Les faux culs du Monde (de ce soir) et les 35 heures chez Michelin d’après Ségolène
Par Yves Duel, jeudi 8 juin 2006 à 20:10 :: General :: #333 :: rss
Un scenar à la noix. Ségolène dit que les 35 h chez Michelin, « c’est les cadres qui ont plus de vacances, et les ouvriers qui viennent travailler le samedi ». Tiens, une idée se dit le rédac chef du Monde (qui en manque, des idées) allons voir chez Michelin ce qu’ils en disent.
Et voilà Tintinreporter qui fait la sortie des usines. Il croise 2 ouvriers qui lui disent nettement : si c’était à revoter on revoterait contre. Puis il voit des apparatchiki (députée ancienne ouvrière, responsable syndical) qui lui disent : aujourd’hui, l’accord serait revoté à 80%, alors qu’il l’avait été à 55%.
Hé bé, vous regardez le titre, vous lisez le cartouche (en gros au milieu de l’article) , il reproduit les apparatchiki, pas les ouvriers. Donc vous en concluez, parce que comme 80% des lecteurs vous n’avez pas le temps de lire l’article entier, que Ségolène a encore dit une connerie. Tu vois, bobonne, qu’ils sont pour les 35 h les Bibs. La ségo, elle dit des bêtises.
Et voilà une bonne petite manip que ça mange pas de pain et que ça coûte pas cher.
Je recommence. Les 35 h il y a des victimes désignées : ce sont les salariés du bas de l’échelle dans les petites boites ; singulièrement les femmes.
Ca a empiré pour eux ; alors que c’était déjà le pire. Et les grands, énormes bénéficiaires restent les bobos, les cadres et employés des grandes entreprises et de la fonction publique qui, rapport de force syndical aidant, ont pris tous les bénefs en vacances et en WE supplémentaires. Et n’ont pris aucune des contraintes. Ni même de baisses de salaires…Elle a raison la Ségo.
(sur le fond, bien entendu que je suis pour les 35 heures et pour les réorganisations du temps, du cycle de travail -un aspect des 35 h qui a été saboté par le patronat. Bien sûr que je suis pour les réformes libérales qui auraient autorisé ceux qui veulent plus d’argent à travailler plus. Bien sûr qu’il fallait les mettre en place par la négo décentralisée, encadrée, contrainte, sous pression, et pas par l’État autoritaire. Parce que bien sûr aussi qu’il faut, dans ce cas, protéger les plus faibles, car la loi libère et la liberté les opprime)
Commentaires
1. Le lundi 26 juin 2006 à 10:57, par Teebo
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