Que j’aime cette langue : brève, acérée, brusque, un peu pète sec. C’est une phrase d’Almaviva s’adressant à son valet Figaro à propos de Suzanne. Le comte est étonné que Figaro semble surmonter sa jalousie. En réalité, le haut personnage n’a rien compris.

Tout tourne dans ce Beaumarchais, que nous sommes allés voir hier soir au Français, autour de ce désir : Almaviva veut se taper Suzanne, et tous les autres vont se liguer contre. Alors même qu’Almaviva finit par s’avouer sa propre indécision. « Si je la voulais vraiment, je la désirerais mille fois moins ! ». Admirable brièveté. Admirable complexité.