Sauf que c’est là qu’habite le formidable J G Ballard : ouah le choc quand j’ai découvert l’auteur de science fiction, pas fiction du tout d’ailleurs : vous rappelez vous Crash (le livre, éventuellement le film de Cronenberg) ?

Ballard (dans Le Monde des livres du 10 mars) développe tout un truc qui me va droit au cÅ“ur sur « la banlieuisation de l’âme ». Il dit : les trucs de masse, la télé, la pop, etc. (...) sont partis des banlieues après guerre (...) Et la banlieue, ce n’est pas le prolongement de la ville ; c’est complètement différent". « Notre cathédrale à nous, c’est l’aéroport d’Heathrow », dit il pour sa banlieue de Shepperton.

Je suis tellement persuadé, depuis tout enfant, que la banlieue, c’est con et ça rend con. Accepter la banlieue, c’est déjà accepter sa propre mort, ou sa lyophilisation. Et le pire qui puisse arriver à la ville, qui, elle est fabriquée d’abord par des pauvres entassés mais vivants, c’est d’être victime d’urbanistes. Ils ne savent faire que ça : la banlieuiser.

(D’ailleurs, ya pas de troquet du coin. Et un pays dans lequel ya pas de troquet du coin est un pays qui mérite de devenir une banlieue)