mardi 15 juillet 2008
Par Yves Duel,
mardi 15 juillet 2008 à 20:29 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
vous avez remarqué ce supplément ringue sur 1918, joint à Libération d'il y a quelques jours ? Je me demande encore, c'était quoi l'idée ? En tous cas, dès la couverture gâchée par une citation tronquée : deux vers d'un quatrain qui en devenait bancal, alors qu'il reste l'un des plus émouvants de ce siècle.
on peut le retrouver là, ou là encore
Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit
Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s'efface
Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri
(tiens, ça me rappelle Libération dans un surtitre écrivant : "j'aime le mouvement qui déplace les lignes"... il restait à l'époque assez de lecteurs scandalisés pour qu'il y ait un rectif (embarrassé) le lendemain. (l'original est là, par exemple)
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mercredi 18 juin 2008
Par Yves Duel,
mercredi 18 juin 2008 à 19:27 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
sur le site de la Banque mondiale :
De nouvelles analyses d'échantillons de sang font apparaître le risque de propagation du VIH, de l'hépatite B, de l'hépatite C et de la syphilis par le biais de transfusions et de fautes professionnelles médicales.
http://go.worldbank.org/OVIVFWOFS0
ce monde est dur aux faibles...
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Par Yves Duel,
mercredi 18 juin 2008 à 18:23 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Elle n'avait pas que des jambes... Ah, l'imaginaire des petits garçons et Cyd !
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mercredi 23 avril 2008
Par Yves Duel,
mercredi 23 avril 2008 à 19:22 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Même si les blogs sans mai 68, ça soulage, j'ai trouvé un vrai bon livre. C'est "entre le deuil et la joie de vivre", de Raoul Vaneigem.
(je ne l'ai pas encore lu. C'est juste que depuis le Traité du savoir vivre, Le Van, il a pas écrit que des mauvais livres...)
(Et puis un mec qui a quitté les Situ juste quand il fallait ne peut pas être un mauvais !)
(Ah oui: j'ai aussi acheté L'Assomoir)
MàJ : finalement, c'est un sale bouquin merdique d'un vieux scrognegneu angoissé par sa propre mort (du coup il est POUR la Joie De Vivre ! ! Elle est bien bonne, Madame Michu !)
Bin dis donc, l'alcool enfourné depuis le Traité du savoir vivre lui a pas arrangé la cervelle, ni les sentiments !
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lundi 14 avril 2008
Par Yves Duel,
lundi 14 avril 2008 à 19:28 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Il s'agit du "jeune" Mauriac, celui de l'AFP, qui a suivi de Gaulle pendant 40 ans, et donc n'a pas eu à tuer le père, puisqu'il en avait deux. Il répond à Pierre Assouline :
"...pour autant, ils ne lui manquent pas. "Sauf quand j'écoute du Mozart : je pense à François Mauriac en me disant qu’il n'y a plus accès…Pareillement lorsque je sens l'odeur des pins après une averse dans une forêt près de Bordeaux et que je pense qu'il rate ça…�?
Voilà qui est doux. Tiens, j'aimerais bien que l'un de mes enfants tombe sur une nouvelle interprétation des Goldberg, dans 50 ans, et se dise, juste pour lui (ou elle) et dans un demi-sourire : "tiens, dommage, papa peut pas entendre... j'aurais aimé en parler avec lui";
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dimanche 6 avril 2008
Par Yves Duel,
dimanche 6 avril 2008 à 13:12 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est là, c'est le 27 septembre. Inscrivez vous !
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dimanche 30 mars 2008
Par Yves Duel,
dimanche 30 mars 2008 à 17:26 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Ca lui a pris 200 pages, et je viens de terminer ce petit livre édité par Le Seuil. Elle a passé une bonne partie de sa vie à croiser des gens célèbres qui lui demandaient rituellement "comment va ton père?", et elle ne savait répondre...
Lu autrement, c'est la chronique des enfants des Soixantehuitards qui en ont pris plein la gueule parce que leurs parents avaient plus urgent à faire que de s'occuper d'eux. Ce qui fut cruel pour beaucoup!
Mais après réflexion : ben voilà. Robert Linhart, après avoir brillé, après avoir écrit l'un des plus beaux livres que j'ai lu (L'etabli), a sombré dans la folie qui le menaçait. Et il semble préférer finalement vivre dans cette folie que dehors. A la différence d'un Weber, d'un Castro, d'un Krivine-le-pur, à qui de vieux fonds de solidité ont permis de résister.
Poignant. Beaucoup plus pour les fantômes, quelques discrètes allusions, que pour son père. Fantômes de celles et ceux dont les vies ordinaires ont été détruites pas les retombées, la déception qui a suivi 68.
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dimanche 9 mars 2008
Par Yves Duel,
dimanche 9 mars 2008 à 17:53 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
J’arrivais dans la salle, j’avais une place au premier rang et, curiosité, je me penche sur la fosse d’orchestre pour les regarder accorder. Eux arrivaient dans le désordre, bavardant, s’installaient. Un vieux basson décharné fait son entrée, dans cet habit noir luisant, uniforme qui a trop servi, et un sac en plastique à la main. Il exagère, me dis-je, il aurait pu faire ses courses pour le diner à un autre moment. Il s’approche de ses deux voisines, deux violoncellistes, l’une jeune, l’autre d’âge moyen, et sort de son sac deux petits bouquets de fleurs mauves et les leur tend. J’aurais aimé qu’il voie mon sourire attendri, mais il était trop occupé par les bisous, puis l’accord de son instrument. Scène intime avant de démarrer la scène dramatique. Combien de temps lui reste-t-il à souffler dans son truc avant de rentrer chez mémée définitivement ? Est-il heureux et paisible à la fois ? Aura-t-il récupéré un peu de liberté, après la dictature, après la misère, après tant d’années pas drôles ? Aura-t-il été heureux de servir la musique ? Et restera-t-il tendre ? Ou attentionné du moins ?
J’aime bien les vieux messieurs –certains d’entre eux, du moins.
Voilà. C’était un geste minuscule. Et de la même importance capitale que celui raconté par Cyrano, qui va se battre « contre 100 », pour défendre Lignière :
LE BRET
Mais pourquoi protéger...
CYRANO
Voilà Le Bret qui grogne !
LE BRET
Cet ivrogne banal ?...
CYRANO, frappant sur l'épaule de Lignière
Parce que cet ivrogne,
Ce tonneau de muscat, ce fût de rossoli,
Fit quelque chose un jour de tout à fait joli
Au sortir d'une messe ayant, selon le rite,
Vu celle qu'il aimait prendre de l'eau bénite,
Lui que l'eau fait sauver, courut au bénitier,
Se pencha sur sa conque et le but tout entier !...
(faudrait que j'arrête un peu de citer Cyrano à tout bout de champ : ça devient maniaque)
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jeudi 28 février 2008
Par Yves Duel,
jeudi 28 février 2008 à 08:52 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Comme je pars plusieurs semaines dans un pays assez triste, ca va être calme : je ne connais pas les ressources locales en Net !
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jeudi 14 février 2008
Par Yves Duel,
jeudi 14 février 2008 à 09:36 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est de Georges Steiner, rapporté par Assouline dans son blog.
Il a relevé comme je l'avais fait l'autre phrase de Steiner que j'adore : moi qui ai fait l'amour en quatre langues...
j'adore ce vieux monsieur depuis longtemps
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mercredi 6 février 2008
Par Yves Duel,
mercredi 6 février 2008 à 22:46 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Ce soir, à la demande de mon public captif et enthousiaste, je lis Le papillon qui tapait du pied, non sans avoir averti Madeleine que c’est vraiment une histoire très macho de chez macho. Bof, dit elle, vazy, sur le ton de « laisse tomber, jles connais, les mecs ».
Bon, allons zy. Chaque fois qu’il s’agit de la Très Adorable Balkis, Madeleine dresse l’oreille. Car Suleiman Bin Daoud s’adresse toujours à Balkis avec des formules d’enfer : « O ma dame et contentement de mon cœur », etc.
Madeleine : et toi, tu l’appelles comme ça maman ? « Contentement de ton cœur » ?
- Bin oui
Puis Suleiman recommence : « O ma dame et joyau de ma félicité », etc...
- Et tu lui dis aussi, à maman, « félicité » ?
- Bin oui, bien sur
Et il remet ça : « O ma dame et miel de mes jours », etc...
- Et « miel de tes jours » aussi ?
- Bin oui, évidemment, maman, c’est vraiment le miel de mes jours (et de mes nuits aussi, d’ailleurs !)
Mais quand même. Il s’agit de faire prendre conscience à cette jeune future féministe responsable que vraiment le sort des épouses (les 999 mégères que le roi avait épousé, juste parce qu’il devait avoir plus de femmes que les autres parce qu’il était le roi) était peu enviable. D’ailleurs, lui dis-je, je te rappelle que les reines-mégères étaient horrifiées : « si de telles choses arrivent pour un papillon mécontent de sa femme, qu’arrivera-t-il de nous qui avons vexé notre Roi par nos paroles violentes et nos âpres querelles pendant tant de jours ? »
Et donc il leur restait à faire ce que l’on fait dans les bonnes familles dans ces cas la : « Alors elles mirent leur voiles sur leurs têtes, elles posèrent leurs mains sur leurs bouches et s’en revinrent au Palais sur la pointe des pieds, sans plus de bruit que des souris ».
- quelles connes aussi, conclut Madeleine
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mardi 29 janvier 2008
Par Yves Duel,
mardi 29 janvier 2008 à 18:20 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Steve Jobs sur la mort, les diplômes et le "soyez insatiables"
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samedi 26 janvier 2008
Par Yves Duel,
samedi 26 janvier 2008 à 08:20 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est le portrait (assez juste d'ailleurs) d'Attali dans Libération de ce matin qui me rappelle ce gag. Vous l'avez vu, le gag au milieu du Pujadas ronronnant ? C'était Mercredi soir, à 20 h 05 démarre un brave petit sujet à partir d'exemples tirés du rapport d'Attali. Evidemment, le tout est traité à la façon télé ; mais avec, en plus, une volonté de démagogie, une démonstration d'incompétence, une mauvaise foi au delà des prestations habituelles de la télé. Attali était présent, puisque ce petit reportage servait d'intro à une interview par Pujadas. Et avant même la première question, Attali balance : "mensonger..." etc. A juste titre et en direct. Très réjouissant, car ce type n'a pas à être poli ou à ménager les journalistes.
On rêvait de lire le lendemain matin un communiqué de France 2 annonçant le licenciement pour faute grave du journaliste responsable du reportage et de son chef de service. Mais on est à F2, don il ne va rien se passer.
Attali peut être exaspérant, mais il a des trucs attendrissants. Dans ce portrait de ce matin dans Libération, il termine en disant qu' à Colbert ou Richelieu, il préfère Mazarin "parce qu'il était étranger et que je suis juif" : une assimilation osée ! Son bouquin "Les juifs, le monde et l'argent" m'a beaucoup appris ; y compris sur l'orgueil d'être juif, donc responsable de ce qui se passe entre les sociétés.
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vendredi 18 janvier 2008
Par Yves Duel,
vendredi 18 janvier 2008 à 21:14 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Elle a engueulé Don Gio (scellerato), il la traitée de Sconsigliata. Puis il ferraille le père, et ce duo, avec ce contrepoint entremêlé : le vieux monsieur mourant : e dal seno palpitante... et Don gio contrepointe : "gia dal seno palpitante / veggo l'anima partir"
et je suis transporté !
(il m'en faut peu, hein !)
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lundi 14 janvier 2008
Par Yves Duel,
lundi 14 janvier 2008 à 09:44 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Hein ? je vous demande un peu ? Non mais !
Car je vous rappelle qu'il est écrit dans la loi de Moïse : "Tu ne lieras pas la bouche au boeuf qui foule les grains". Dieu a-t-Il souci des boeufs ?
Franchement, répondez !
(ce qui est curieux, c'est le passage de "trituranti" à "foule les grains". L'image du "boeuf triturant" (Non alligabis os bovi trituranti) est quand même beaucoup plus belle et explicite !
D'ailleurs, si je me le rappelle bien, c'est le mot que reprend Paul Claudel. A vérifier )
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jeudi 10 janvier 2008
Par Yves Duel,
jeudi 10 janvier 2008 à 14:16 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Car s’il pleut le dimanche, vous ne saurez plus quoi faire.
(honnête : je ne me rappelle plus ou je l'ai piquée)
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jeudi 3 janvier 2008
Par Yves Duel,
jeudi 3 janvier 2008 à 18:26 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Incroyable d'être choqué, pris, bouleversé, amusé, nostalgiqué, je n'arrive pas à trouver le truc, par une photo de Simone à poil, ne ratez pas le truc, vous aurez du mal : c'est dans tous les kiosques !
Moi, je l'ai découvert, le truc, dans mon respectable quotidien "du soir", dit "de référence", page 14 en bas à gauche. Et en plus, c'est une pub, alors que je m'efforce d'éviter les pubs. Mais là, cette jeune silhouette de dos, ce geste, un grand classique, de faire ou refaire son chignon devant le miroir de la salle de bains, les bras levés, cette lumière sur les fesses, la cambrure aussi, ah, la cambrure, bref, tout ça pour une pub sur la couv' du prochain numéro du Nouvel observateur, quelle bande de putes, ces bobos de gôche, tu parles, et mon cul il est de gôche ?
Bref, ça y est, ja'i vu Simone jeune et à poil. Alors que je ne l'ai vue que vieille, les lèvres pincées, et exaspérée soit pas moi et mes potes dans la vraie vie, soit par les journaleux de télé qui lui faisaient perdre son temps.
Ah, Simone !
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Par Yves Duel,
jeudi 3 janvier 2008 à 10:10 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Le grand, l'immense Claude Lefort explique live son opposition à Arendt et même à son vieux pote Castoriadis (avec qui il avait crée S ou B : le fameux Socialisme ou Barbarie) sur l'interprétation du pouvoir soviétique.
Oui, c'est vieux ! Mais les peuples sans mémoire, etc.
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lundi 17 décembre 2007
Par Yves Duel,
lundi 17 décembre 2007 à 07:57 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est là.

C'est là que l'agent XY a vu "un mulâtre" à 40 mètres sortir d'une pharmacie en courant, et a désigné Pierre Goldman comme le coupable (idéal) du meurtre de la pharmacienne...
On ne saura jamais qui a tué, je suppose. ET Goldman est mort assassiné. Mais l'affaire était resté angoissante pour de nombreux militants : se défendre ? mais c'était à l'accusation de faire la preuve qu'il était coupable !
Il y a une quinzaine, un film reconstituant l'affaire Goldman est passé à la télé. Je me suis rendu compte à ce moment seulement combien ce témoignage (le témoin est toujours aussi sûr de lui) était fragile. Un 19 décembre à 20 h 10 ? mais on n'y voit rien sur le boulevard ! J'irai vérifier... Histoire de voir si ce témoignage était fait de haine spontanée ou d'autre chose.
Goldman restera le métaphore de nos apprentissages. ET son livre, Souvenirs obscurs..., restera la preuve de nos indifférences.
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dimanche 2 décembre 2007
Par Yves Duel,
dimanche 2 décembre 2007 à 20:39 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
A vrai dire non : c'est elle qui me lisait Bernis (ceci tout en regardant A bout de souffle) dans son petit studio, dans cette petite rue, près de l'Opéra, tout à coté du cinéma le Gaumont
(qui redevient ce film génial. Pour plusieurs raisons)
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Par Yves Duel,
dimanche 2 décembre 2007 à 14:54 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Voilà letestament dans Le Monde d'hier de Jean-Louis Bourlanges, le grand Bourlanges qui aura passé 18 ans au Parlement européen . Testament politique, bien sûr. Je me demande ce qu'un babyboomer comme lui retiendra d'une carrière politique de pythie frustrée? Il est immensément cultivé, plutôt dans le genre littéraire (il avait passé l'agreg de littérature, avant d'intégrer Sciences Po) ; et il aura passé sa vie à avertir ses copains de droite qu'ils faisaient des conneries. Et arrivé à la soixantaine bien tapée, qu'en reste-t-il ?
Bourlanges, nous étions une bande à l'admirer : il a été secrétaire général des jeunes gaullistes, avant de se faire dégommer par plus cruel que lui. Il déjeunait quand il voulait avec Malraux, qu'il imitait avec un talent à se rouler par terre (contrairement aux imitateurs d'aujourd'hui, lui, il avait le texte, le vrai !). Puis il a passé sa vie à tenter d'être au centre, à l'extrème centre, celui qui pense fort et loin ; mais ne prend jamais les moyens de ses ambitions..... Et se réfugie dans les vachardises raffinées !
Citation dans Le Monde d'aujourd'hui :
Jean-Louis Bourlanges s'est éloigné de M. Bayrou après l'élection présidentielle, jugeant son projet "irréaliste". Membre du comité Balladur sur les institutions, il a qualifié M. Bayrou de "Mephisto". "Mephisto est un personnage grandiose, c'est l'esprit qui nie tout. Bayrou a beaucoup de talent, mais c'est une formule 1 qui court après une chimère. Il ne peut pas supporter que quelqu'un d'autre existe en dehors de lui et, du coup, s'enferme dans un comportement sectaire. Il n'y a que lui qui existe. Cela en devient presque puéril. Tous ceux qui l'ont quitté, après l'avoir beaucoup aimé, sont soulagés. C'est un calculateur, qui analyse très bien les ressorts des gens et de la société, mais égaré par son égotisme. C'est le capitaine Achab de la vie politique française, qui court après Moby Dick et qui entraîne son équipage tout entier vers la mort."
Je me demande s'il relit aujourd'hui ce texte admirable que sa femme, que j'adorais, m'avait fait découvrir : l'Abbé de Bernis écrivant, juste avant la Révolution : "j'ai le sentiment de gouverner le royaume des limbes"
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vendredi 23 novembre 2007
Par Yves Duel,
vendredi 23 novembre 2007 à 09:11 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Incroyable : j'en suis à mon 4ème cyber marchand et mon 2ème marchand physique : impossible de trouver dans tout Paris une nouvelle batterie pour mon portable ! ! Alors qu'il est en vente depuis 1 an au moins ... Jdois pas être le seul à chercher ! ? Et ma batterie, elle tient 15 mn : saloperie de truc ! !
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jeudi 22 novembre 2007
Par Yves Duel,
jeudi 22 novembre 2007 à 18:06 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est là. Et c'est inévitable. Et d'ailleurs pourquoi pas ? (comme ça, j'arrèterai de lire des journaux payants ! yaura plus que des torchons payants et vendus à la pub résiduelle !).
Mais si, pour contrer cette tendance, on n'a que des solutions à la Joffrin (c'est bien lui qui disait il ya quelques jour qu'il allait faire de Libération "un journal optimiste" ? ), ça rappelle tonton Marcel, le Dassault qui s'amusait avec Marie France, le magazine de l'actualité heureuse bêêêê^ !
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jeudi 8 novembre 2007
Par Yves Duel,
jeudi 8 novembre 2007 à 12:23 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Fascinant, le suréquipement des jeunes ; et moi qui lit Libé depuis 40 ans, Le Monde depuis 43 ans, et Les Echos depuis 30 ans...
mais la question de fond subsistera. Je ne sais plus quel futurologue à la noix prévoyait récemment que grâce aux nouvelles formes de pub (Google etc), bientôt les media seraient "réunifiés" : on ne distinguerait plus ce qui est de l'info et ce qui est de la pub.
Grosse bêtise, bien entendu ; mais pire, ça laisse entière la question de la Vérité;
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lundi 29 octobre 2007
Par Yves Duel,
lundi 29 octobre 2007 à 18:33 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Elle est dans sa voiture, dans les embouteillages. Madeleine lui parle avec mon portable, puis raccroche.
- "J'aime bein parler avec maman au téléphone" (d'un ton très pénétré)
- "Tiens donc ! Moi aussi ! Imagine !"
- "Oui, mais moi, j'aime plus que beaucoup"
(bon d'accord, je suis battu)
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vendredi 26 octobre 2007
Par Yves Duel,
vendredi 26 octobre 2007 à 11:48 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
"Dans une société composée à parts égales d'égoïstes et d'altruistes, ces derniers devraient théoriquement être balayés. Mais les altruistes savent coopérer, ce qui leur donne un grand avantage."
Mathieu Ricard, interviewé par Robert Chalmers, The Independent, repris dans Courrier International, supplément au n° 874-875-876, p. 11.
c'est copié collé d'un blog que j'aime bien, celui de Thibierge, prof déconomie, donc il en connait un rayon en matière d'égoïsme !
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mercredi 3 octobre 2007
Par Yves Duel,
mercredi 3 octobre 2007 à 12:12 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
J'ai très longtemps habité près d'un pont SNCF, tout au nord de Paris.
Un pont très noir, qui tremblait au passage des trains de marchandises, un pont que j'aimais.
Comment pouvait-on aimer un tel amas de ferraille, lui trouver un quelconque charme ? Sans aucun doute, je devais être le seul dans ce cas. Hé bien non. un beau jour, j'ai vu un vieux monsieur se planter au milieu du pont, la ou ça tremble le plus, et rester le temps que 10 trains au moins lui passent dessous. J'étais interloqué. Passant près de lui, sans doute avec un regard interrogateur, il me sourit. En chuintant, il m'expliqua : je n'ai plus que deux dents. La vibrachion est ejachtement chelle dont chai bejoin pour finir de me les faire tomber. Ah bon, répondis-je rassuré.
Mais je n'ai plus vu ce pont dentiste du même oeil, désormais.
chechi est ma partichipachion au chablier etc etc
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Par Yves Duel,
mercredi 3 octobre 2007 à 11:40 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
On m'a prêté aujourd'hui un petit gadget avec lequel j'ai pu faire mumuse durant un peu plus d'une heure. Bien que je n'aie évidemment pas eu le temps de le détailler sous absolument toutes ses coutures, je dois reconnaître avoir pris pas mal de plaisir à le manipuler. Je n'avais jamais vu un triple sablier, avec des couleurs différentes pour les sables, et surtout des durées différentes : 3 mn (pour les oeufs je suppose ?) 5 mn (douche comprise, je suppose ?) et 35 ans (pour la fin, je suppose?) Je surveille 35 ans. Peut être que je verrai la fin. En réalité, je pense qu'il y a un réglage interne, si j'interprète bien la personne qui m'a fait ce cadeau : les 35 durent 25. Elle compte que je voie la fin. "Si Dieu me prête vie", comme disait ma grand mère.
C'était ma participation au jeu des sorcières assorcierisées, Kozlika et la Grande Blonde
(ouais ça va, je sais, je suis hors délai, mais j'ai pas triché !)
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jeudi 20 septembre 2007
Par Yves Duel,
jeudi 20 septembre 2007 à 21:37 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Il ya une critique du Don Juan de Torreton que je trouve un peu neuneu, et une de Michon que je trouve inculte.
Mais dans Michon ("Le roi vient quand il veut") je trouve cette perle : "Il y a deux sortes d'hommes - ceux qui subissent le destin et ceux qui choisissent de subir le destin". . il ajoute : "j'étais content de cette phrase, puis un ami latiniste m'a dit : "cette phrase existe déjà", et il l'a retrouvée (...) "Le destin conduit ceux qui le veulent bien et traine ceux qui le refusent" - j'ai oublié l'auteur, quelque stoïcien sans doute, Sénèque peut être, mais je ne suis pas mécontent d'avoir trouvé tout seul une phrase de stoïcien"
Tiens, belle phrase de Michon qui s'appliquerait impeccablement au personnage de Don Juan !
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samedi 15 septembre 2007
Par Yves Duel,
samedi 15 septembre 2007 à 07:49 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Que c'est beau !
Y aller de préférence le mercredi : c'est à 19 h, et après les artistes viennent causer avec le public. Et Elvire est d'une beauté renversante.
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mercredi 5 septembre 2007
Par Yves Duel,
mercredi 5 septembre 2007 à 22:48 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
je dis ça parce que je suis arrivé très en retard. Mais 4 barbus parlant de choses et d'autres autour d'une bière tiède...
Et en sortant, un gentil demande à Eolas : "C'est pas vraiment une consultation, mais est-ce que tu pourrais me dire...", etc.
Et Eolas, indulgent, rit.
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samedi 1 septembre 2007
Par Yves Duel,
samedi 1 septembre 2007 à 12:42 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est juste pour mémoriser. Martin Hirsch a eu raison de bosser avec ce gouvernement. Il a raison de vouloir aller lentement. iI a raison de se scandaliser que le chiffre ait moins de retentissement médiatique que les soubresants du CAC 40.
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vendredi 15 juin 2007
Par Yves Duel,
vendredi 15 juin 2007 à 19:00 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
J'avais 15 ou 16 ans, et pour l'argent de poche, je faisais projectionniste le soir et le WE. C'était un métier : rentrer la pellicule dans le machin, fallait le faire certains soirs. Un de ces soirs, j'étais envoyé avec ma grosse machine, l'écran et tout le bazar au restaurant du 1er étage de la tour Eiffel. C'était l'assemblée annuelle du Fonds social juif unifié, et je venais projeter de courts films d'information (et de propagande) qui précédaient la manche : après les films, les riches mécènes de la communauté faisaient des chèques pharamineux pour des babioles. Et le tout était présidé par "le Baron Guy" : incroyable, mais tout le monde le nommait comme ça ; à tel point que je me demandais si Guy était bien son nom de famille ? pour un baron, c'était curieux... En tous cas, pour un jeune bourgeois comme moi, plus habitué aux barons particulés.
C'était avant 67. La propagande en question marchait à fond. l'Etat d'Israel était largement financé sur les bases sentimalo - idéologiques de la fin de la seconde guerre mondiale, par une diaspora puissante. Puis vint 67. Et De Gaulle, avec son "peuple fier et dominateur". Et la réponse de Tim dans l'Express, le dessin de presse qui restera comme un exemple, sans aucune doute !
voilà.. Le Baron Guy, c'était sans doute l'un des derniers Rotschild cultivés.
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lundi 4 juin 2007
Par Yves Duel,
lundi 4 juin 2007 à 07:13 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est au détour d'une phrase dans un papier de Libé de ce matin sur les manifs de Rostock. Il s'agit des jeunes Wessies qui manifestent violemment contre le G8, ainsi qualifiés par les habitants de Rostock, qui , eux, votent massivement pour l'extrême droite. "La dictature", c'est donc à ça que se résume l'ancien régime "socialiste" ou "communiste" de l'ancienne Allemagne de l'Est. Il faut être une jeune, très jeune journaliste pour faire un tel raccourcis, je suppose.
"La dictature" : elle ne parle pas de Pinochet, de Pol Pot ou de Charles Taylor. J'aurais écrit aussi bref et sans nuance ? Je n'en sais rien. mais résumer la thèse d'Hanna Arendt (socialistes et nazis relèvent de la même logique totalitaire) aussi brutalement, non, je ne pense pas que j'y serais arrivé. (Se rappeler le titre du Nouvel Obs années 60 : "Hanna Arendt est-elle nazi ?").
La confusion mentale d'aujourd'hui n'est pas un bon signe. Trouver ça dans Libération : un indice de plus dans la réecriture de notre histoire contemporaine.
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dimanche 20 mai 2007
Par Yves Duel,
dimanche 20 mai 2007 à 19:33 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C’est un pays ou vous pouvez, baguenaudant dans la ville nez au vent, croiser toutes sortes de pub, partout, y compris tout en haut de divers bâtiments

Puis en accommodant un peu, mais oui, c’est bien ça, c’est une pub pour Jésus. Oui, il est mort pour nos péchés

La rue d’après, c’est le Rév Machin et sa femme qui se rappellent à votre on souvenir. Ya un truc pragmatique la dedans. On te vend du Jésus, mais au moins, même quant tu es vendeur de Jésus, tu as le droit de tirer (du moins ta femme légitime). Pas mal, non ?

Mais je dois dire que c’est aussi un pays, ou du moins une ville, ou pour $12.50, tu peux voir pour la première fois de ta vie cet autoportrait là, et même tu peux avoir les larmes aux yeux, c’est pas interdit.

(ouais, d'accord ma photo est dégueu, mais le vrai tableau, hé bé ya de quoi rester figé quelques heures devant)
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samedi 12 mai 2007
Par Yves Duel,
samedi 12 mai 2007 à 08:53 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est là, c'est très beau, c'est en ce moment jusqu'à demain.
Quel pied !
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mercredi 2 mai 2007
Par Yves Duel,
mercredi 2 mai 2007 à 12:31 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Evidemment, le vieux Moïse a craqué. Encore aujourd'hui, du haut du Mont Nebo, ou nous étions hier à cette heure précise, mon amour de ma vie et moi, on se serait bien établis dans la terre de Canaan, promise (promise par qui, hé, vieil escroc ?) aux Tribus...

On voit vaguement Jéricho et la fameuse route de Jérusalem à Jéricho. La mer morte est à gauche, cachée par le buisson (et ça vaut mieux parce que le reflet du soleil l'après midi aurait gâché la photo).
Et plus loin, entre les deux, Ramallah la malheureuse.
Dans le monastère, le passage du Deutéronome est cité en long et en large, traduit en 6 langues. On sait d'ou viennent tous les malheurs de ces peuples, bien qu'il n'y ait aucun commentaire. Faut faire gaffe. Tout le monde visite ; y compris les arabes, bien entendu.
Devant nous, une bande de cadres moyens coréens. Qu'est ce que ça leur raconte, la terre promise ?
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jeudi 19 avril 2007
Par Yves Duel,
jeudi 19 avril 2007 à 18:03 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est fou la télé. Grâce aux empoignades (ridicules par ailleurs) des Buisson, Duhamel (j'ai connu ton père, galopin), Jaffret (j'ai connu ton frère, le patron voyou, sale gosse. Il était préfet à l'époque), Giacometti, j'ai enfin compris pourquoi je finirai par voter Royal en pensant à autre chose : c'est pas parce que sa campagne est "diaphane" (Buisson), c'est parce que je suis un "identitaire contraint". La télé a tellement fini de me convaincre que, fais gaffe, un 21 avril peut en cacher un 22, que cette fois ci, fini de rire, on se tape plus les coquetteries de comme dans le temps, on assure dès le premier tour.
C'est ça "contraint".
Pourtant, je l'aime, la Voynet. Je la trouve intelligente, volontaire et énergique. Mais 1%, camarade, ça t'apprendra à choisir (et surtout à rester !) dans le parti politique le plus con de toute la vie politique française --et je pèse mes LCR !
LCR : n'en parlons pas. la facteur est sexy, mais son truc, c'est : momifions nous de concert, camarads et camarades. Un parti de momies, même quand le chef est sexy, ça compte pas.
Voilà. C'était mon coping outt à moi que je l'aime. Surtout après 5 SkiOuis.
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mercredi 18 avril 2007
Par Yves Duel,
mercredi 18 avril 2007 à 20:14 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Un bouquin très fin et très inquiétant sur Libération par un très bon journaliste. 90 page,s c'est vite fait. Mais c'est un concentré d'analyses et de projections à la fois. Et c'est générationnel, bien sûr. Ce garçon en veut à July. Mais intelligemment.
Je retiens 2 - 3 trucs :
- les soixantehuitards qui n'ont tien transmis. La génération d'après n'a pas eu accès au Club
- le style épopée qui serait le style Libé. Peu importe, après tout, de raconter le monde. Il faut le dramatiser.
- et, sur l'avenir, le "retour des sociétés de statut et de rente", titre d'un étude sociologique qu'il cite ; et qu'il utilise, avec Todd, pour montrer, après Léo Strauss, un tout nouveau "désir d'inégalité" qui ronge notre société.
Je suis sensible à l'argument parce que l'inégalité, ou plus exactement les inégalités sont, pour moi, le centre du débat sur l'avenir. Mais avec un tel passif dans le vocabulaire politique français que ça va être dur de se faire comprendre !
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samedi 24 mars 2007
Par Yves Duel,
samedi 24 mars 2007 à 11:05 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Tiens je viens d'en découvrir un nouveau membre : Gotlib ! LE grand Marcel ! Il dit ça dans le Télérama du 24 mars.
(je vous signale, chères lectrices, avant que vous arrêtiez votre opinion sur le traitre, qu'Eric Besson en fait partie ; ainsi que moi et quelque autres. Et que vouer une admiration sans bornes à Alexandre Vialatte est le pré requis pour prétendre avoir un jour de l'esprit)
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vendredi 16 mars 2007
Par Yves Duel,
vendredi 16 mars 2007 à 08:03 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Libé rappelle à propos de la mort de la belle, de la grande Lucie Aubrac cette scène extraordinaire de 1997. Le "tribunal d'honneur" des historiens (dont Vernant et Vidal-naquet, mes deux historiens, résistants, hellénistes préférés, morts aujourd'hui) avait retourné le couple Aubrac sur le grill. C'étaient et ce sont toujours autant des héros. Mais Libé oublie de rappeler le seul vrai reproche que l'on avait fait à la flamboyante Lucie : Au fond, on vous reproche des inexactitudes dans vos Mémoires. Vous auriez dû faire comme Roger Vaillant et les intituler Roman (je cite de mémoire à mon tour) : vous n'auriez eu aucun soucis avec personne !
Le couple Aubrac ressemblait au couple Desanti. Lui plutôt renfermé, demi-sourire, calme, taciturne. Elle tout en vivacité, avec la coquetterie de l'héroïsme qui va avec.
Mais ils étaient d'une époque des vrais héros. Et on ne pouvait l'être sans singer "l'homme de marbre". Pas la moindre fissure ; pas le moindre doute. Or les zones de flou subsistaient.
Les historiens vers de terre qui se sont attaqués aux Aubrac (d'ou cette fameuse séance de 1997) se sont jetés sur ces flous d'une façon ignoble. Mais le flou profite toujours à l'accusateur. Que les Aubrac aient été des héros ne fait pas l'ombre d'un doute. Qu'ils en aient rajouté dans l'inflexible, dans le tout d'une pièce, dans l'image de marbre est également évident.
Bienvenue aux héros humains: qui ont peur parfois, qui hésitent, et qui ne savent pas toujours, tout le temps ce que requiert leur statut de héros !
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mercredi 14 mars 2007
Par Yves Duel,
mercredi 14 mars 2007 à 20:57 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est un aphorisme de Frédéric Schiffter, un professeur de philo de Biarritz --quelle destinée !
Ce qui m'avait tiré l'oeil n'est pas tellement l'élégance de l'aphorisme (on a lu plus percutant dans Cioran ou même chez Pascal), mais sa prolongation. Après tout, on n'est pas obligé de se vouloir élégant : on peut, étant indigné tout court, foutre un pain à celui qui vous indigne.
C'est vrai quoi. A force, faudrait pas en abuser, de l'élégance. Ca paralyse.
(Je préfère le snobisme).
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vendredi 2 février 2007
Par Yves Duel,
vendredi 2 février 2007 à 08:29 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Madeleine, 8 ans, travaille Victor Hugo. Je lui lis son plaidoyer contre la peine de mortdit devant la Constituante. Hier, Montfaucon, puis la place de Grève, puis la barrière Saint-Jacques : le gibet se cache, devient provisoire. Hugo fait de ce symbole l'échec de "l'exemplarité" de la peine. Il raille la "sainte pudeur de la société qui détourne la tête devant un crime que la loi lui fait commettre".
Aujourd'hui : hommage à l'infatigable, l'admirable Badinter. C'est le congrès mondial contre la peine de mort. Bientôt une résolution de l'UE.
"Passque on tue encore des gens?"
oui, ma fille. On tue encore des gens pour leur apprendre à vivre.
Puis, tiens, on tombe sur Booz. L'histoire de la moabite qui se couche aux pieds du vieillard fait rigoler Madeleine. On lit ensemble. Spontanément, avec les
"L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle"
et le
"C'était l'heure tranquille où les lions vont boire"
elle prend une voix de gorge et ce vibrato indispensable pour déclamer le super super romantique di leuxe.
On se tord de rire, bien sûr.
Plutôt drôle : dis moi, Samantha, tu fais lire à tes élèves les flonflons de papy Victor ? Et ça marche ? Avec Madeleine, ça marchait à fond : perception immédiate de la grandiloquence ; mais avec, je l'espère, une irone au second degré. Je dois dire que je n'avais pas relu ce poëme depuis 40 ans au moins, et ça fait queqchose !
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samedi 27 janvier 2007
Par Yves Duel,
samedi 27 janvier 2007 à 10:31 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
En cherchant tout autre chose, je suis tombé sur cette citation, au sein d'une litanie bureaucratique des CR des comités de l'ONU :
"Mme FRANÇOISE GASPARD, experte de la France, a signalé que depuis 2003, la Commission électorale, avec l’appui d’ONG, mène des actions pour que les femmes votent, car la pratique du « vote familial» a été constatée, à savoir qu’un homme vote pour son épouse, voire même pour toutes les femmes de la famille. Avez-vous enregistré une baisse de cette pratique?" a-t-elle demandé.
Gaspard ! Je me rappelle des réunions et son sourire incroyable, dans les Seventies, son ton pète sec, toute petite, son blouson et sa moto. Elle est aujourd'hui l'une des 23 expertes du Comité pour l'élimination des discriminations à l'égard des femmes. Qui se rappelle son nom ? Elle a été la flamboyante maire de Dreux -- pardon : mairesse, féministe, homosexuelle, courageuse, à partir de 79 l'objet des attaques les plus ignobles. Je suppose qu'elle a un peu craqué et quitté la politique des machos (députée jusqu'en 88) (là, sur l'outing des politiques). Elle enseigne, et rame discrètement dans ces réunions obscures, qui mettent la pression sur les pays machos.
Là, il s'agissait du Tadjikistan :
"Les 23 experts indépendants du Comité, qui se penchaient pour la première fois sur la condition de la femme tadjik, ont aussi déploré le retard de 11 ans dans la présentation du rapport initial du pays. Chaque pays partie à la Convention est normalement tenu de présenter un rapport périodique tous les quatre ans...
Le mec se fait étriller, retourner sur le grill, critiquer par cette bande de harpies (ou ce qu'il doit considérer comme des harpies). Un grand moment.
Puis ça se termine par la défense des accusés (en l'occurrence le gouvernement du Tadjikistan. On imagine la tronche, le mec ultra furieux, humilié, ricanant devant ses accusatrices, mais ne pouvant pas les envoyer au bain :
"Observations finales.
"M. Khalifabobo a fait remarquer que l’émancipation des femmes aux États-Unis et en Europe était un phénomène relativement récent et a réaffirmé que son pays aspirait aussi à parvenir à une société pratiquant l’égalité entre les sexes".
Est-ce la bonne méthode pour faire évoluer ces sociétés? Je n'en sais rien, mais, blues & nostalgie, j'admire le courage.
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dimanche 31 décembre 2006
Par Yves Duel,
dimanche 31 décembre 2006 à 16:06 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
A Stonetown après une longue déambulation dans la vieille ville et sur le port, nous sommes entrés dans un café pour nous reposer. Le serveur, ou peut être le patron, très noir et immense, s’est approché et nous avons bavardé quelques minutes. Quand il est revenu avec nos deux pots de café, il m’a demandé, le désignant, « Is he your son or your friend ? ». J’ai ri, et répondu en souriant que Clément était « my beloved son ». Clément avait eu l’air surpris, peut être parce qu’il pensait me ressembler plus évidemment.
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jeudi 21 décembre 2006
Par Yves Duel,
jeudi 21 décembre 2006 à 09:05 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
vous me direz : ça change pas grand chose. Mais quand même.
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lundi 27 novembre 2006
Par Yves Duel,
lundi 27 novembre 2006 à 12:52 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Je me rappelle avoir vu ce charmant "Love letters" l'an dernier, avec Philippe Noiret et Anouk Aimée. Je me rappelais l'avoir vu saluer en se levant lentement et en se tenant à la table derrière laquelle il lisait les lettres. Rondeau explique dans le JDD d'hier qu'il était très faible et se savait condamné ; et qu'il n'avait accepté de jouer la pièce que parce qu'il restait assis.
Blues retrospectif.
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jeudi 2 novembre 2006
Par Yves Duel,
jeudi 2 novembre 2006 à 14:52 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est auprès de cet arbre que j'ai passé 5 jours délicieux.

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lundi 23 octobre 2006
Par Yves Duel,
lundi 23 octobre 2006 à 07:20 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Vu le Cyrano de Podalydes. Quelle réussite dans la mise en scène ! Ce texte, cette langue que j'adore restent comme un Ovni : aucun successeur. Et ça marche toujours : la salle est remplie de pères ayant amené leurs enfants chéris pour la transmission de l'Héritage ! Trop drôle !
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vendredi 13 octobre 2006
Par Yves Duel,
vendredi 13 octobre 2006 à 12:31 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
C'est Libération de ce matin. Schneiderman, décidemment, il a la plume. Souvent, je m'énerve de façon improductive à lire des nouvelles pendant la semaine ; et heureusement le Vendredi, il ya le Schneiderman. Et une fois sur trois (allez, une fois sur deux), je me dis que c'était ça qu'il fallait écrire (et d'ailleures que j'en étais incapable parce que je n'ai pas la plume).
Sur "les journalistes, c'est quand même plus sérieux que les blogueurs", on sent un peu un parfum de revanche. Mais l'essentiel est ailleurs. Schneid montre (prouve), tout en métaphores et allusions, combien la fonction irremplaçable de chercheur de vérité n'est pas (ne sera jamais) assurée par les média Web.
Web, c'est l'outil du marché et des consensus. Pas de l'obstinée recherche de la vérité.
Ca fait du bien à lire.
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dimanche 8 octobre 2006
Par Yves Duel,
dimanche 8 octobre 2006 à 13:55 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Ca commence par : "Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres. Tu ne pèses que quarante-cinq kilos, et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seul comble la chaleur de ton corps contre le mien"
Et ça se termine par : "Tu viens juste d'avoir quatre-vingt deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte en moi un vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien. La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation ; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres. J'entends la voix de Kathleen Ferrier qui chante : "Die Welt ist leer, ich will nicht leben mehr" et je me reveille. Je guette ton souffle, et ma main t'effleure. Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre. Nous nous commes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous aimerions la passer ensemble".
Et mon cher amour souriait en silence.
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vendredi 6 octobre 2006
Par Yves Duel,
vendredi 6 octobre 2006 à 16:53 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
je relaie le joli clin d'oeil de Samantha ( c'est à la toute fin de ce billet )
et si sur le si joli blog d'Obni vous reconnaissez mon écriture à plume, vous avez droit à --heu mes hommages empressés
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mercredi 27 septembre 2006
Par Yves Duel,
mercredi 27 septembre 2006 à 09:09 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Ca tombe bien : j'ai un peu de temps ce matin, et je tombe sur ce malheureux journal que j'aimais. Aujourd'hui, 3ème papier de la série "On va mal, l'actionnaire nous met la pression, et comme papy July s'est tiré, ami lecteur, ya plus que toi pour nous montrer qu'on nous aime encore un peu".
Mais vouis, on l'aime encore un peu ce malheureux canard. Juste comme on se sent un peu obligé de montrer de la commisération pour celui qui tend la sébille,après une vie de flambage et badinages. Vouis Vouis, mon loulou, allez, rendors toi en rêvant à ta gloire passée.
Quand un journal de ce genre fait appel aux lecteurs, expliquant que l'association des lecteurs pourrait fournir du fric au journal (par exemple lui prêter) et même devenir actionnaire, on rêve. C'est vraiment la fin, et ce journal est exsangue : beaucoup plus d'un manque de projet et d'idées que d'un manque de fric... Donc le fric ne servira désormais plus qu'à boucher 5 minutes des trous qui s'agrandiront ailleurs.
Je vais sur le site : à chaque clic, on est agressé par des pubs atroces en pop up, qu'on a du mal à faire disparaitre --c'est devenu pire que les sites de c... On finit, en cherchant, par tomber sur ceci qui date de Juin, une explication des journalistes qui ont voté (à 60%) la co gérance qui se termine aujourd'hui :
"Ils cogèrent. Sale boulot, assurément, censé les désigner à l'opprobre général en induisant leur reddition aux banques et leur conversion au marché. Mais les banques et le marché ne sont pas arrivés avec Rothschild à Libération : ils y étaient déjà".
Hé oui : ils y étaient déjà. Même si July passait plus de temps à les cacher à ses journalistes, qu'à "protéger" la liberté de la rédaction ! Les "banques et le marché" (le diable et son train) : on sent à quel point les journalistes façon Libé ont majoritairement une sainte horreur de ces choses obscènes. Beurk.
Pourtant, faut-il le rappeler, un journal payant, c'est un journal payé par 2 clients. Premier client : ses lecteurs, et parce que ses lecteurs sont nombreux à payer, et sont les plus intelligents, ils procurent au journal un deuxième client : la pub. Si les journalistes de Libé préfèrent mépriser l'un des deux clients en question (c'est à dire alternativement l'un ou l'autre), hé bé qu'ils crèvent ! Et ce sera la victoire définitive de 20 minutes !
Quand on voit les mille inventions Web (2.0 ou autres !) et interactives sur les sites des publications américaines et les pauvres petits bricolages qui apparaissent dans Libération, on sent que le "modèle économique" n'est pas vraiment au point ! Et que le déficit culturel de cette rédaction est abyssal.
blu bluzy tutti !
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mardi 19 septembre 2006
Par Yves Duel,
mardi 19 septembre 2006 à 22:02 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Ce goût pour les visages plus que pour les portraits (à cause de ce sentiment de n'y voir qu'un "frère humain"), je le retrouve dans l'un des premiers billets de ce blog. Je l'ai relu et j'en avais les larmes aux yeux (oui, c'est de l'auto-nombrilisme-selfish).
Voilà la photo dont il s'agit dans le billet. Elle appartient à Tarquine et avait été empruntée par Kozlika pour un "jeu littéraire" (= légendez cette photo --ou un truc aussi simple que ça)

J'y songeais car ce blog a pile un an (c'est le 3ème, mais peu importe), et, bloguant nettement moins depuis plusieurs semaines, je me demandais si l'objectif était toujours le même. Oui, mais sans assez d'énergie pour le poursuivre avec assez d'assiduité.
Et puis il est vrai aussi qu'à 59 ans, je viens d'entamer ma 3ème carrière professionnelle : c'est assez fatiguant au total. Des collègues, des collaborateurs, des -trices, la machine à café, tout ce truc...
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mardi 12 septembre 2006
Par Yves Duel,
mardi 12 septembre 2006 à 17:51 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Lisez ça, ça vaudra largement les autres nouvelles nulles. Elle écrit un papier tout simple, tout plat parce qu'elle est allée à l'enterrement du maire de Bobigny (oui, vous aviez déjà oublié et moi aussi). Il est mort très soudainement, et il était aimé. Et être aimé à Bobigny : il y faut un talent un peu particulier.
C'est un papier sur la vraie vie, les tours, mettre des gens ensemble, faire vivre tout ça, touiller la marmite. C'est chouette, c'est simple, c'est grand.
(je n'avais pas vraiment aimé son livre écrit avec cette femme qui avait un truc qui lui mangeait le crâne. Je veux dire : en tant que livre. Pour le reste, c'était un truc résolument généreux).
(D'ailleurs je me demande si ce n'est pas ça qui caractérise cette femme. Je ne la connais pas, mais je l'imagine généreuse avant tout)
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dimanche 10 septembre 2006
Par Yves Duel,
dimanche 10 septembre 2006 à 17:08 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
J’étais au Divan ce dimanche soir, traînassant au bar en lisant vaguement le JDD, et haïssant comme d’habitude ce dimanche soir comme les autres. Et eux étaient tous deux perchés sur des tabourets de bar, à cette limite entre la salle et le trottoir, car les grandes portes fenêtres étaient restées ouvertes. Bavardage, dialogue, conversation amoureuse… j’avais juste remarqué qu’elle était fort jolie, et lui mince, grand, sans doute dégingandé (que veut dire dégingandé, déjà ?). Du bar, je voyais juste son profil à elle, et de lui son visage sérieux, discutant, répondant, fermé, à, je suppose, des questions. Puis quand j’ai relevé les yeux de mon journal il se levait. En un pas, il s’est approché d’elle, toujours assise, et elle a mis un bras autour de sa taille. Il s’est encore approché pour, je supposais, un baiser d’au revoir. Qui s’est transformé en un baiser d’adieu : "ces deux là se déchirent", disait l'artiste. Elle montait son bras vers sa nuque qui résistait. Elle l’a enlacé de l’autre bras, les deux formant un nœud à sa taille. L’un des bras montait, cherchant les lignes, les côtes, la colonne, les muscles. Puis redescendait, caressant le flanc, la taille, la chair. Je ne voyais qu’eux deux, c’était interminable. De lui même, sa tête s’est enfin penchée, abîmée, vers le visage de la jeune femme. Ils sont restés un instant, un instant interminable je suppose, lui penché et même la nuque cassée vers elle ; elle le visage monté dans une position que j’imaginais suppliante. Pourquoi faut il que ce soit la femme qu’on imagine "dans une position suppliante" ?. Et puis les bras se sont dénoués comme d’eux mêmes. Il s’est redressé et éloigne à la fois. Elle a posé un coude sur la table, penché son visage vers le verre, peut-être ne sachant plus que faire de son regard. Il a terminé par deux mots d’un ton que je devinais sec. Puis il est sorti vers la gauche, allant vers Bastille. Elle est descendue de son tabouret. Elle est restée raide un instant. Je ne voyais d’elle qu’un profil perdu, ses cheveux rassemblés par un simple élastique, un dos droit et une nuque pliée. J’ai crû percevoir comme un balancement. Elle a posé une main sur la table, peut-être pour arrêter ce tourni, puis s’est redressée, puis a fait un premier pas qui hésitait. Puis a quitté le bar, le dos droit, la nuque haute, raide, allant vers la droite, vers Voltaire. Je l’ai suivie.
(la suite au prochain épisode)
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mardi 16 mai 2006
Par Yves Duel,
mardi 16 mai 2006 à 20:02 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Madeleine et moi sommes seuls ce soir. Donc c'est moi qui raconte l'histoire, mais c'est elle qui choisit le livre. Ce sera le vieux livre (ça, c'est pour me faire plaisir). Et ce sera l'enfant d'éléphant (qu'elle connait par coeur). Et après que l'enfant ait demandé au crocodile ce qu'il mangeait pour diner, je prends une voix de circonstance pour dire ("et il dit cela entre ses dents", puisqu'il vient de happer le petit bout de trompe de l'enfant) : "je crois qu'aujourd'hui je commencerai par de l'enfant d'éléphant". Madeleine rentre la tête dans les épaules et met sa main devant son nez pour le protéger.
Délicieuse frayeur. "Mais laissez-boi aller ! Fous me faides mal !". Voix haut perchée, tandis que le serpent python bicolore de rochers descend sur la berge donner un coup de main ("m'est avis que va falloir mettre un coup de pression, sinon votre brillante carrière va être irrémédiablement compromise"). Les yeux de Madeleine écarquillés.
Faites 'xcuses, dit l'enfant d'éléphant avec la plus grande politesse... Et Madeleine la bouche en cul de poule. On se la reraconte encore un coup. 7 ans, mais c'était encore mieux quand j'en avais 6, ou même 5, pense-t-elle.
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mercredi 3 mai 2006
Par Yves Duel,
mercredi 3 mai 2006 à 22:08 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Voilà. C'était mon compte rendu. Fatigue.
(Et Garf : waouh ! un Etre Humain)
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Par Yves Duel,
mercredi 3 mai 2006 à 12:17 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Dit par Mad, 7 ans, après une intense réflexion. Et avec un net espacement entre les mots, dû autant sans doute à la forme grammaticale complexe qu'à la concurrence entre d'intenses sentiments qu'il fallait soupeser avec précaution. Ceci en évoquant le souvenir d'un Week End ou, encore une fois, elle allait passer deux jours chez une amie ; laissant son père et sa mère enchaîner un congrès et un dimanche dans une ville lointaine.
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