J'avais réagi à je ne sais quelle provocation de ta part. Oui, les économistes nous prennent pour des chiens. De pavlov, bien entendu, alors que tu voulais à tout prix défendre ton chouchou gentil Alexandre Delaigue miaou miaou.

Voilà l'actu. Il faut que tu lises le papier du Monde de ce soir sur les compagnies aériennes américaines, page 13 (je n'arrive pas à mettre un lien - si, le voilà). Oui, oui, oui. Tu vas comprendre, ya un rapport. En gros, ya 30 ans, au moment des Thatchérismes et Reaganomics triomphants, tout le monde, surtout le monde des puissants, s’est laissé convaincre que le marché, c’est le meilleur régulateur. T’as des concurrents ? tu baisses tes prix ; et donc le client s’y retrouve. Et en plus, si ton concurrent te broute les miches, tu (entrepreneuse) fais des éconocroques, des gains de productivité, de gros efforts pour être plus innovante, donc moins cher à produire, donc moins cher vendu, et tu le coules, ton concurrent. Youpee ! Ya des dégats ? Loi du marché, mon pote. Le bénéf pour tout le monde (clients, etc) est supérieur aux emmerdes pour tout seul (je veux dire : que subit ton concurrent que tu as coulé).

Les compagnies aériennes américaines ont vécu pendant 30 ans sur ce schéma. Ya 30 ans, on décide : dérégulons, la concurrence dans le transport aérien, ça va faire du bien ; et les clients seront contents. Résultat des courses : elles sont plombées. Elles ont de vieux avions, pour faire des économies de bouts de chandelles et vendre moins cher que leurs concurrentes ; elles payent un minimum de redevances aux aéroports, donc le service est minable. Et même les temps de trajets ont augmenté en 30 ans ! !

(La dernière barrière, c’est l’IATA, qui les oblige à respecter un plancher de règles de sécurité. Juste parce qu’un avion qui tombe, c’est la compagnie qui peut mettre la clé sous la porte : et les règles IATA s’appliquent à tout le monde ; donc la concurrence n’en est pas troublée...)

résultat des courses : la concurence aura été le pire des systèmes pour moderniser, faire évoluer, enrichir, faire innover une profession aussi sensible que le transport aérien. Chaque trimestre, les actgionnaires demandaient des comptes aux PDG sur le dividende, et le PDG, le dos au mur, remettait au trimestre suivant les "dépenses", c'est à dire l'investissement nécessaire au progrès à long terme de la compagnie. C'set ça, l'économie gouvernée par les financiers.

Coîncidence : il s’est passé à peu près le même truc dans le domaine de la finance, sur les mêmes 30 ans. Dérégulons, ont dit les mêmes idéologues. Résultat : Subprime.

Et tu as remarqué : l’un des articles de base du traité (simplifié ?) c’est « respect de la concurrence loyale et non faussée »

Non, je ne fais pas d'antiaméricanisme primaire. Et pas non plus d'antieuropéisme primaire. C'est plus subtil.

Bon, allez, je continue demain. ET je t'embrasse.

(le truc qui me gène dans ce genre de papier, c'est le coté : "jvous l'avais bien dit, bande de garnements, scrogneugneu". Pas grave; j'ai le cuir résistant)