Ca tombe bien : j'ai un peu de temps ce matin, et je tombe sur ce malheureux journal que j'aimais. Aujourd'hui, 3ème papier de la série "On va mal, l'actionnaire nous met la pression, et comme papy July s'est tiré, ami lecteur, ya plus que toi pour nous montrer qu'on nous aime encore un peu".

Mais vouis, on l'aime encore un peu ce malheureux canard. Juste comme on se sent un peu obligé de montrer de la commisération pour celui qui tend la sébille,après une vie de flambage et badinages. Vouis Vouis, mon loulou, allez, rendors toi en rêvant à ta gloire passée.

Quand un journal de ce genre fait appel aux lecteurs, expliquant que l'association des lecteurs pourrait fournir du fric au journal (par exemple lui prêter) et même devenir actionnaire, on rêve. C'est vraiment la fin, et ce journal est exsangue : beaucoup plus d'un manque de projet et d'idées que d'un manque de fric... Donc le fric ne servira désormais plus qu'à boucher 5 minutes des trous qui s'agrandiront ailleurs.

Je vais sur le site : à chaque clic, on est agressé par des pubs atroces en pop up, qu'on a du mal à faire disparaitre --c'est devenu pire que les sites de c... On finit, en cherchant, par tomber sur ceci qui date de Juin, une explication des journalistes qui ont voté (à 60%) la co gérance qui se termine aujourd'hui :

"Ils cogèrent. Sale boulot, assurément, censé les désigner à l'opprobre général en induisant leur reddition aux banques et leur conversion au marché. Mais les banques et le marché ne sont pas arrivés avec Rothschild à Libération : ils y étaient déjà".

Hé oui : ils y étaient déjà. Même si July passait plus de temps à les cacher à ses journalistes, qu'à "protéger" la liberté de la rédaction ! Les "banques et le marché" (le diable et son train) : on sent à quel point les journalistes façon Libé ont majoritairement une sainte horreur de ces choses obscènes. Beurk.

Pourtant, faut-il le rappeler, un journal payant, c'est un journal payé par 2 clients. Premier client : ses lecteurs, et parce que ses lecteurs sont nombreux à payer, et sont les plus intelligents, ils procurent au journal un deuxième client : la pub. Si les journalistes de Libé préfèrent mépriser l'un des deux clients en question (c'est à dire alternativement l'un ou l'autre), hé bé qu'ils crèvent ! Et ce sera la victoire définitive de 20 minutes !

Quand on voit les mille inventions Web (2.0 ou autres !) et interactives sur les sites des publications américaines et les pauvres petits bricolages qui apparaissent dans Libération, on sent que le "modèle économique" n'est pas vraiment au point ! Et que le déficit culturel de cette rédaction est abyssal.

blu bluzy tutti !