J'avais 15 ou 16 ans, et pour l'argent de poche, je faisais projectionniste le soir et le WE. C'était un métier : rentrer la pellicule dans le machin, fallait le faire certains soirs. Un de ces soirs, j'étais envoyé avec ma grosse machine, l'écran et tout le bazar au restaurant du 1er étage de la tour Eiffel. C'était l'assemblée annuelle du Fonds social juif unifié, et je venais projeter de courts films d'information (et de propagande) qui précédaient la manche : après les films, les riches mécènes de la communauté faisaient des chèques pharamineux pour des babioles. Et le tout était présidé par "le Baron Guy" : incroyable, mais tout le monde le nommait comme ça ; à tel point que je me demandais si Guy était bien son nom de famille ? pour un baron, c'était curieux... En tous cas, pour un jeune bourgeois comme moi, plus habitué aux barons particulés.

C'était avant 67. La propagande en question marchait à fond. l'Etat d'Israel était largement financé sur les bases sentimalo - idéologiques de la fin de la seconde guerre mondiale, par une diaspora puissante. Puis vint 67. Et De Gaulle, avec son "peuple fier et dominateur". Et la réponse de Tim dans l'Express, le dessin de presse qui restera comme un exemple, sans aucune doute !

voilà.. Le Baron Guy, c'était sans doute l'un des derniers Rotschild cultivés.