Barcelone petit déjeuner solitaire à l’hôtel avant de prendre l’avion. Salle en sous sol, éclairage trop blanc, trois péronnelles murmurant dans un coin à tout vitesse, comme font tous les catalans (et les espagnols), au lieu de m’apporter du café chaud. Tout à coup, ça y est, j’ai compris ce qui me réveille et me met mal à l’aise : que des vieux ! Il n’y a que de vieux couples et quelques veuves dans cette salle.

Et j’aime pas les vieux, et surtout les vieux un peu riches qui fréquentent ce genre d’hôtels. Ils sont lents, ils marchent au radar, ils ont toujours l’air d’avoir mal quelque part, ils ont le regard tourné vers l’intérieur, ils se chouchoutent, ils se poupoutent, ils se regardent, ils sont pensifs façon tous racornis, et de profils, leurs courbes s’inversent : ils ont du bide et plus de fesses. Les hommes ne parlent plus à leurs femmes, et les femmes minaudent en tremblotant. Ils sont excessivement obséquieux avec les serveuses, et les serveuses leur parlent catalan sur un rythme de mitrailleuse, ce qui les fait trembloter encore plus. Ils chipotent leur nourriture, ils boivent avec de minuscules slurp précautionneux. Au secours, je suis cerné, ils me menacent.

Bref, rentrons à Paris.