Le Monde 2 page 60 : Coluche, le marronnier sur 4 pages. Bon, pourquoi pas. Un encadré sur un petit texte oublié : un papier de Balasko dans Le Monde (quotidien) le lendemain de sa mort. Dans Le Monde 2 de cette semaine, il est titré : « Bordel de vie, Coluche est mort », censé être une citation tirée du papier qu’avait écrit Balasko à l’époque.

Or vous lisez le papier de Balasko, encore touchant aujourd’hui, et il se termine par : « Mais le plus dur c’est que demain, on va se réveiller et se dire : « Bordel de vie, Coluche est toujours mort ».

Vous avez lu le « toujours » au passage : bien sûr. C’est ce « toujours » qui fait le sel et l’esprit de la formule de Balasko. C’est sa pudeur, mais c’est aussi son sens du tempo. C’est sa façon à elle, understatement, de dire : on ne s’en remettra pas. C’est –bref, c’est de l’écriture, de la vraie de vraie. (Rappel : Josyane Balasko a écrit des livres, des films, plusieurs pièces de théâtre, quoi qu’on en pense, elle écrit. Elle n’utilise pas les mots au hasard)

Et le gougnafier de service au Monde 2 retire ce « toujours » : peut être parce que cet imbécile estime que la phrase serait trop longue pour faire un titre ? Ou alors, il n’a ni vu ni compris ce « toujours » ? ou encore il a juste été amusé par le « Bordel » (Hi ! Hi ! « bordel » dans Le Monde 2, légitimé par une citation ! ! Hu hu ! On s’encanaille, ma poule !) ?

Voilà mon crétin de service pour aujourd’hui. Dire que je viens de passer 30 mn sur un minuscule de minuscule machin qui aura retenu l’attention de 2, 5 personnes pendant 0,3 secondes, parmi les centaines de milliers qui lisent des magazines. C’est pas grave. C’est mon coté justicier toujours au boulot. Et puis, c’est connu, tu commences par supprimer un « toujours », après tu supprimes –disons- la sieste. Et un beau jour tu supprimes tes parents. C’est vraiment pas drôle.