous enterrera tous (avec 45 commentaires à 23 h 12 !) (merde, je suis vert !)

C'est ici. mais ne lis que les 2 premiers alinéas (conseil d'ami). Et le dernier.

(j eme l_ve à 4 h du matin pour aller à Roissy à cause de ces #[@@@[||`~#|^@@@##{# et pourtant je pèse mes mots et suis de gauche) (pour dire : m'en demande pas plus !)

lundi 12 novembre 2007

A New York, la pub non consentie est interdite

C'est là ; c'est trop beau !

j'en recopie juste un petit bout :

Selon le NY Times, La plateforme de publicité sociale de Facebook serait illégale à New-York selon une loi sur la vie privée, vielle de 100 ans qui stipule que â€? toute personne dont le nom, le portrait, la photo ou la voix sont utilisés à l’intérieur de cet état dans un but publicitaire ou commercial sans son consentement peut poursuivre en justice pour dommages et intérêts ; car il s’agit bien d’un délit.â€?

Virons les blogs pub des blogrolls !

Je ne croyais pas être tombé sur un vrai os à ronger en réagissant spontanément à un billet sympa sur un blog sympa ! Mais c'est Tendance, ce truc ! Avec Facebook qui désormais te cible toi tout seul qu'il t'aime avec tes petites habitudes et tes goûts intimes, ça va loin !

Allez, faisons simple : virons tous les blogs qui font un disclaimer : "on m'a payé pour écrire, mais j'écris ce que je veux"

(pour moi, yaura pas trop de boulot ! par pure paresse, ya dans ma blogroll que ma sorcière préférée et plus ancienne initiatrice aux blogs )

(dis donc : pourquoi t'es pas venue au dernier Paré Carnis ? )

Guillermito est un mauvais citoyen (a bas la pub insidieuse)

sur un léger énervement de ma part, à propos des blogs pub, il a laissé un méchant commentaire chez moi, très bô, le voilà :

(le commentaire s'adresse à Jean-François Ruiz, cité dans mon billet, et qui semble ne pas comprendre le sujet du débat ) :

3. Le lundi 12 novembre 2007 à 00:40, par Guillermito

"Je suis libre de son contenu". Non, vous n'êtes pas libre. Vous en avez l'impression, mais vous ne l'êtes pas. Laissez-moi deviner : 99.9999% des productions payées sont positives pour le produit en question. Et si vous sortez un jour une critique négative, et bien je suppose que les agences se passeront de vos services d'homme-sandwich a dix euros l'heure.

Comme Yves, je trouve ça lamentable de se vendre ainsi. Une fois, peut-être, pour expérimenter. Si cela continue, ça change complètement la nature de la relation entre celui qui écrit et celui qui lit. Ça instille un doute sur l'objectivité de chacun de vos articles, un doute qui ne s'effacera plus. Peut-être d'autres billets ont aussi été payés, mais l'auteur n'a pas juger bon de le préciser ? Ce genre de question. Franchement, je parie que ces pubs vont vous faire gagner une poignée d'argent momentanément, et vous faire perdre des lecteurs sur le long terme.

Les euros que vous gagnez influencent votre point de vue. Et aussi celui de vos lecteurs. Vous n'y pouvez rien.

Et je suis allé piquer l'un des commentaires de Guillermito chez Embruns :

Le 12 novembre 2007, Guillermito a dit :

Il y en a d'autres :

Disclaimer : J’ai été rémunéré pour écrire cet article qui a été écrit librement…

C'est une insulte au mot "libre".

Rah mais foutre, il y en plein partout !

Je suis pour la pendaison immédiate de tous les publicitaires, le seul métier qui consiste a pourrir tous les supports qui auraient pu être intéressants.

Et zut, les liens ne marchent pas ! les voilà :

j'écris librement, mais je suis payé

(c'est vraiment une vérole ce truc !)

Non, camarade Guillermito, je ne crois pas que ce ton soit le bon. Il faut rester doux et ferme; et surtout pédagogique. Les Ruiz disent : "on me paye pour écrire, mais j'écris ce que je veux". Il faut leur expliquer (gentiment) qu'ils font pire que de se transformer en "cerveux disponibles" : ils se transforment en "libre arbitre disponible". Dans le temps on appelait ça la "servitude volontaire"

(ca va ? fait pas trop froid à Boston ?)

dimanche 11 novembre 2007

Dommage, Jean-François Ruiz, j'aimais bien te lire en homme libre !

Voilà une application immédiate de ce que je déteste dans la tendance blog actuelle. Je tombe chez JF Ruiz sur un papier intéressant et sympathique, sur un sujet (pub chez E bay) qui m'intrigue. Mais catastrophe, à la fin du papier il y a :

"Disclosure : Cet article rémunéré m’a été commandé, je suis libre de son contenu".

C'est honnête, au moins. Mais c'est lamentable --pardon : je trouve ça lamentable. Pour moi, je ne lis plus JF Ruiz, un garçon intéressant, plutôt branché, parfois rigolo, et qui développe des trucs (Ziki) que je regarde évoluer avec intérêt. Désormais, je suis chez un pubeux sont on tient la main et le clavier pour nous enfiler des trucs à vendre.

Ya pas de mal à ça. Mais c'est insidieux. Et ça ne concerne pas seulement, désormais, ses messages explicites, mais aussi le contexte ; son attitude, ses choix de sujets à traiter, etc.

C'est curieux que la majorité des gens s'étonne ensuite (hé, vieux grincheux, encore tes positions fondamentalistes vis à vis de la pub ?) de la confusion grandissante dans les statuts des média. Je ne fais évidement aucun procès à JF Ruiz (que je n'ai jamais rencontré), mais plutôt au statut de ce qu'il écrit. Je pensais jusqu'à maintenant lire une sorte de "journal extime" : en fait, c'est aussi autre chose ; c'est uen sorte de catalogue de vente par correspondance...

La tradition de la presse a été pendant longtemps de faire une rigoureuse distinction entre "info" et "pub", quel que soit le média utilisé. Là, avec des gens qui n'ont pas cette culture, qui ne comprennent pas le caractère indispensable de ces valeurs, on va vers le n'importe quoi. Et au passage on ridiculise son propre personnage extime !

lundi 18 décembre 2006

Respire ! (non à l'nvahissement publicitaire)

Heureuse initiative belge : une pétition pour la baisse de la pub à la télé --au moment ou la directive en cours de réforme risque d'ouvrir les vannes encore plus.

Rappel : la pub, c'est vulgaire (le plus souvent) et ça rend con (et gros)

MàJ

Le Parlement a adopté, en première lecture le 13 décembre, le rapport de codécision de Ruth Hieronymi (PPE-DE, DE) et accepté la révision des règles de publicité des chaînes de télévision en Europe, y compris une nouvelle approche pour le placement des produits qui sera bientôt légal dans l'Union mais soumis à des limitations. Les eurodéputés ont également élargi la portée de la directive en incluant tous les nouveaux médias audiovisuels. Le Parlement a autorisé des coupures publicitaires dans les films et autres programmes télévisés toutes les 30 minutes. Il revient maintenant au Conseil de prendre position

Beurk, disais-je

jeudi 28 septembre 2006

A propos de la Vérité : tiens, je ne suis pas seul à poursuivre Pierre Chappaz de mes assiduités ?

C'est un papier fort bien documenté sur le blog Cup of tea qui m'a mis la puce à l'oreille. Les votes dans Wikio se comportent de façons plutôt byzarres, constatent l'auteur et ses commentateurs.

Pour moi, c'est clairement la confirmation d'une impression initiale : ces entrepreneurs qui prétendent faire de l'info, sous différentes formes, ont souvent un problème avec la Vérité. Le problème étant que ce n'est pas leur problème, de tenter de la rechercher. On fera de l'info sous la forme : qu'est ce qui fait consensus? Et qu'est ce qui plait ? Pour les autres critères : aucune importance.

C'est la 3ème fois que j'évoque Pierre Chappaz dans ce blog : ce n'est pas de l'acharnement, je ne le connais pas, je ne l'ai jamais rencontré, et j'aurais plutôt tendance à admirer les entrepreneurs qui réussissent. Mais quand on se préoccupe de faire de l'info, il y a des règles. Ce ne sont pas les mêmes que dans le business-business. Je ne suis pas certain qu'il ait compris ça.

mercredi 27 septembre 2006

la pub, ça rend con ET gros : simple confirmation

Dis donc, Palpat, au lieu de te foutre de ma gueule, tu l'a vue celle là ?

Plus les enfants regardent la télévision, plus ils consomment de produits gras et sucrés. C’est en substance la conclusion de l’enquête menée par UFC-Que Choisir, qui a analysé l’impact des spots publicitaires sur les comportements alimentaires des enfants. Ses conclusions sont sans appel : la publicité contribue largement à diriger les enfants vers des produits qui ont une part de responsabilité dans le développement de l’obésité.

mercredi 30 août 2006

Chappaz dans Libération : quelle modestie soudaine !

Libé titre sur le web 2.0, mais comme c'est étanche entre le journal papier et le journal Net, démerde toi, ami lecteur, si tu veux lire les trucs en ligne...

Ca se termine par un itw de Pierre Chappaz, signalé comme chroniqueur de Libé Net. Tiens, ses propos sont très très modestes et prudents, comparés à ce qu'il disait récemment sur les amours contrariés de l'info et de la comm (ou des blogueurs et des journalistes).

Bref, je l'avais traité ici de naïf, ce qui l'avait fait réagir ; hé bé, je vais me contenter de le traiter de naïf prudent...

(et d'excellent entrepreneur par ailleurs. Mais ce n'est pas ça qui donne des qualifications pour penser)

dimanche 16 juillet 2006

vous etes payé pour en dire du bien sur votre blog

Je ne sais pas si c'est si nouveau que ça, mais il fallait bien que les pollueurs vulgaires s'attaquent aux blogs : voir sur Pointblog. En gros, vous êtes payé si vous parlez en bien d'un produit sur votre blog MAIS (c'est raffiné) vous n'etes pas obligé de dire que vous avez été payé pour en dire du bien.

(qu'est ce que la Vérité ? demandait Pilate)

vendredi 23 juin 2006

Miracle trois papiers intéressants dans Libé d’aujourd’hui (ça s’explique : je suis dans le train et je m’ennuie)

C’est quand même tellement rare qu’il fallait le mettre en titre. Même si les papiers en question ne sont pas des initiatives des journalistes : ce sont uniquement de l’info reçue, sélectionnée, validée, réécrite. Bref, le plus fastoche dans le journalisme.

1 - Kronenbourg a failli devenir mécène de campagnes anti-alcool au volant dans les auto-écoles. Trop drôle. Les réactions ont été nombreuses et vigoureuses : mais j’imagine l’incrédulité des papa emmenant leurs fiston passer le permis de conduire et voyant la marque Kro sur le petit film guimauve. Les papas en question ayant fait leur service militaire, et ayant des souvenirs précis du « Foyer du Soldat », endroit ou on se finit tous les soirs à la Kro, par douzaines de préférence…

Comment un chicos moderne sémillant « chargé de comm » a pu imaginer un instant gommer cette vieille image sinistre de la Kro, sÅ“ur des déprimes de fin de journée à la caserne ? Un jeune crétin inculte, débranché --ou uniquement branché poudre pour la défonce ? j’espère qu’il ya une super Sarkozienne agence de comm, qui a perdu un gros contrat grâce à cette belle bêtise !

J’ai bien ri

2 - Les déboulonneurs barbouillent les pubs, les affiches 4 X 3 : j’adore ce genre d’initiative, car elle montre qu’il suffit de se pincer le bras pour (enfin) se rendre compte de cette insidieuse invasion dans tous les signes quotidiens de ce pousse-à-jouir épuisé qu’est la pub. Les barbouilleurs du métro en ont pris un peu plein la gueule, l’hiver dernier ; dommage, mais je suis sûr qu’ils reviendront régulièrement. Les anti 4 X 4, qui les maculent et dégonflent les pneus, se sont faits plus discrets ; mais l’exaspération à la vue de ces monstres puants s’élargit au delà des militants radicaux… Ça fait du bien de sentir monter le niveau de l’exaspération : c'est à dire de la sentir devenir banale. Bientôt, ce ne seront plus seulement les vieux ronchons atrabilaires comme moi qui râleront contre la pub et les 4 X 4, mais aussi les ménagères de moins de 50 ans. Ah, quel pied de rejoindre enfin la ménagère de moins de 50 ans --aux pieds de laquelle je dépose d’ores et déjà des hommages empressés.

3 - et enfin le Schneiderman du jour qui tente de trouver un sens au bloguisme en rapprochant Puteaux et le CSA. C’est sans doute vrai que Grébert-le-lutin, de Monputeaux.org, a une certaine influence sur les réactions de la Mairie (qui le poursuit régulièrement devant les tribunaux). C’est peut être vrai que l’analyse du professeur Rolin a eu une certaine influence sur le CSA (qui avait classé Bayrou dans l’opposition, et est revenu sur cette décision). C’est certainement vrai que Rolin repris par Eolas a pris de l’importance. Et le beau Daniel a sans doute raison d’insister sur la nouveauté du phénomène : les blogueurs ont de l’influence.

Petit a - léger quand même, le Schneiderman. Il oublie 2 ou 3 trucs qui interdisent de comparer (a fortiori d’assimiler) l’influence Blog et l’influence media-tradi :

Petit b - c’est très ponctuel : les uns et les autres deviennent des alliés de circonstances, pour des combats limités. Tant mieux si Rolin (à qui Eolas s’adresse toujours dans son blog en le nommant Monsieur Le Professeur Rolin, avec cette légère exagération du respect lié aux titres : on se demande parfois si ce n’est pas du second degré !) (eolas insolent avec les puissances constituées : non, je n’arrive pas à le croire sérieusement) a une analyse percutante ; et tant mieux si elle plait à Eolas. Mais les 99% restant des positions politiques d’Eolas.. Je ne suis pas certain du tout que les 2 se retrouveraient dans un même parti politique, hors celui des anar de droite sans parti !

Je veux dire que Rolin et Eolas, tous deux très talentueux, et dans un système d’auto-admiration réciproque, suffisent à faire monter la sauce sur un bug comme la décision du CSA. Mais hors prouver à eux deux que cette décision était une belle grosse c***rie, je ne pense pas qu’ils seraient d’accord sur grand chose ! (sauf que ce sont des HHHomes d’OOOOrdre, puisqu’ils sont juristes)

(et d’ailleurs j’ai posé la question à Eolas dimanche dernier en pic-niquant : il ne connaît pas Rolin hors ses écrits, ne l’a jamais rencontré, et ils ne « se parlent » que par blogs interposés)

Petit c - c’est très cristallisation instantanée : Schneid aurait pu reprendre l’exemple de Garfieldd plutôt que le CSA (qui ont le même pour héros : le jour ou Eolas a balancé sa lettre au ministre, nous étions quelques centaines de blogueurs séchés sur place ! Quelle plume ! quel talent ! quelle vigueur ! J’ai essayé de vérifier si cette lettre avait eu une influence directe sur la décision de Duschmoll ministre de l’Educ, pas eu l’info. Mais je sais que les membres de son cabinet l’ont lue). Une partie très typée de la blogobulle s’est enflammée ; et les ministres, les politiciens en général, sont si peu habitués a avoir des réactions collectives et vives qu’ils ont tendu l’oreille aussitôt. Cette partie de la blogobulle a eu plus, me semble-t-il, d’impact avec Garff que dans l’histoire du CSA --qui se serait réglée avec ou sans Rolin et Eolas : la classe politique avait un intérêt évident à ce que le CSA s’écrase sur la question du classement de Bayrou.

Donc l’exemple de Schneid est moyen-médiocre : il se réveille après l’avant garde.

Petit d - c’est très « les nouveaux media, comme c’est marrant et moderne ! ». Il ya un aspect mode dans ce truc de Schneid. C’est vrai qu’une castagne comme celle contre le CSA aurait dû passer par des « Tribunes », « Libres Zopinions » et autres « Rebonds » dans Le Monde et/ou Libération (et même Le Figaro !) ; ceci dans le bon vieux temps des vieux media. Aujourd’hui c’est sur la Toile en direct, parce que les Tribunes des vieux média, ça gonfle tout le monde ; après avoir fait gonfler l’égo de ceux qui les écrivent. C’est compassé, c’est chiant à lire, c’est convenu, c’est toujours les mêmes : il y a deux douzaines de braves experts en n’importe quoi (tiens : ca fait des semaines que je n’ai pas lu de Tribune de Zaïki Laîdi ! il est malade ? il pense plus ? ou alors c’est son « Telos, Agence intellectuelle » qui l’occupe trop ?. Heureusement, il reste l’ineffable Alexandre Adler , le mutli récidiviste obsessionnel, aussi cultivé que ma concierge portugaise, radio, télé, quotidiens ).

Donc il y a un aspecte fraîcheur enfantine dans les Eolas - Rolin, qui plait à cette frange du peuple éduqué et moderne, qui s’informe désormais et débat sur la Toile plus volontiers qu’ailleurs. Mais la fraîcheur enfantine, ca ne va pas durer. Balancer des opinions, et analyses dans un style alerte, c’est bien. Faire du vrai journaliste, ça reste indispensable et c’est plus dur.

C’est là que je trouve le Schneid un peu léger.

Petit e - cela dit, son papier est un excellent reflet de « l’expertise citoyenne », concept à la mode mais très fécond. J’ignore si Schneid est impliqué à titre personnel dans ce type de débat, mais il a touché juste. Hors les tribunes officielles de la vieille presse ou les faiseurs d’opinions sont sévèrement sélectionnées, et sur des critères assez copinage intellectualo-politico-parisiannistes, il se développe une « rumeur de qualité » qui bouscule un peu ces positions établies. Et c’est tant mieux. Mais c’est aussi le lieu des alliances ponctuelles. Prouver aux neuneux qu’ils sont neuneux, et que c’est embêtant quand ils détiennent un pouvoir, c’est un plaisir qui devrait déboucher sur des alliances plus profondes : une position politique plus offensive. Or, ça ne débouche pas. C’est la critique qui sert de ciment, pas la construction de la réponse alternative et globale.

Petit f - ce qui m’intéresse personnellement, c’est le futur débouché politique de ce « social networking ». Et là, je sèche ; j’ai quasi rien à dire (mais comme mon train roule toujours, je ne vais pas m’arrêter pour autant). Eolas avec son talent, Rolin avec sa science, Versac avec son volontarisme très « Tintin et Milou » ; Padawan, Nitot, Glazman, mes idoles Geekiennes, la FING, (etc pour la clé de 12 et le marteau piqueur, bref, l’outillage), tous ces modernes avec leurs analyses des enjeux sociaux des TIC sont aux avant-gardes. Mais aux avant-gardes d’un club qui atteindra rapidement les limites des clubs d’experts. Comment tu fais bouger la société toute entière si tu continues à néo-nombriliser entre experts, sachants et autres néo-bourges intello-modernes ? Il y a un néo-élitisme en cours de construction dans ce domaine : Rolin et Eolas se sont « reconnus » à l‘aide de codes (ton titre, ce que tu écris, ce que tu sais) qui facilitent l’adhésion et l’estime réciproque. Grebert (cité par Schneiderman) est à part, il a acquis la stature d’un mini-Robin des bois à cours de procès gagnés et de poil à gratter.

Et les impacts de ces influenceurs sont désormais mesurables : donc limitées

Petit g - dernier truc : pourquoi avoir 500 000 acheteurs, si ton projet c’est d’en influencer 50 ? voilà la question à laquelle répondent certains blogs et tirant un bras d’honneur à Libé (vous savez ce presque défunt quotidien de vieux, fait pour des vieux et par des vieux jeunes) : parce que l’équation « je fait peur aux 50 parce qu’ils savent que je sui lu par 500 000 » : ça marche plus du tout du tout…

Petit z - Zut, j’allais vous citer Versac, qui a écrit un truc intéressant, et puis le train arrive ; donc tant pis.

mercredi 7 juin 2006

Pierre Chappaz "ne reflechit pas dans un premier temps" : hé bien il eût été préférable, à mon avis.

Pierre Chappaz que j'avais traité de naïf, ce contre quoi il avait réagi, voir les commentaires, récidive sur le bon gros marronnier "blogueur ou journaliste" ? dans Libération.fr

Ses arguments ne sont pas mauvais, mais quand il résume en écrivant :

"Justement, qu'est-ce qui différencie un journaliste d'un bloggeur, un bloggeur sérieux j'entends : la notion de métier (le journalisme est un métier, peut-il être aussi un hobby ou une pratique citoyenne ?), la formation (il existe des écoles de journalisme, mais les bloggeurs ne les ont pas fréquentées), la pratique (le journaliste doit écrire son papier quoi qu'il arrive, le bloggeur écrit selon son bon plaisir), et le rapport à l'Internet (l'un est né avec le Net, l'autre souvent avant). Et d'autres choses encore auxquelles je ne réfléchis pas dans un premier temps".

Hé bien, Monsieur Chappaz, vous auriez mieux fait de prendre le temps. Je crois, moi, que l'essentiel du métier de journaliste est de chercher la vérité. De la chercher, hein, pas de la trouver (si elle existe !). Et ceci avec des armes que les blogueurs n'ont pas, ou ne veulent pas utiliser (ce qui n'est pas une critique. C'est comme curé : tout le monde peut devenir journaliste, il suffit de le vouloir très fort et d'apprendre le métier et les règles).

CE n'est pas non plus de ma part une critique frileuse de l'importance du bloging qui tuerait la vieille presse : je crois l'avoir prouvé. Mais la suite de l'analyse de Pierre Chappaz me parait relever de la même naïveté initiale. Quand il écrit :

"Je crois, néammoins, que comme les bloggeurs, beaucoup de journalistes sont prêts à prendre ce risque, pour le plaisir du dialogue avec leurs lecteurs. Je prends donc le pari que, d'ici quelque temps, la plupart des médias en ligne autoriseront les commentaires sur tous leurs articles ! Nous pourrions aussi parler ici de la « gestion des conversations étendues (sur plusieurs blogs) » qui constitue la nouvelle frontière du Blogging... Mais ce sera pour un autre post, pardon, article".

Oui, bien sûr, les conversations s'amélioreront. Mais la recherche de la vérité en sera-t-elle améliorée elle aussi ? Non : il n'y a aucune raison, car il n'y a aucun effort dans ce schéma pour s'y referer. Ce qu'il appelle "métier" pour différencier le journaliste du blogeur se réduit ches lui, c'est normal vu l'univers d'ou il vient, à "savoir faire", "porfessionnalisme", etc : en gros, qualité d'écriture. Alors que l'essentiel du "métier" de journaliste, c'est son rapport à la vérité. Donc le devoir (notion morale) qu'il a de la rechercher et la transmettre.

Un métier défini par sa morale (et non ces ringardises sur "l'éthique des affaires" et autres blablas), ce n'est pas si courant.

Cher Monsieur Chappaz, puis-je vous suggérer d'y reflechir avant de vous exprimer à nouveau sur ce genre de sujet ? Ce serait dommage qu'un entrepreneur aussi succesfull que vous (je le dis sans ironie aucune, et plutôt avec admiration : j'admire les bons entrepreneurs !) ne se rende pas compte qu'il change d'univers. On ne fait plus seulement "des affaires", ou "de la comm", ou "des conversations". On a, quand on entreprend dans votre secteur, un rapport direct avec la vérité --oui La Vérité, ce truc simple.

jeudi 4 mai 2006

Inquiétante naïveté de Pierre Chappaz, la star du Web 2.0, qui a des rapports indifférents avec la vérité

Pierre Chappaz est le fameux créateur de Kelkoo qu'il a vendu à Yahoo ce qui a fait sa fortune. Bravo. Après un long break, il se relance dans la création avec Wikio, qui est sans doute l'un des trucs Web 2.0 les plus rigolos et exciting: votre page perso avec tout ce dont vous avez besoin sous la main. J'ai lu pas mal de choses sur son projet, mais c'est la première fois que je l'entends parler.

La conférence de Chappaz à Capital IT est chez JM Billaut, le merveilleux blog du spectacle des nouvelles technos.

Décidemment, je suis mal à l'aise vis à vis de ces gens modernes qui parlent de "media" sans que l'on sache jamais s'ils parlent d'information, d'information crédible, sérieuse validée, d'information spectacle, d'infotainment, de pub, de communication, de marketing sophistiqué, ou de --de quoi d'autre d'ailleurs?

Chappaz commence par montrer des trucs américains très Web 2.0 comme Digg et Topix, dont il dit que la colonne, la à droite, c'est pas intégré, quelle erreur (ce ne sont pas ses termes au mot près : allez voir la vidéo, si ça vous interesse). La colonne en question, c'est le tout dernier, l'ultime hommage du vice à la vertu : je veux dire la distinction entre ce qui s'appelle de la pub, et ce qui s'appelle de l'Information (c'est la même colonne à droite dans les pages google : plus pour longtemps, parait-il). Non que la pub soit le "vice" incarné, mais la différence radicale entre l'un et l'autre, c'est que la pub, c'est des boites qui veulent te vendre des machins ; et l'information, c'est (au mieux !) des gens pros, affutés, indépendants, distants de leur sujet, qui te disent la vérité --ou en tous cas ce qui s'en approche le plus.

Désolé de répeter là mes propres naïvetés, après avoir traité Chappaz de naïf. Mais si on ne part pas de cette base : du fait que c'est radicalement différent, et qu'il faut que ça le reste, restons en là, et passez votre chemin.

Vous êtes toujours là ?

Pour ceux qui sont restés, c'est une marotte chez moi. J'avais fait un premier truc là dessus, à propos de la pub sur les blogs (phénomène qui pour moi relève plus du pathétique que du commerce).

et sur la recommandation, celle des tricheurs

et re-sur la pub insidieuse sur les blogs

et d'ailleurs tout le monde s'y habitue

et aussi de temps en temps ça dérape, puisqu'au sein de l'anodine pub, on trouve même une secte !

Mais ce que décrit Chappaz va bien au delà. Son Wikio, c'est le super-super aggrégateurs des aggrégateurs. Il va te me nous balancer avec ça une compil des compil des média disponibles (vieux et neuf media), avec au passage, bien sûr, de l'analyse sémantique hyper hype. Mais il va faire la même chose avec les blogs : donc, dit-il, en posant une question, en faisant une recherche, vous aurez sur votre bureau la réponse la plus complète qu'on puisse imaginer : 50% d'analyse automatique des media ; et 50% d'analyse des blogs, en se concentrant sur les blogs les plus pertinents.

Et comment savez vous quels sont les blogs pertinents? Bin ce sont les utilisateurs de Wikio qui vont les noter. Question de l'animateur de la conférence (je ne sais pas qui est ce type, mais sa question était assez old school : j'aime bien!) : vous ne craignez aps les réticences devant ce mélange d'info? entre les media crédibles et les blogs n'importe quoi ? (encore une fois, ce n'est pas du mot à mot de ma part...)

Réponse de Chappaz : on va les évaluer, les blogs. Il ne faut pas que la presse ait peur de ça (de ce mélange dans les sources d'info)

Voilà. C'est tout. Juste de sa part, un mélange de commisération et d'indifférence. La vieille presse, tv comprise, est morte pour lui. Mais il n'a pas compris qu'il subsistait dans la vieille presse un truc multi séculaire sur la résistance de la vérité et la recherche de la vérité.

Les blogs, les aggrégateurs, tout les bricolos de ce sympathique et moderne bazar ont des rapport de plus en plus étroits avec la réalité. Ils ont des rapports de plus en plus distendus avec la vérité. Celle ci devient sans importance. Ce sont les coyances qui dominent ; et en matière de croyances, les marchands restent les meilleurs.

Je suis inquiet.

samedi 22 avril 2006

je hais la pub (suite ) surtout sur les blogs

voilà ce que ça donnera dans quelques temps , chez Pascal Rossini.

(par ailleurs un gentil garçon qui ne vit que grâce à la pub, mais n'en met pas sur son blog !)

regardez ses messages : bientôt, vous ne saurez plus en lisant un blog ce que vous lisez ; qui s'adresse à vous. Votre copain Machin ou un annonceur ?

La phase d'après, c'est comme dans Brett Easton Ellis : des personnages qui se réduisent aux marques. De vêtements, de bagnoles, de Whiskies, etc.

mercredi 29 mars 2006

coup de gueule contre la pub intrusive (tiens, je me sens moins seul)

et à mon avis ça ne fait que commencer. C'est chez Onesque, et il a bien raison.

(mais j'aurais tendance à être un peu plus radical que lui. La pub, c'est la pensée vulgaire. Ca ne peut être que vulgaire ; donc à bannir)

samedi 11 mars 2006

De moins en moins de journaux payants ; de plus en plus d'info gratuite.

En gros, les vieux lisent et regardent la télé ; les jeunes butinent et trient? L'info sur l'usage des media en fonction de l'âge est ici. (Je l'ai trouvée grâce à l'excellent blog de Francis Pisani).

La "première source d'information pour les 18-29 ans" est internet et le bouche à oreille ; idem pour l'information locale et pour l'information nationale, avec en plus la presse magazine. Alors que « c’est la TV et le quotidien pour le + 65 ». C'est uen étude américaine, donc peu applicable telle quelle en France ; néanmoins...

Je suppose que je fais partie d'une catégorie intermédiaire, puisque je "consomme" autant de presse quotidienne que d'Internet et de télé (et de mag !) pour mon info : ayant d'ailleurs du mal à distinguer l'info locale, nationale et l'info "immédiate"...

Mais je suis assez d'accord avec la conclusion de Jeff Mignon :

"Ce qui est clair pour nous, c'est que seul internet est en train de devenir un média mass-market. Les autres devront faire des choix ou prendre le risque de ne satisfaire personne. La presse quotidienne écrite, en particulier, n'est définitivement plus un média qui peut s'adresser à tout le monde".

Oui, sans doute, mais elle peut encore faire le choix de l'articulation entre l'un et l'autre. Et en France, elle ne le fait clairement pas, me semble-t-il.

Ce ne sont pas les quotidiens gratuits (encore les lancements à prévoir, parait-il) qui vont changer la donne. L'étude vraiment intéressante serait celle portant sur "à qui je fais confiance" dans l'info que je consomme / dont j'ai besoin ?

Pour apprendre des choses ou vérifier mes connaissances, j'utilise Wikipédia, et j'ai lu quelque part (ches Nitot?) que même si Wikipedia est "moins bien écrit" que la Britannica, les infos sont de qualité comparable.

Ma conclusion personnelle (et très provisoire : ça demande plus de concentration et d'analyse), c'est que mon critère de "gratuit" est insuffisant. je suis plutôt confiant dans l'info gratuite qui vient de Wikipedia ; je ne le suis pas, presque par définition, quand je prends "20 minutes" ou Metro. Non sur les faits (ce serait suicidaire) mais sur ce qui fait la qualité de l'info : sa hiérarchisation, la mise en perspective, les interprétations, etc.

vendredi 10 mars 2006

C'est de la pub MAIS c'est très beau

Et c'est là

dimanche 19 février 2006

Tiens, ya même des blogueurs haut-de-gamme qui aiment l'Eglise de Scientologie ! (c'est pas une blague)

C'est pas pour jouer mon j'voul'avais bien dit, mais j'avais relevé un truc ici qui provoquail le malaise. Puis j'avais passé une heure ou deux à travailler la question : c'est vrai, n'est-ce que naïf quand on souhaite faire venir de la pub sur son blog ?

Alors je suis allé voir un blog connu, avec, dans sa colonne à droite "Votre pub sur ce blog?". Donc j'ai cliqué. Voilà l'argument qui m'a convaincu :

"blog de commentaire politique français. Un des premiers blogs français du genre. Public de politiques, militants de tous bords, et personnes actives dans les débats en ligne. Annonceurs intéressés par le débat public (partis politiques, entreprises publiques, administrations centrales...), rencontrez-y des blogueurs et des internautes actifs et influents".

Et pour rencontrer ces "internautes actifs et influents", ce n'est pas très cher. J'ai cliqué : 15,00 € la journée, pour 1600 "pages vues" ; 400 € par mois pour 30 000 "pages vues". Whaou : communiquer à ce prix avec des "internautes actifs et influents", et, n'oubliez pas, "militants de tous bords"; ce qui est quand même le luxe suprème !

Finalement, je me suis arrêté avant la fin. J'ai craint de me trouver en trop mauvaise compagnie, quand une amie m'a transmis la copie d'écran que voici, et qui vient de ce blog :

J'espère que vous pouvez lire. Oui un blog de jeune gens bien élevé et dédié aux jeunes gens bien élevés laisse venir chez lui le pire que l'on puisse imaginer : une secte, l'église de scientologie...

(je précise que la capture d'écran date du 15 fevrier à 14 h 35, car ça change tout le temps, ces choses --un coup jte vois, un coup jte vois plus ! comme au bonneteau !)

Voilà. Bien sûr qu'il a pas fait exprès. Bien sûr qu'il a depuis dû sermonner son pubeux -ou que sais-je.

Mais bien sûr aussi qu'il a vendu son âme (ou ce qui lui en tient lieu) pour un poignée de lentilles, comme on dit dans le Livre.

( Comme je vieillis ces temps ci, et que cela m'amène à l'indulgence, je me dis parfois : c'est vrai, ils ont raison, gauche - droite : tout ça c'est des vieilleries, ça n'a plus tellement de sens aujourd'hui. Je n'arrive plus tellement à distinguer, parmi les gens supposés de bonne foi, ceux qui sont vraiment à gauche, et ceux qui sont --bof.

hé bé heureusement que je tombe sur des perles pareilles ! La scientologie chez les jeunes gens bien élevés ! Ca me remet les esprits en place ! Parce que c'est sur le même blog que je lis quelques jours plus tard, après un jugement las et sans consistance de l'audition du juge Burgaud : "Je regrette vraiment qu'on nous ait offert ce spectacle ridicule".

Ce "spectacle ridicule", c'est la première fois ou l'on contraint une administration robotisée à s'expliquer ? Devant les représentants du peuple ? de la souveraineté de la nation ? ridicule ?

hé bin merde !

Voilà : c'est un vrai soulagement. Mort aux cons. La plupart sont de droite (ouf ! ) : c'est à ça que je les reconnais. Je n'ai pas perdu tout mon flair.

Youpee !

jeudi 16 février 2006

Pub insidieuse et éditeurs naïfs (rubrique : je hais la pub !)

Editeurs… j’aurais dû titrer « Ã©diteurs qui se la pètent ». Les éditeurs de presse qui ont de l’expérience sont des gens qui consacrent beaucoup d’énergie à gérer la tension entre info et pub. Ils savent que les journalistes sont là pour les faire chier en faisant leurs coquettes vis à vis de l’influence (supposée ou réelle) des annonceurs. Et ils savent aussi, eux éditeurs, qu’ils ne vendront leurs pages de pub aux annonceurs que si la copie est bonne : donc si les journalistes font bien leur boulot. Donc il faut les respecter. Un peu.

C’est immémorial. Cette tension est la base culturelle d’une bonne partie de la presse. Plus de la presse écrite que de la radio ou de la TV, mais le schéma, à des nuances près, fonctionne comme ça. Et c’est très bien (non, le résultat n’est pas très bien, mais ce schéma est plutôt sain)

Avec les blogs qui débordent de l’intime, dont les auteurs veulent, plus ou moins, « singer » la presse, on est dans un schéma très différent. On lit des gens « qui se la pètent », dans la mesure ou ça ne coûte plus rien d’éditer, de publier sur le net. Donc on peut se croire à peu de frais éditeur, journaliste, éditorialiste, enquêteur, reporteur, etc etc. Tous personnages qui restent mythiques (même si leur crédibilité parmi le grand public est sérieusement écornée).

On peut le faire sans effort : je veux dire sans avoir à se poser aucune de ces questions immémoriales des rapports entre pub et info, de l’influence de l’une sur l’autre. On peut le faire sans débattre, sans avoir à se justifier vis à vis ni de soi même, ni de son équipe, ni même de ses lecteurs…

C’est l’une des tares de l’ambiguïté bloguesque. Si je critique un blog en disant : « t’es vraiment vendu aux annonceurs et au sarkozisme ambiant », on me répondra « ici, t’es chez moi, c’est mon « journal extime », va te faire f*** si t’es pas content ».

(comme je l'écris sur mon propre blog à l'adresse des commentateurs que je trouve désagréables ou malpolis)

Si je critique un blog en disant « je croyais que je lisais un journal intime, et j’étais reconnaissant qu’on me laisse cette porte entre ouverte sur tant de délicates notations de la vie quotidienne », on me répond « hé, mec, j’ai 34 567 889 visiteurs uniques par jour ; les adglouglou vont me rapporter DEUX € VIRGULE Soixante neuf par SEMESTRE, et tu veux que je les refuse ? ca va pas non ? »Et voilà la boucle bouclée.

En tant qu’éditeur, même d’une « nano-publication » comme un blog, il suffit de se laisser aller à la cupidité, qui est un sentiment vulgaire, pour laisser son espace intime - extime à la merci de la vulgarité.

Car la pub, c’est vulgaire : c’est même sa définition. C’est des gens qui s’adressent à toi uniquement pour te dire « achète, achète, achète », et parfois le cachent derrière des prétentions esthétiques (peu importe) ou informatives : c’est plus grave. L’info est devenue un truc neutre, plat et gratuit depuis la convergence de traitements entre les journaux gratuits, les agences et les « agences d’agences » que constituent les fils du type Yahoo, Google, etc.

Donc je sais qu’on me ment chaque fois qu’on veut me faire absorber de l’info gratuite, parce que gratuite = quelqu’un l’a payée à ma place. Et gratuite = plat et neutre (au mieux), pour devenir un bon support de pub.

C’est pourquoi je veux payer l’info que je consomme : comme ça, j’ai le sentiment de contribuer à son coûte de production. Et, à part, je veux continuer à échanger, coopérer gratuitement, pour le fun, pour les projets amicaux, pour le plaisir de l’échange, pour le libre (= libre de pub, bien sûr !). Je ne fais pas de confusion mentale : je sais ou est « le marché », et ou sont ses limites. Et j’interdis « au marché » d’entrer dans ma salle de bains, dans mon intimité, dans les sentiments que j’exprime sur ceci ou cela.

contre le spam

une assoce toute neuve Pourriel Point Org créée par des gens d'Ouvaton la célèbre coopérative.

(merci Bertrand Lemaire)

mercredi 15 février 2006

je hais d'autant plus la pub qu'elle se cache

Le mélange info / pub s'accélère et s'aggrave. La longue citation qui suit est un hommage rendu à Affordance, le bon blog :

Le toujours très affûté Zorgloob nous apprend que les interfaces de Google.com et Google.fr en terme de liens sponsorisés sont en train de changer. Pour ne pas reproduire son billet, disons que l'intégration des liens sponsorisés (= publicitaires) sera de moins en moins repérable sur l'interface. Or l'on sait que le nombre de gens sachant que les moteurs utilisent des liens sponsorisés est très faible (voire négligeable). Or donc, les interfacer de manière encore plus transparente revient au niveau des usages de l'information à entretenir et à provoquer la confusion entre une information commerciale et des résultats (de moins en moins) objectifs de recherche

(mais comme le copier-coller détruit les liens, allez les chercher chez Affordance)

Voilà. on est en pleine confusion et ça va empirer. Quand je lis un truc, je ne sais déjà plus qui me parle.

Ce qui me rappelle une discussion avortée avec des blogueurs. Comment des jeunes gens bien élevés, propres sur eux, sortant de bonnes écoles, peuvent-ils se montrer à ce point incapables de prendre en compte l'aspect insidieux de la pub. L'aspect "on me dicte mes goûts". L'aspect "mon intimité est corrompue"...

Aux garde fous, il faut ajouter des contrefeux. Bon, on va y travailler.

mardi 14 février 2006

tiens, je l'avais raté celui là ! (je hais la pub)

c'est un commentaire chez Versac :

Rien à voir avec le sujet en cause, mais je voulais juste dire que la possibilité de déposer une pub sur Versac me fait doucement rigoler. Enfin, je ris jaune...

mercredi 1 février 2006

L'avocate de Impact Net, pionnier français de l'e-mail marketing (ça veut dire Spam) est soit une nulle, soit une de mauvaise foi, soit les deux, ce qui est possible aussi.

Voilà. C'est un mouvement d'humeur, c'est un billet stupide et superflu, mais l'intimidation m'exaspère, surtout quand elle émane de petits affairistes minables. L'explication est ici, chez Laurent. Et voir une avocate tremper les doigts la dedans, ça ne donne pas une bonne image de sa déontologie personnelle. D'accord, tout le monde doit bouffer, et les jeunes avocats crèvent la dalle. Et alors ?

Avocat, c'est comme journaliste ou, heu, proviseur : ils ont plus de responsabilités que le plombier du coin.

(Cette dernière phrase est un private joke : sur un blog, on n'avait pas l'air de considérer que la différence fût si importante)

mardi 31 janvier 2006

La réussite, c'est prendre le temps d'éprouver de la compassion

Voilà encore un truc simple et sympathique que l'on trouve sur le blog de LLM (en français)

"La fondation Bill Gates est dotee de plusieurs milliars de dollars et Bill Gates s'est engage devant nous a Davos ce matin sur $900 millions supplementaires contre la tuberculose. Le President d'un des pays Africains les plus touches s'est felicite de cet engagement permanent de Bill Gates tout en lui disant que quand meme, il aurait pu arrondir a 1 milliard...

Finalement c'est cela le vrai succes pour un entrepreneur, non ? Ce n'est pas le succes dans les affaires, c'est le succes dans l'amelioration du Monde apres avoir reussi dans le business. Tout cela m'inspire beaucoup de reflexions, quand j'entends la jalousie et les critiques permanentes envers les entrepreneurs... Je vous garantis que les Chefs d'Etats de pays en développement qui rappelaient qu'un enfant meurt de tuberculose toutes les cinquantes secondes n'avaient aucun problème avec le "geste" de Bill Gates et s'efforcent à leur tour de créer dans leurs pays un environnement propice à la création".

(je mets un lien vers son blog, parce que c'est plus poli, mais je ne parviens pas à le brancher sur la date de ce billet... c'était le 27 jenvier 2006)

Bonne occasion de tenter de comprendre les mécanismes intellectuels des hyper néo libéraux (et non pas des simples "libéraux" politiques à la façon XIXè siècle ; nous sommes tous des libéraux de ce genre, exceptés quelques remarquables momies!)

Heureuse coïncidence, il suffit de feuilleter Libération d'hier, Lundi 30 janvier, pour répondre aux ingénus enthousiasmes deLLM, Ze King of Ze bizblogeurs.

Citation (Libération de Lundi, page 20):

Jim Fussell, 51 ans, ancien salarié d'Enron : "Heureusement, j'avais diversifié les parts de mon fonds de retraite sans me limiter à des actions Enron, et ainsi je n'ai pas perdu toutes mes économies comme d'autres. J'ai pu envoyer mon fils à l'université et j'ai pu m'inscrire sur l'assurance santé de mon épouse", etc etc

Il parait qu'Enron est un "accident" ? un patron richissime qui a passé des années à maquiller volontairement les comptes pour faire gonfler la bulle, et qui, avec les plus hauts dirigeants de sa boite a revendu ses actions juste avant la chute. Tout en ayant interdit, juste avant, aux autres salariés de revendre les actions Enron qu'ils détenaient dans leur plan de retraite....

Wordlcom, Enron, Parmalat : si ce sont des accidents, je les trouve nombreux. Et dans tous ces cas là, ils illustrent la nécéssité impérieuse d'avoir un arbitre, un représentant du bien public, au dessus d'eux.

deuxième exemple, même journal, même jour, page 41, sur la Sécu :

A propos du débat sur l'assiette, C Ramaux, universitaire, constate que dans la comparaison avec le système de protection américain très privé, "le privé génère d'autres biais. Il alimente la financiarisation, sa logique de court terme, et crée de l'incertitude sur la pérennité des droits : les entreprises à main-d'oeuvre vieillissante ou en retraite, voyant leurs comptes «plombés» par leurs engagements, se placent en faillite «restreinte» en laissant à l'Etat le soin de prendre le relais".

La aussi, l'interet de tous, la simple justice sociale montre qu'il est préférable de confier à caux qui sont les meilleurs représentants du bien commun, le soin de prendre les décisions --et même de gérer, car ils gèrent parfois mieux que "le privé" : le sacro saint privé qui serait "plus efficace". En tous cas, laisser à General Motors (en faillite) et aux autres la responsabilité du revenu, mais aussi de la santé et de l'éducation de ses salariés et de leurs familles, c'est une autre face de l'irresponsabilité d'une nation ; et de sa conception de la solidarité.

Enfin, rappelons que Bill Gates,avant de devenir un grand compassionnel (et je ne doute pas de la sincérité actuelle de son engagement!) s'est comporté exactement comme les fameux Barons Voleurs du début du XXé siècle, les Carnegie et les Rockefeller, qui sont, eux aussi, devenus de grands mécènes sur le tard.

Microsoft est le plus grand exemple mondial d'un monopole acquis de façon abusive : 95% des PC de la planète sont équipés de Windows ; et les mirifiques milliards que Gates compte consacrer à éradiquer des maladies viennent de la marge opérationnelle de Windows : 85% (chiffre de Microsoft itself). Un truc te coute 15 $, tu parviens à le vendre 100$ durablement : c'est le signe certain qu'il y a abus de position dominante ; et que tu as tué la concurrence (encore une fois de façon déloyale : on connait l'histoire de Microsoft).

Voilà. Les valeurs de base de la version actuelle du "libéralisme" enchanteur, c'est ça. C'est à la fois la déloyauté ; c'est l'abus ; et c'est en plus la conviction qu'il s'agit d'une position conforme à la morale...

Non, le but d'un entrepreneur dans la vie, ce n'est pas de prouver ses bons sentiments compassionnels (et de remplacer abusivement le débat démocratique sur ce qui est plus ou moins nécessaire). C'est d'innover, de faire des profits ; et de faire le tout dans la loyauté des règles. Mais si la puissance publique fait défaut, comme c'est le cas actuellement, on aboutit à des aberrations : la plus grande fortune du monde décidant seule de ce qu'il est bon de faire pour les pauvres du monde.

Se plaindre des "jalousies et critiques permanentes" à l'égard des entrepreneurs : c'est vrament trop ! J'entends plutôt un rappel à leurs devoirs et à leurs responsabilités en tant qu'entrepreneurs. Ce qui est le moins qu'on puisse exiger de leur part...

Une suggestion de lecture pour LLM: les deux derniers bouquins de Joseph Stiglitz, qui n'est pas un gauchiste sanglant. On les voit à l'oeuvre, la Barons Voleurs d'aujourd'hui, les fourmis rouges des marchés financiers. Alors que Stig, avec ses "asymétries d'information" est loin d'être favorable à l'"économie administrée" !