je lis des journaux payants (et souvent, je ne trouve pas ça drôle)

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dimanche 30 mars 2008

Lu Cohen et Lévy - Notre métier a mal tourné

Nostalgique. Donc décevant.

dimanche 6 janvier 2008

Secouons les journaux tant qu'il en reste --il a raison : secouons les journaux PAYANTS car les autres se sont déjà secoués, camarade.

C'est là. C'est bien dit, bien fait, pas mal pensé.

C'est du JF KAhn, dont il est bienvenu en général de se moquer : il écrit trop, trop vite, il pense trop, il extrême-centrise naïvement, il se prend pour le nombril, il est cyclothymique, il, il, il...

N'empêche qu'il dit dans cet entretien à peu près l'essentiel de ce que les éditeurs des "journaux payants" n'ont pas fait jusqu'à maintenant (y compris lui, pour partie). Ce mec reste rafraichissant.

mardi 1 janvier 2008

J viens de terminer à l'instant les 3 tomes et 1850 pages du Stieg Larsson

Vous voulez mon avis ? Impressionnant !

(bien qu'un peu surfait par moments....) :-)

jeudi 25 octobre 2007

« Vous consentiriez qu’elle y vint ? »

Que j’aime cette langue : brève, acérée, brusque, un peu pète sec. C’est une phrase d’Almaviva s’adressant à son valet Figaro à propos de Suzanne. Le comte est étonné que Figaro semble surmonter sa jalousie. En réalité, le haut personnage n’a rien compris.

Tout tourne dans ce Beaumarchais, que nous sommes allés voir hier soir au Français, autour de ce désir : Almaviva veut se taper Suzanne, et tous les autres vont se liguer contre. Alors même qu’Almaviva finit par s’avouer sa propre indécision. « Si je la voulais vraiment, je la désirerais mille fois moins ! ». Admirable brièveté. Admirable complexité.

lundi 8 octobre 2007

à la bonne heure

Le bonheur vient-il de ces deux mots : la bonne heure? Cela voudrait-il dire qu'il vient toujours à la bonne heure? Le bonheur est-il ponctuel? hé bien oui.

paticpation etc etc au jeu des etc etc

samedi 6 octobre 2007

G R R R R R R

Je n’ai pas de mot. C’est rare. Mais c’est ainsi. Ma colère est au-delà des mots, et je sens que je vais la hurler. Que peut on faire d'ailleurs au delà des mots ? Bredouiller, hurler, grogner, grognasser, gronder --pire : chanter peut être ?

Tiens, marrant, il faudrait que je lui chante à la gueule pour qu'il comprenne enfin ce dont il s'agit. Pour une fois, ne pas rester stupéfait, stupide devant tant de mauvaise foi. (Je me reproche tellement souvent de rester coi ; interdit devant tant d'aplomb).

Puis il a dû comprendre, je suppose, en voyant mon visage qui devait devenir violet de fureur. Et il a lâché ma main. "Je vous félicite". Pauvre con. Tu ferais mieux de te regarder, toi le Sarkochien tout neuf. Demander aux gens leurs papiers avant de les accueillir dans nos foyers d'urgence?. Si je n'ai pas pu loger cette femme et ses deux enfants, c'est juste parce que je n'avais plus de places et que je sais qu'il y en a chez nos voisins d'Emmaüs. Pas parce que j'anticipais les règles nouvelles de la France monocolore. Sale mec.

Et c'est sorti, j'ai commencé par un murmure, proche du grognement de la colère, juste pour commencer à décompresser. Et ils ont repris derrière moi. Et la Marseillaise est devenue, sur l'avenue, le chant d'accueil de ces quelques familles étrangères. Toute la rue s'y est mise. Un chant d'escorte, un chant d'accueil. Nous sommes allés ensemble les accompagner jusqu'au foyer. Il est resté tout seul, dans la nuit qui tombait. Piteux député "du peuple". Haineux au fond. Et moi, et nous en colère. Pour longtemps.

c'était ma participation au jeu jeu jeu des sorcières et Cie, et ce n'était pas, pour ce soir, tout à fait un jeu !

gloup gloup, là, je dis

Je n'ai plus l'habitude de travailler en entendant des sons humains autour de moi depuis que je suis dans ce truc. C'est pourquoi j'ai été surpris par la mélodie qui avait un son plus ou moins humain (humaine, plutôt !). Les sons traversent mal l'eau ; a fortiori le liquide amniotique dans lequel je baigne depuis - combien?- six semaines maintenant. Ca fait partie de la cure ? j'ai crû entendre un bout de Norma, et je me rappelle même avoir cherché à distinguer du Dessay ou du Callas ?

Bon, c'est pas tout ça. Au boulot. Gratter les croûtes de mon crâne avec la main gauche. La droite est encore trop raide. Ensuite vérifier à tâtons si ça cicatrise du côté plexus. Les médecins disaient que je pourrais m'en sortir SI je commençais rapidement à ressentir des trucs dans les terminaisons nerveuses. heu --ça compte l'audition ? Tiens à propos : comment elle est morte Norma ? C'était un message subliminal, ces sons ?

Cest mpartipation (épisodik) au jeu super des sorcières bien-aimées

lundi 3 septembre 2007

leçon de journalisme et recherche de la vérité

J'aime bien ce qu'écrit Schneidermann dans Libération. Dans son dernier papier, du Vendredi 31 Aout, il fait un parallèle pertinent entre Wikipedia et Youtube. Youtube s'en fout de laisser passer de la pornographie ou du nazisme, quitte à effacer à postériori. Wikipedia surveille les erreurs, les corrige, les anticipe car son projet est de s'approcher de la vérité.

Les deux logiques de présence sur le Net sont tellement divergentes que ça en devient une sorte de leçon de journalisme (pas extension).

Je m'étais vaguement empoigné avec l'un de ces brillants entrepreneurs du Net à propos de journalisme. En gros, pour eux, c'est avant tout "ce qui plait". Ca a peu à voir avec la vérité, critère secondaire.

Tiens, un autre gag : le bouquin de Yasmina Reza respire cet énorme mépris que les politiques éprouvent à l'égard des journalistes. Ce sont des parasites. On leur faire avaler ce qu'on veut. Ce sont des fouille merde. Bref, tout ce bestiaire connu...

J'aimerais bien avoir le temps de coller ensemble les différents éléments de Wikipedia qui en font une Entreprise remarquable. y compris la nécessité de l'anonymat et de la gratuité. Encore un domaine critiqué par des neuneus entrepreneurs : la gratuité ? impossible ! CA n'existe pas ! Le béénvolat ? mon oeil. Y en a qui s'en mettent plein les fouilles... etc, etc : tous discours que l'on entend régulièrement sur les logiciels libres.

jeudi 23 août 2007

Magnifique Aubenas : "Putain, cette meuf, elle a des c***" (un raccourci de Libération d'aujourd'hui)

La citation est de Sihem Habchi, portrait en dernière page, à propos de la première fois ou elle avait entendu Fadela Amara. Elle pourrait s'appliquer, je suppose, à Florence Aubenas. La grande, la magnifique Aubenas, on en parle quelques pages avant. Il s'agit d'un article de Philippe Lançon sur un petit bouquin écrit à partir de la fameuse conférence de presse de Florence Aubenas à son arrivée en France, de retour de 5 mois de captivité en Irak.

Je ne lirai sans doute pas ce bouquin ; l'article de Lançon me suffit pour retrouver ce qui avait fait mon admiration à l'époque. Aubenas souriait, racontait, répondait aux questions ; mais tout était dans le ton. Ironique, réservé. Elle racontait, mais comme une farce. Sinistre, mais une farce. Pas d'emphase, infiniment plus que de la pudeur : elle tenait en respect (j'adore cette expression : "tenir en respect" !) et les journalistes, et, je suppose, ses propres cauchemars. Lançon chroniquant le livre de Bégaudeau rappelle qu'on le lui a reproché. Elle aurait dû, je ne sais pas, sangloter, décrire les conditions "atroces", laisser deviner les horreurs, peut être une larme ou deux (involontaires, discrètement essuyées) auraient été bienvenues.

Lançon : "la libération de Florence Aubenas devient une métaphore de la libération de l'Histoire par les femmes". On n'imagine pas un homme capable de ça. Même si, écrit comme ça, c'est un peu court.

Mon autre souvenir à propos d'Aubenas, c'est son audition par la commission parlementaire sur Outreau. Car elle avait repris aussitôt le boulot, comme si de rien n'était, et avait été entendue parce que c'était elle qui avait repris le suivi de l'affaire, après la correspondante de Libération dans le Nord.

Je me rappelle cette seconde admirable leçon de journalisme. Je l'avais résumée trop vite, mais c'était ça, mon idée. On devient un héros (en loccurence : une héroïne) grâce à soi et aux circonstances, les deux indissociables. La fermeté personnelle ne suffit pas ; mais elle devient l'ingrédient efficace, soutenue par une morale, des règles, une idée claire et sobre de son devoir. OUi, il s'agit de devoir.

Tiens au passage, voilà une contribution au débat enchoseur de mouches sur le journalisme citoyen. A mon avis, oui, les citoyens sont capables de contribuer à l'information ; et il faut développer et respecter cette désintermédiation. Mais leur contribution en restera à l'écume des choses. Il faut des Aubenas, des Haydée Sebeyran pour que le journalisme garde sa fonction essentielle : chercher la vérité, s'en approcher et dire.

PS : Lançon ne pense qu'à ça : c'est lui également qui chronique le livre de Yasmina Reza sur Sarko, dans le même Libé. Reza, dit il, "est l'écrivain qu'il fallait à ce président-là : sèche, "burnée", teigneuse...". Bof pour l'adjectif : voilà qui ne s'appliquerait pas à l'admirable Aubenas.

PPS : j'ai mis des C*** dans le titre non par pudeur, mais pour éviter que des robots viennent me faire ch*** sur mon blog... Je ne sais pas si ça suffit, c'est une précaution élémentaire ?

vendredi 6 juillet 2007

Joli, l'enfonçable

Je découvre (un peu en retard) :

"Le voir recommencer ne me gonfle plus : passé les trois "jeme souviens du début de son texte", j'ai abandonné, sachant qu'il dénoncerait des choses dénonçables et enfoncerait des portes enfonçables. Je n'écoute plus"

C'est de qui (minuscule devinette) ? c'est de lui et c'est assez élégant, me semble-t-il, s'agissant du Sarko d'aujourd'hui, et de son ventriloque Guaino, qui est un fieffé réactionnaire.

dimanche 22 octobre 2006

Ca y est, j'ai retrouvé la 3ème raison pour laquelle j’aime Claire Bretecher.

Je l’aimais depuis longtemps, "la Bretèche", comme disent ses copines bien que ne l’ayant croisée qu’une seule fois, et encore de loin, parce qu’elle était très très belle : dans le genre allurée, voyez vous, presque pince sans rire. Je l’aimais aussi pour sa méchanceté : raffinée, bien sûr, toute en douceur et en pattes de velours ; mais quand même on ne pouvait pas se tromper. C’est bien de la méchanceté qu’il y avait dans Docteur Ventouse, bobologue, ou dans Les frustrés, ou même dans Agrippine parce que j’ai eu le modèle à la maison. Et enfin la 3ème raison est qu’elle avait répondu un jour à l’une de ces enquêtes stupides sur « quel est votre bouquin préféré ? » (je me rappelle que c’était « La Rage de lire » et que j’avais lu ça dans le métro) : elle avait répondu « L’extravagante Mademoiselle Troll ».

Ah, ce si beau roman d’amour et d’aventure (avec une importante digression de nature toute personnelle, mais qui s’insère admirablement dans l’action et la corrobore). Dès lors, je me suis dit que j’aimais Claire Brétecher définitivement. Même si c’était sans retour.

dimanche 10 septembre 2006

Ferney déception

Fermé "Les Autres" d’Alice Ferney. Tiens, c’est elle l’invitée de Libération d’hier Samedi. Elle écrit d’assez jolies choses sur les auteurs qu’elle aime : ils doivent « faire quelque chose » dans la vie sinon (ma supposition ?) ils n’ont rien à dire ?

Je n’ai pas aimé son dernier livre, qui m’est tombé des mains avant la fin. Du raffinement qui tombe dans le maniérisme. Un univers trop clos et minuscule (la soirée « jeu de la vérité » entre quelques jeunes gens + la mère de deux d’entre eux …). Des tics d’écriture qui deviennent procédé, alors qu’en matière de raffinement des sentiments j’avais beaucoup aimé son avant dernier (celui dans lequel il y a cette fameuse « voix d’alcôve » qui nous sert depuis, mon amour de ma vie et moi même, de clin d’œil intime). Et une méchanceté dans laquelle on a peine à croire. Ferney, méchante ? elle voudrait bien, mais non. Et sa semaine dans Libération le confirme. Elle est « sérieuse ». Comment se prétendre méchante ?

lundi 3 avril 2006

débordédeboulot - 2

mais quand même :

Ce qu'il y a de bien avec Proust, c'est que sa cathédrale de prose a la vertu secrète que peu lui disputent (Cervantès, Shakespeare, Joyce) de susciter des commentaires pour quelques siècles au moins.

(il a fallu que je relise 3 fois avant de comprendre)J'aime le blog de Pierre Assouline, et à le lire, j'aimerais passer tout mon temps à lire, au lieu de ne lire qu'avant l'aube dans mon bain.

(zavez vu : un titre en un seul mot. Chuis vraiment débordé)

samedi 1 avril 2006

Evidemment, faut bien que je nombrilise une fois de temps à autres, sinon ce serait pas un VRAI blog icitte

Une jolie "théorie" des blogs --ou classification :

There are three types of blogs:

Thinkers, where there is a lot of original content created

Linkers, where there is a lot of original content pointed to



Stinkers, where neither of these takes place

I sense there is a “right thinker-linker ratio which will aid and catalyse co-creation of content through comment and “snowballing. Too much T and it’s all too theoretical. Too much L and it’s a news service. And there’s never a good reason for any S.

j'aime bien la distinction entre les 3, mais "so what?", comme on dit dans ces cas là. Que fait-on après ? ça sert à quoi ? à définir ce qu'on aime bien ? bon d'accord. Bof.

c'est ici, merci Benoitdemi et son commentaire d'hier

lundi 27 mars 2006

Pour Madeleine, 7 ans (et pas pour Samantha, Ante cinq ans)

un Billet de Méthode.

Ma fille, t'as intérêt à obéir.

je vous le remets si vous avez la flemme d'aller voir, et une connec aussi chiante que la mienne :

Writing for Busy People Back when I was in University, many of the lecturers stressed time and time again the importance of succinct, well organized writing. They said over and over that this was the best way to have your thoughts read and understood by decision makers. In fact, they scared us by saying that 70% of us would become managers sooner or later!

Well, I can tell you that's sage advice. It's great when people make contributions in the form of ideas and proposals, but it's even better when they're written for busy people. Here are some examples:

Making important points up front Clear taxonomy of headings, and lots of them Writing clearly and succinctly No long, unbroken paragraphs or tracts of text. Preferring bulleted lists with clear points to paragraphs. Use of emphasis in formatting to make important things clear

These days, I find I don't have a lot of time to read everything carefully, so the better structured a document is, the more I get out of it. I frequently find I miss entire subsections or points of documents, even when there's relatively little text, because of incomplete organization. My eyes definitely glaze over when i see a large block of unbroken text with few headings. At the very least, it'd be very helpful if folk would structure their thoughts into: "Problem" and "Proposed Solution".

Before you post, stop and think if you've written something in a way that'll allow others to get the most out of it. Communicating your ideas effectively means you may get a clearer and quicker response from other people.

mercredi 15 mars 2006

résumé de Haydée Saberan l'admirable

Le témoignage de la journaliste de Libération, correspondante à Lille à l'époque, devant la commission Outreau, dans Libération de ce matin.

Hélas, on ne garde pas toutes les scories, les détails, l'ambiance du témoignage oral, qui montre les difficultés, les scrupules, toute cette minutie quotidienne en quoi consiste le vrai métier.

J'admire cette journaliste. Elle, elle représente bien ces soutiers de l'info, inconnus, bosseurs, rigides, et qui font (encore pour quelques temps?) de la presse écrite un pilier indispensable de la démocratie.

mardi 14 mars 2006

Admirable Haydée - de quoi se réconcilier avec le métier de journaliste

C'était un quart d'heure grandiose, magnifique et plat dans le ton, autour de 20 h 45, en direct de la commission Outreau. Avant Florence Aubenas passait la correspondante de Libération dans le Nord au moment ou débutait "l'affaire". Un factuel, un sérieux, une fermeté. Et tous ces ingrédients impossibles : "ma rédac' m'appelle à 12 h, je lâche mon enquête, il fallait aller sur place et rendre 4 feuillets à 20 h". Les infos croisées, vérifiées revérifiées. 2h de route pour écrire son papier "on avait pas de portables à l'époque". Et la dernière confirmation, au téléphone, d'un parking d'autoroute.

Elle a fait les 5 premiers papiers. Elle dit, comme pour se faire pardonner une erreur : "les services sociaux, pour moi, ce sont des gens de confiance. Ils protègent les enfants". Mais une fois qu'elle a eu contrôlé ce que lui disait "un cadre haut placé" de la DDASS, elle plonge dans l'erreur. Puis elle a entendu de telles horreurs qu'elle a dit à sa rédaction : j'arrète.

Florence Aubenas enchaîne derrière : à Libération, on a le droit de faire ça. Quelqu'un qui n'en peut plus, quelqu'un qui a peur, on lui dit : rentre.

samedi 4 mars 2006

Philippe Muray est mort. J'attends avec intéret les hommages de Houellebec Dantec et Levy (Elisabeth evidemment)

Muray né en 1945 et, grand fumeur, est mort d’un cancer du poumon début mars. Une façon pour lui de confirmer l’absurdité et le drame ? je n’arrive pas à comprendre la séduction qu’il exerçait sur de beaux esprits, y compris ma thésarde préférée : raison pour laquelle j’ai lu attentivement son dernier bouquin « Festivus Festivus », un livre de dialogues avec Élisabeth Lévy. C’est d’ailleurs le seul que j’ai lu vraiment.

Même avec l’inévitable mise en perspective de sa mort, je n’arrive pas à comprendre. Pour moi, c’est un recueil de lieux communs de la réaction et même du conservatisme bébête. Contre Delanoé, contre Paris-plage, contre la limitation de la bagnole à Paris, contre les rollers, contre les bobos, contre le théâtre de rue, contre les américains en Irak, pour la réalité du suaire de Turin, contre la mondialisation, pour la corrida, contre la fête de la musique, etc etc.

C’est rigolo à quel point Festivus est composé comme une succession de conversations au troquet du coin : Lévy lui sert la soupe sur tous les thèmes du jour, dans le genre : « ah, mon pauv monsieur, tous nuls, tous consternants »… Elle qui se fait une réputation pas trop fatigante de liberté de ton, de goût pour la polémique et de redresseuse de torts !

« ce devant quoi notre société se prosterne nous dit ce qu’elle est » : sa formule citée par Le Monde dans sa nécro d’aujourd’hui (LM daté du 5 et 6 mars) est jolie et peut constituer l’axe d’une œuvre de polémiste : hélas, il en est loin --ou alors la polémique a perdu ses dents ! Si l’on appelle prosternation le goût de la futilité et de quelques autres menues choses festives, il n’y a pas de quoi faire des centaines de pages : or il en a fait de milliers, toujours sur les mêmes thèmes. Et ceci reste vrai même dans sa position de satiriste, c'est à dire qui n’a pas à proposer quoi que ce soit en échange ; qui se contente de tendre le miroir et de ricaner. La réponse à Muray, je suppose que c’est « so what ? ». Et après ? Après ? rien. Et on continue à vivre. Ce qui est la preuve radicale de cette futilité : elle ne débouche sur rien.

Il était copain avec Houellebec et Dantec, mais il lui manquait la magie du styel du premier, et l'ampleur des visions du second.

Et puis bof pour tout son coté jeux de mots faciles, à-peu-près, pirouettes, y compris la mauvais goût de la comparaison. Festivus, page 197 :

« je crois me souvenir qu’il existe un film de propagande qui s’intitule « Hitler offre une ville aux juifs ». Les media aux ordres, dès le lendemain de l’inauguration du concept Paris Plage, ont battu des mains et sauté en l’air, et leurs discours auraient pu très bien se condenser en cette bonne nouvelle : Delanoé offre une plage aux touristes… »

Et il les envoie ensuite au four crématoire ? Quel con !

(il fait évidemment allusion à l’histoire atroce de Theresienstadt, vitrine et village Potemkine du nazisme, ou de nombreux juifs ont été parqués dans une apparence de calme, validé par la Croix rouge, avant d’être expédiés comme les autres dans les camps d’extermination. Quelle belle allusion ! On peut être polémiste et faire quand même attention aux comparaisons, me semble-t-il)

Mathésarde chérie, t'as intéret à t'expliquer !

MàJ : Tiens très drôle ! 10 mn après avoir fini ce billet je découvre la nécro de Ph Bilger sur son blog. L'exact contraire de mon papier ci dessus. Ca me rassure.

mardi 28 février 2006

"Les Craponnards sont de rudes paysans qui parlent encore le bavrochon"

"Les Craponnards sont de rudes paysans qui parlent encore le bavrochon, un patois guttural. Rugueux et taciturne au premier abord, le Craponnard, lorsqu'on le connait mieux, sait se montrer parfaitement égal à lui même"

C'est la première note au bas de la page 12. Je sens que je vais bien m'amuser. Un livre acheté à l'instant, parce que c'était le seul qui tombait sous la main et faisait 111 pages. Les autres sont vraiment trop épais : au poids, on sent qu'ils ont été bâclés. De là à ce qu'ils soient superflus....

MàJ : finalement déception. C'est une plaisanterie de potache un peu lourde de Pierre Jourde dont il s'agit, alors que j'avais beaucoup apprécié ses bouquins de critique littéraire et ses pamphlets.

deux détails : note 28, page 59, après avoir écrit qu'ils "se contentent de ce genre d'ersatz", le renvoi en bas de page est : "à l'ersatz,lorsque l'on n'en dispose pas, peut aisément se substituer un succédané"

ne me demandez pas pourquoi je trouve ça très drôle : je serais incapable de vous l'expliquer !

Et cette recette pour l'été : "Herureusement, Fernand et Léon connaissaient les mouches par leurs prénoms. Dés l'aube, ils ouvraient grandes les fenètres et la porte. Ils s'asseyent de chaque coté de la table et commencent à appeler, tout haut, chaque mouche une par une. La mouche, qui n'a pas l'habitude, accourt aussitôt, tourne prudemment dans la pièce en se demandant qui l'a appelée. Il suffit alors de murmurer une petite histoire pour mouche, tout doucement. La mouche se pose pour écouter, plus à l'aise, et vlac, on l'écrase. Fernand rayse son nom de la liste des mouches", etc.

Complètement idiot, non ?

je ne vous donne même pas le titre du livre tellement il est raté.

jeudi 26 janvier 2006

Rickyel, Desforges et "la bretèche", comme elles disent

Passant dans une librairie, j'ai feuilleté un très joli livre de correspondance entre Sonya Rickyel et Régine Desforges, publié, disent-elles, à la demande de Claire Brétecher, qui y a mis quelques dessins. Impression (pourquoi?) à le lire que c'est un vrai soulagement : enfin, la vieillesse. Enfin ! On a le droit d'être fatiguées, on prend notre temps.

(je suppose qu'elles seraient furieuses toutes les deux si elles lisaient ça !)

jeudi 19 janvier 2006

deux ou trois règles médiatiques des nano-publications à propos d'un "proviseur révoqué"

1 - si vous tapez "proviseur" dans Google à 23 h 40, les trois premières réponses vous envoient vers le traitement de l'histoire Garfieldd, puis le 5è et le 7è (les 3 premiers sur generation-nt.com/actualites/11307, sur lefigaro.fr/societe/20060117.FIG0062.html?202453, et sur travaillerensemble.blog.lemonde.fr/ travaillerensemble/2006/01/

(François granger l'a repéré à la 13 è place sur TEchnorati)

2 - si vous tapez "Garfieldd" : les 23 premiers (sur 75 000 environ) ; ce qui parait logique puisque cette orthographe est "rare"

3 - à 23 h 19, Laurent a listé 179 blogs "ils en parlent" (depuis hier, mercredi)

4 - Il y a un truc à écrire sur "coeur de cible" : les nano-publications ont un impact immédiat et énorme car :

- elles s'adressent au coeur de cible qui fait l'opinion : les leaders (allez : mini-leaders !) d'opinion, chacun dans leurs cercles professionnels respectifs

- elles sont auto-alimentées par des lecteurs capables de devenir producteurs d'info et d'opinion, d'une heure à l'autre, et d'entrer dans des raisonnements, des démonstrations assez sophistiqués.

5 - ça fait "peur" dès maintenant, car on est dans l'exact contraire de l'apathie des lecteurs de journaux (je n'évoque même pas les gens qui "regardent le JT", ou "le 20 heures" ; a fortiori, qui lisent machinalement ces journaux gratuits que je n'aime pas).

6 - donc, coté vieux media, on n'est plus dans le "je veux interviewer le ministre parce que j'ai 600 000 lecteurs par jour", c'est, coté nano-publication : "nous voulons que le ministre change d'opinion et de décision parce que nous sommes 500, mais les 500 dont l'opinion compte pour la suite de sa carrière"

7 - Donc on est un media et un lobby (provisoire) en même temps. Qui ne peut servir qu'en cas de crise grave : on est dans l'expression brute d'une réaction "sur les principes", et pas sur le cas particulier.

Je parle bien de nano-publication sur des sujets grand public, évidemment pas de micro-presse professionnelle : la lettre confidentielle des CeciCela, qui, statutairement, n'interesse que quelques centaines de personnes : c'est un tout autre "support" media.

Grand public : à cet égard, je remarque qu'il y a très peu de commentaires sur le fond : sur l'opinion qu'ont les uns et les autres de la possibilité pour un proviseur d'être gay et de le faire savoir plus ou moins publiquement. En revanche, tout le monde se lève comme un seul homme sur les deux thèmes fédérateurs :

- la sanction est disproportionnée

- et le traitement media est injuste et incompétent (ça, ça vise Libération)

J'en conclus que "nano-publier", c'st une arme à ne pas utiliser trop souvent ; et surtout que les thèmes sur lesquels ça "cristallise" (comme aurait dit Stendhal s'il était là) sont sans doute peu nombreux...

Mais en même temps, on s'en fout, puisque ça ne coute rien à personne, sauf le temps et l'énergie qu'on y a mis.

Bref, c'est bien ce que je disais en commençant : il y a un truc à écrire sur la fonction spécifique des nano-publications : c'est à dire un partie de la fonction sociale des blogs.

Mais là, il est tard, et je vais dormir ! (et le couscous était somptueux)

MàJ : voir le majestueux raisonnement du proff de droit. Un sentiment d'irréalité, mais le tout est rigolo !

mercredi 18 janvier 2006

le neu neu Hufnagel - suite (ce mec est complètement à la masse !)

suite de mon echange avec Hufnagel, rédac chef de l'édition électronique de Libération :

A mon mail ci dessous, il répond :

"Votre réponse n'est pas pertinente. Un lecteur qui arrive sur un site le lit et vous ne savez pas ce qu'il est a retenu. Si vous parliez à votre sdf, peut-être qu'il n'éructerait plus de saloperies. On ne vas pas discuter très longtemps surtout si écrivez sur le blog que je suis nuisible. J'appelle ça de la diffamation et il y a des lois pour ça. PS: on publie un rectif sur les keywords".

Ce à quoi j'évidemment réponds :

"On ne va pas discuter très longtemps, en effet.

1 - Jamais je n'ai écrit l'adjectif "nuisible"

(si c'est comme ça que vous concevez l'exactitude qui fait l'essentiel de votre métier, bravo)

2 - Je parle AVEC mon sdf : c'est hors sujet ; c'était ce qui s'appelle "un exemple" ; vous n'avez pas saisi : tant pis !

(Il s'agissait de montrer, dans le cas de Garfield, que des pauvres types qui baladent sur la toile des mots-clés absurdes et/ou dégueulasses ne font pas partie des "lecteurs" volontaires d'un blog : c'est clair, oui ou non ? D'ailleurs vous avez rectifié depuis : bravo. Vous avez dû comprendre quelque chose, vaguement)

3 - Vous ne connaissez rien à la diffamation. Dommage, car cela pourrait vous rendre service. Mon appréciation à votre égard relève plutôt de "l'injure publique", qui est un autre délit, à partir du moment ou je publie cette appréciation : par exemple sur mon blog, avec renvoi vers des blogs amis.

4 - ce que je vais m'empresser de faire, en vous faisant connaître cette appréciation : je crains que vous ne soyez un sale petit bonhomme incompétent et de mauvaise foi. Donc, si vous tenez vraiment à l'adjectif, je vous l'emprunte : nuisible dans un journal comme Libération.

(copie : direction de la rédaction de Libération)"

(au passage, après mon premier mail de ce matin, je lui en avais envoyé un autre que voici :

"Oubli : j'ai été journaliste pendant 25 ans, y compris à Libération ; donc sur la pratique professionnelle, ca va".

Peut être que ça l'a énervé ?

En plus d'être neu neu, il est assez ignorant ce mec ! Me menacer en plus ! Je rêve !

Non, je ne prends pas le rectif paru dans la journée pour un succès. Le papier initial n'était pas mauvais, sauf le passage sur les citations. On voyait que le journaliste avait pris la peine d'interroger, de nuancer, de prendre en compte, etc. Mais la réaction a été typique grand média : comment? ces petits cons de blogueurs essaient de nous faire la leçon ? non mais, nous on est la presse, la GGGrande PPPResse. On ne nous donne pas de leçon. On connait notre métier.

Hé bé, mon petit Hufnagel, tu le connais pas bien ton métier. Et tu as besoin de quelques leçons, que tu aurais interet à écouter.

le neu neu Hufnagel

pas la peine de revenir sur les épisodes précédents. J'envoie ceci à la direction de la rédaction de lIbération ce matin :

>Je viens de lire le commentaire du rédac chef de Libé en ligne sur Embruns. Ma réaction : "On hésite devant la mauvaise foi, mais, Monsieur Johan Hufnagel, l'explication de Guillermito est claire, non? Vous attribuez aux LECTEURS d'un site les propos de pauvres types qui errent sur la toile. Donc vous entretenez la confusion : si ces sont des LECTEURS, ce sont des familiers ; donc ce site est un site de pornographes. > >Vous avez compris, ou il faut vous le refaire ?"

Hufnagel me répond :

"De : Johan Hufnagel mailto:j.hufnagel@liberation.fr Envoyé : mercredi 18 janvier 2006 12:10 À : by way of directionredaction Objet : Re: Article de mauvaise foi sur un blogueur

"Oui, je sais, nous avons des lecteurs comme ça. Ils sont des lecteurs. Que vous le vouliez ou non".

ma réponse :

> "Votre réponse n'est pas pertinente. Je croise tous les matins un SDF près de chez moi qui éructe des saloperies. Si vous me croisez dans la rue et l'entendez parler, en conclurez-vous que MON AMI le SDF dialogue avec moi ? "

bon, bin ce mec est un peu con, et puis voilà.

Pour en savoir plus : lire ici (chapeau, l'avocat Eolas. Quel talent !)

mardi 17 janvier 2006

Proviseur révoqué

On en a parlé à mots couverts. Maintenant "tout le monde" des blogs est au courant. La GGGGrande PPPresse n'a pas l'air de s'y interesser. Je suis mal à l'aise pour en juger (ce que j'ai déjà écrit). Chez qui il est, le débat ?

(c'est dans la rubrique EEEcrire, car c'est l'un des risques d'EEEEcrire...)

MàJ : un très vrai et beau plaidoyer de Kozlika, mère de famille scandalisée.

mise à jour : GGGros CCConards de Libération en ligne ! C'est vraiment l'ignominie journalistique !

(via

Laurent et Dangereuse Trilingue)

Un passage de l'exaspérant Philippe Muray, qui fait le malin, mais qui ressemble à un vieux grognon

C'est dans Festivus festivus, page 293 ed Fayard 2005, mais cette conversation avec Elisabeth Levy (qui, elle cultive le scrogneugneu) date de mars 2003 :

"Les romains imposaient une civilisation aux peuples qu’ils avaient conquis là où les américains veulent imposer un style de vie dont ils ne voient pas qu’il se partage entre l’horrible, le désolé et le grotesque. Rumsfeld vient de dire que la guerre au terrorisme ne s’arrêtera que le jour ou « plus personne ne songera à attaquer le mode de vie américain » (va-t-on devoir par décret l’aimer ?), et il semble que rien ne paraît plus beau ni plus juste à un grande partie des américains que ce mode de vie résumé dans la figure de l’obèse, en même temps exsangue et écrasant, écrasant parce qu’exsangue, et ressuscitant par son énormité spectaculaire une autre figure plusou moins romaine d’ailleurs : celle de l’eunuque".

Ce type est exaspérant. Bien sûr, il dit (et écrit) ici et de temps à autres des trucs qui font leur petit Céline, leur brave Bernanos, éventuellement leur Léon Bloy contemporain. Mais sur le volume, son coté vieux con ronchon domine tout. Dommage.

mardi 10 janvier 2006

Saisi au vol, trois phrases de Catherine Clément, cette plantureuse heureuse.

1 « les attaques contre Freud sont affreusement vulgaires. Vous remarquerez au passage qu’il y a très peu de femmes parmi les attaquants »

2 « mon livre ? oui c’est une lettre d’amour à Freud. Il est temps de l’aimer à nouveau. En plus, j’aime pas qu’on s’attaque aux ptits vieux. Surtout quant ils peuvent pas se défendre »

(elle fait clairement allusion au « Livre noir » de la psycha-machin, que je n’ai pas lu, mais qui m’a l’air de mélanger, en effet, les arguments recevables et la haine stupide…)

3 « Freud, pour moi, c’est l’apprentissage de la liberté. C’est surtout vrai pour les femmes »

J’aime bien Catherine Clément, je veux dire par là que, éventuellement, j‘écoute quand je l’entends, ou je lis quand je vois son nom, parce que, d’abord, elle a vécu longtemps en Inde, c’est une bonne raison, et aussi parce que elle s’est frittée avec Tobie Nathan. Elle l’a même invité dans sa maison à la campagne pour écrire un livre de dialogue avec lui. Le livre est assez beau, pas tout à fait assez, Catherine, ma chérie, si tu me lis ; mais mon immense admiration pour Nathan me rend indulgent. Je te pardonne : il avait besoin d’un punching ball…

(pour les quelques enfants égarés sur ce blog, je précise, google est pas fait pour les chiens, que Tobie Nathan a écrit 2 – 3 romans noirs de chez noir, et surtout qu’il a succédé à Paris 8 à George Devereux , créateur de l’ethno-psychiatrie en France)

(si vous n'avez pas vu-lu le roman-film SarakaBo ("ou sont les offrandes?"), vous devriez !)

lundi 2 janvier 2006

Le coup de fil ou on dit : "Alors ?"

On appelle, et on dit : "Alors ?" --peut être même : "Alors...! ? ! ?". Et évidemment elle démarre sur son dernier souci en supposant que c’était à cela que l’on faisait allusion (« Alors ? »).

Et puis on écoute. Et puis, c'est normal, on dit « Ah oui ? » - « Alleeez ! ! » - "Oh ? vraiment ? » - « Nooooonnn !  ! ! !»

Et puis elle découvre peu à peu que, non, on ne pensait à rien de spécial en téléphonant. On disait juste « Alors ? » pour prendre des nouvelles. Juste des nouvelles comme ça. Pas des nouvelles urgentes, précises, dramatiques de sa toute dernière histoire dramatique.

Alors elle est un peu déçue, évidemment. Tu as pas suivi. Tu pensais pas à moi. Pourtant, rappelle toi, Mardi dernier, je t’ai dit : je la vois Vendredi, et après j’ai deux jours pour me décider. Tu vois.

vendredi 30 décembre 2005

Médor, c'est le nom de la brosse à dents

Cest lhistoire de Robinson perdu sur son île qui demande à Vendredi :

– Elle mesure combien celle de celui qui a la plus grosse du monde a ton avis ? Et Vendredi de lui répondre :

– Ben, on n'a qu'à comparer tous les deux, pardi !

Je me rappelle encore mon père me racontant cette histoire, censée, dans son esprit, je suppose, avoir une fonction déniaisante. Ça n’avait pas du tout marché. Je n’avais rien compris. Je n’interprétais même pas son air légèrement égrillard. Je cherchais quelle chose serait si unique, et en même temps leur serait si indispensable qu’ils seraient sûrs tous deux d’en être les détenteurs –la seule comparaison au monde, c’est entre toi et moi ; donc les autres ne comptent même pas !

Donc j’avais quitté mon père déconfit ; et je me rends compte à quel point il a dû ressentir cette gène inévitable quand on décèle sa propre faute de goût dans le regard d’un enfant (en l’occurrence d’un adolescent, mais ça marche quand même).

C’est en me rappelant cette histoire que j’ai adoré, vingt ans plus tard, la réaction de ma fille Jeanne qui, à sa façon très buttée, n’avait aucun sens de l’humour. Elle était juste logique, et cherchait honnêtement à comprendre ce qu’on lui disait. Ceci à 8 ans révolus. On a raconté devant elle l’histoire du fou, vous la connaissez, qui répond au directeur de l’hôpital : « mais non ce n’est pas mon chien : vous voyez ben que c’est une brosse à dents ». Puis qui ajoute, le directeur éloigné : « t’as vu Médor : on l’a bien eu ».

Les adolescents avaient éclaté de rire, et Jeanne était restée sérieuse, avant de devenir furieuse : cette histoire lui résistait. Et comme cette enfant, je vous l’ai dit, était profondément honnète, elle voulait trouver la solution, ce-qu’il-y-avait-de-drôle, toute seule…

Puis dans un éclair, son « Ah oui, Médor, c’est le nom de la brosse à dents ! » a déclenché de nouveaux rires et, bien sûr, sa fureur.

Hé bien, je résistais de la même façon à l’histoire de mon père. Je n'ai toujours pas décidé qui était ou ce qu'était "celle de celui". Sa femme ? Sa copine ? La hache pour abattre les arbres? La tasse à thé ? La liane pour descendre sur la plage le matin, pour prendre le bain ? La hutte ? La chevelure?

Non, je colle !

(oubli : ceci est bien entendu et comme les jours précédents, ma contribution au jeu du sablier de Kozlika la reine des fées)

jeudi 29 décembre 2005

Choses Bizarres

Il m’arrive souvent des choses bizarres. En ce moment ce sont des petits coups de malchance. Le magnétoscope qui change les canaux, mon disque dur qui se met en grève...

Plus troublant, il y a quelques années, j’ai vu un OVNI ! Évidemment, j’ai assez vite arrêté de m’en vanter, vu les réactions. Mais quand j’entre dans des périodes comme celle ci, je me rappelle avec bonheur combien la vie me paraissait simple quand je ne voyais que des soucoupes volantes. Et que mon disque dur tenait le coup.

C'était ma participation au jeu favori de Kozlika, cet ange de douceur et de mansuétude.

Les journaux payants, c'est comme ça que ça devrait marcher (auto-hommage au titre de mon blog)

Je lis avec grand plaisir la dernière page de L'ordinateur individuel daté de Janvier 2006. Un édito de Bernard Montelh, avec un argumentaire précis, plat, factuel, concret, exact, modeste ; en bref : exemplaire.

(En gros, mais lisez-le, il dit que les produtis "testés" qui paraissent dans l'OI sont vraiment testés. Alors que ceux "testés" dans le Nouvel obs ou dans Le Point sont tout au plus des "coups de coeur"... )

J'aime bien l'idée de payer un journal, et que nous soyons nombreux à le faire, afin que le journal en question nous rende le service que nous lui demandons ; et le fasse honnètement, car c'est coûteux, mais qu'il est payé pour le faire. Point.

Je ne crois pas qu'il y ait tant que ça de naïveté dans une telle position. Le mépris implicite et de plus en plus explicite des lecteurs à l'égard de leurs journaux résulte de ce bâclage, de cette complaisance qu'il y reniflent, sans même aller jusqu'à la corruption explicite.

Pour moi, les 700 000 lecteurs (?) de 20 minutes ne sont pas vraiment des lecteurs.. C'est normal, puisque ce n'est pas vraiment un journal.

mercredi 28 décembre 2005

Attention : on ne fournit pas les tomates

Je ne serai pas là cette semaine, je dois assister à un séminaire de recherche clinique sur les mutations et les remplacements synaptiques chez les intellectuels.

Pour la première fois au monde, nous allons pouvoir examiner en temps réel les modifications neurobiologiques induites dans l'hémisphère gauche chez un philosophe par l'écoute d'un album de Lorie.

Le responsable du laboratoire qui m’a invité insiste sur le caractère fortement innovant de l’expérience, et ceci à plusieurs titres :

i) Contrairement à la fameuse expérience "Experimental demonstration of the tomatotopic organization in the Soprano (Cantatrix Sopranica L.)", menée au Laboratoire de physiologie, Faculté de médecine Saint-Antoine, Paris, France par Georges Perec, on ne fournira pas de tomates ;

ii) Dans notre cas, la fameuse « réaction yellante » observée par M. Perec et son équipe pourront faire partie du recueil des données, puisque l’auteure de l’influx a accepté d’être présente pendant l’expérience. On ne travaillera pas sur une population aussi importante que dans le premier cas. Pour mémoire, rappelons les données de l’expérience Perec : "Experiments were carried out on 107 female healthy Sopranoes (Cantatrix sopranica L.) furnished by the Conservatoire national de Musique, and weighing 94-124 kg (mean weight: 101 kg)".

iii) Il s’agit de réfuter une bonne part des certitudes acquises dans le domaine (Rappelons que les trois références essentielles restent : Donen, S. & Kelly, G. Singing in the brain. Los Angeles, M.G.M. Inc. Press. 1956 ; Sinon, E., Evero, I & Ben Trovato, A. Psychopathological description of La Furia di Caruso (in italian). Folia clin. oto-rhinolaryngol., Foum Tataouine 6, 362-363, 1948. (Quoted by Hun & Deu, 1960); Sturm, U. & Drang, F. Musikalische Katastrophe. Berlin, W. de Gruyter, 1973). Le responsable du laboratoire espère établir un futur “théorème de Lory‿, qui pourrait se résumer ainsi : « plus t’écoutes, plus t’es con ». Mais l’intensité du lien causal dépend entièrement du philosophe volontaire pour l’expérience.

C’est pourquoi avant de rejoindre ce séminaire, j’aimerais que vous me confirmiez la participation, sur une base entièrement volontaire et bénévole, au titre de philosophe, de M. Renaud Donnedieu de Vabres.

Ceci est ma participation au jeu magique de la magique Kozlika : c'est là

mardi 27 décembre 2005

Elle était entrée dans la petite échoppe du vieil indien

Elle était entrée dans la petite échoppe du vieil indien qui vend des cigarettes de l'autre côté de la route à l'endroit précis où commence la réserve juste en face du "diner" de banlieue où elle travaillait comme serveuse et c'est là qu'elle l'avait rencontré…Il ne s’était rien passé, contrairement à ce que son père continuait de croire trente ans plus tard. Elle avait juste compris en un instant que c’était cuit pour sa tribu. Il était ainsi. Il réunissait, dès le premier coup d’œil, tout ce qu’elle haïssait, sans pouvoir s’y opposer chez les blancs-blancs. Ce coté riche, clinquant, vulgaire. Ce coté « j’y comprends rien mais je fonce ». Ce coté t’as vu ma gueule ?. Ce coté d’accord, mais les vrais gens, est-ce qu’ils vont vraiment s’y opposer ?. Ce coté ouais, j’ai bien connu les radicaux ; pitoyables, hein ?.

Avec les pouvoirs qu’on lui avait confié, avec ses connections au sein des grandes compagnies, c’était joué. L’alcoolisme serait réservé aux indiens, financé par les bénéfices des casinos. Et la terre serait grignotée par les grandes compagnies, à l’aide d’indiens de paille. Elle, elle était partie assez vite. Mais même devenue avocate des indiens perdus, son père continuait de croire que c’était de cette rencontre chez le vieux que datait son amour et sa haine des blancs-blancs. Rien à voir, continuait-elle d’affirmer. J’ai le devoir de défendre tout le monde, y compris mes frères, y compris les plus stupides d’entre eux, y compris les alcooliques.

Ceci est ma contribution au Sablier J -5 de la fée de luxe.

lundi 26 décembre 2005

Longtemps je me suis trompé de bonheur (mais ça va s’arranger) : voir Le Monde, page 13, le cartouche en bas à gauche

Par une réduction de sens, par un mécanisme de volatilisation on finit par réduire les allusions à rien du tout. Avez vous noté ce cartouche dans le portrait de Patrick Ricard, personnage profondément inintéressant, par Le Monde de ce soir, page 13 ?. « Longtemps (tilt !) je suis allé voir papa pour lui raconter ce que je faisais ». C’est Patrick Ricard, le fils, qui parle de papa, Paul Ricard. On peut tout soupçonner de la part des petites mains du Monde, celles qui font les cartouches, y compris d’être cultivés. Et d’avoir distingué dans cet exergue un « longtemps » mécanique, allusif, et qui racontait quelque chose de tellement antinomique de la phrase d’attaque du Coté de chez Swann, qu’ils / elles ont dû être pris(es) de fou-rire !

C’est donc à ces petites mains, si elles existent encore, que je dédie le titre ci dessus. Qui appartient aux rigolos d’Echolaliste, qui ont généré des phrases aléatoire à partir de la structure de la fameuse phrase d’attaque. Beaucoup sont médiocres, mais celle ci est particulièrement élégante. Elle pourrait presque illustrer les dérapages de Marcel himself. C’est vrai qu’il a passé son temps à « se tromper de bonheur », me semble t il…

Coder les Yaourts, un side effect de la DAD-VaZy

Ce matin, j'ai été réveillé par la gardienne qui glissait sous ma porte le courrier de samedi. Je suis allé le récupérer encore un peu endormi. L'une des trois enveloppes n'avait pas réussi à passer sous la porte. J'ai tout de suite reconnu le format d'un CD. J'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un nouveau cadeau de Jules qui, adorablement, m'envoie de temps à autre un enregistrement original. Je me trompais : c’était une copie. Jules avait décidé de tester sur moi (pourquoi moi ?) sa campagne contre la DADVSI : il a codé un truc qui, sous l’enregistrement de Dario Moreno, copié parce que tombé dans le domaine public, émet des infra sons.

L’idée est de troubler ainsi la petite vie tranquille de tous les processeurs qui stationnent à moins de 45 mètre du Dario trafiqué. Selon le type d’appareils dans lesquels ils sont inclus, ils se mettent à se comporter de façons imprévisibles. Par exemple, l’ordinateur portable devient sans s’en rendre compte un émetteur P3P (plus besoin de serveurs, plus de poursuites). Le grille pain se transforme en mitrailleuse, et le système auto-remplissage du frigo se met à effacer les marques des emballages des trucs à manger qu’il stocke. Du coup, on apprend que l’on mange du vrai, du moyennement vrai, du tocard ou du merdique yaourt ; mais on ignore si c’est du Bridélice, du Nestlé, du Danone ou du Savoyard. Tant mieux, c’est délicieux.

Les deux autres enveloppes ne contenaient rien d’important. Dans l’une, on concluait « ….nous sommes au regret de devoir suspendre avec effet immédiat (…. ) sans préjudice du rappel des allocations servies entre le mois de Février 1998 et Novembre 2005 (…) », et c’était signé Assedic. L’autre contenait ce fameux billet d’avion que j’avais gagné à une loterie réservée aux Intermittents Structurels. L’Incentive à laquelle j’étais invité devrait décider dans quelques jours si nous poursuivons Microsoft devant une cour américaine ou devant la Cour de justice des communautés européennes pour abus de position dominante, entrave à la libre concurrence et publicité mensongère. Ca fait une énorme différence sur le montant des dommages et intérêts ; donc mes copains-pines et moi passons une quinzaine sous les palmiers avant de prendre cette dure décision. L’adorable Jules ne vient pas. En Geek accompli, il préfère continuer à coder son VINCI- VACI, non : DD-VaZy.

Ceci est ma contribution au Sablier du 27 décembre, le jeu de la grandissime fée Kozlila, que voilà.

lundi 28 novembre 2005

L'exote doit être l'ancêtre de l'extime --du moins je suppose ! ?

Je viens d'entamer les 1000 pages de "Indochine, un rêve d'Asie", un recueil de romans et nouvelles écrites fin XIXè - début XXè. L'exote ou le colonial ?

jvouszendirai plus un de ces jours.

vendredi 25 novembre 2005

Kaxpourder (c'est un verbe) = ne pas aimer son nouvel agenda

Alors que "Kaypourder = avoir deux agendas" et "Kazpourder = ne pas avoir besoin d'un nouvel agenda"

C'est dans Le Baleinié 2 (découvert grâce àTraou --grâces lui soient rendues) le dictionnaire des tracas. Comme vous pouvez le constater, c'est subtil, car les tracas sont dans les 3 cas !

Je l'ai acheté dès avoir vu 2 citations chez Traou ; et j'ai même commandé le 1er tome. A bientôt pour la suite des citations subtiles.

jeudi 24 novembre 2005

"Je suis journaliste parce que je ne sais pas et que je me pose des questions. Si j’avais les réponses, je serais homme politique ou curé".

Attribué par Terra Economica à Jorge Lanata, journaliste argentin. J'aime.

MàJ : j'avais oublié de citer le titre du papier. C'est : "Je ne suis qu’un journaliste"

C'est marrant : j'avais commencé l'un de mes bouquins d'enquête par la phrase : "ce livre est un livre de journaliste donc modeste"

Je lis ce recueil de "Quotidienne" de Pierre Marcelle, commentées par le même. Pur délice, même si c'est nombriliste à fond la caisse.

ET ceci après avoir avalé en 3 matins "Sagesse d'une femme de radio". J'ai bêtement acheté ce petit bouquin de Kriss parce que je pensais que c 'était un vrai titre, d'un vrai livre d'une vraie personne humaine qui avait envie de nous raconter quelque chose. Et puis je me suis aperçu que c'était jsute un petit procédé :un petit editeur un peu neuneu qui demandait à plein de petites stars de ceci cela d'écrire des petits bouquins que lui, il déciderait d'appeler "Sagesse de ...." etc.

Donc je me suis fait avoir juste par un petit truc de petit marketing. Et j'étais déconfit. Surtout parce que, je ne sais pas pourquoi exactement, j'ai une vieille estime pour cette Kriss --Alors que je n'écoute jamais la radio !

(mais alors jamais : JA-MAIS)

mardi 8 novembre 2005

Sixtysecondstory

Très joli. Manque une version francophone.

samedi 5 novembre 2005

Belle leçon de savoir vivre dans Challenges de cette semaine (tiens, ça devrait plaire aux Tarquine & Eolas illted)

C'est suffisament rare pour être relevé : un journaliste qui admet ses erreurs. Ou alors c'est de la naïveté de ma part, mais j'ai peine à le croire ;-) -bref, Challenges a été condamné pour diffamation à l'encontre de ce vaseux, amateur de pognon, bourré aux as, plein de fric, riche à pêter, qui a vécu sur la bête (je m'exerce à frôler l'injure publique sans le propos diffamatoire qui lui permettrait de m'allumer à mon tour) : j'ai nommé Fourtou, qui a redressé Vivendi après le départ de Messier, mais qui après avoir déclaré qu'il était là bénévolement, a plus gagné de fric en quelques années que pendant toute sa carrirèe antérieure...

Challenges reproduit le texte du jugement : normal il y était condamné. C'est ce qui permet au journal de montrer qu'il n'est condamné que pour une seule phrase diffamatoire, sur les 4 qui étaient poursuivies. Et les autres sont encore pires, en terme d'insinuations, que la phrase pour laquelle ils se font allumer. En gros, ils laissent supposer que Fourtou se serait servi de l'avion de la sté pour aller dans son palais de Marrakech : ce qu'ils ne peuvent prouver. A la limite, on imagine Fourtou créer une brave petite filiale avec siège social à Marrakech, pour pouvoir utiliser légitimement l'avion en question !

Pour l'avion, c'est bien l'imputation d'un fait : donc ils sont condamnés; mais pour le reste, ils laissent supposer des horreurs, mais sans imputation précise ; donc ils sont relaxés. C'est le paradoxe qui m'agaçait déjà dans le commentaire que faisait Eolas de la décision Dieudonné : les juges s'en foutent des impacts et de l'équité ; ils jugent des faits. Le juridisme étroit de ce genre mène à des effets contraires à ceux qui sont voulus : Dieudo peut prétendre que Fogiel est un raciste ; et Challenges n'est condamné que pour un truc dérisoire, alors que les dérives de Fourtou et ses potes sont infiniement pires, pour ce qui est de vivre sur la bête.

Voilà les effets du juridisme étroit. On devient soi même un peu étroit.

mercredi 14 septembre 2005

Vieux textes & tout ça - La photo du petit garçon triste

Ci dessous, un texte que j'avais écrit dans le cadre du jeu du SAblier de Kozlila. A la suite duquel elle m'avait écrit "cher ami, pourquoi n'ouvrez-vous pas un blog?". Hé bien voilà, c'est fait.

Le jeu, pour ce soir là, c'était écrire à partir d'une photo, portrait d'un jeune garçon. Et il y avait un "piège" : la plupart des gens qui jouaient, moi compris, savaient que ce petit garçon avait perdu son père peu de temps auparavant. Mais j'ignorais si la photo avait été prise avant ou après la mort du père.

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