Pour Kozlika, sans enthousiasme, mais parce que je m'y suis engagé (au moins à mon propre égard!), à propos de Garfield
Par Yves Duel, lundi 24 octobre 2005 à 19:24 :: General :: #73 :: rss
Ca fait une semaine, et j'ai beaucoup de mal à m'y mettre. Non que j'ai du mal avec les arguments : j'ai plutôt du mal avec l'importance qu'il faudrait (ou non) accorder à cette affaire de censure du blog de Garfield.
Les premières réactions sont ici et là .
Quant à moi, je ne l'avais pas lu avant d'apprendre ce coup de censure.
Bon, 4 petites choses modestes et destinées en priorité à Koz, qui m'avait interpellé.
1 - les censeurs sont souvent les plus cons de la farce ; c'est la règle, et le supérieur hiérarchique de Garfield l'illustre. Tant pis pour lui.
2 - il y a dans les Blogs un jeu de "m'as tu vu ?" Tu me vois, tu me vois pas (exactement comme au bonneteau !), je file et j't'embrouille, et passez muscade. Il y a, me semble t il, un amusement qui n'est pas totalement maîtrisé sur l'intime et l'extime, avec un goût marqué pour se cacher de façon transparente. Si on se fait choper en jouant un jeu interdit ou trop intime, j'aurais tendance à penser que c'est bien fait, et voilà . Ou plutôt que l'on est victime de ses propres ambiguïtés. Que l'on aurait mieux fait de regarder de plus près. Avant.
Il y a encore long à dire, là dessus. Je m'y essaie depuis un moment ; mais en tatonnant.
3 - sur le statut de celui-qui-parle et sur les fonctions d'autorité : j'ai sans doute une position personnelle assez conservatrice sur ce point. Mais j'ai tellement le sentiment que les minots manquent de points de repères que je ressens une espèce de respect a priori, et donc d'exigence vis à vis du corps enseignant en général. Sans être souvent déçu d'ailleurs. Et c'est dans ce cadre qu'il me semble qu'un fonctionnaire (bon, j'recommence pas le couplet) ; pire : qu'un fonctionnaire d'autorité doit être exemplaire. Y compris dans la neutralité qu'il montre vis à vis du monde extérieur ; dans son personnage privé et dans son personnage public.
4 - Donc autant il a le droit de critiquer l'institution, autant il ne peut le faire dans le cadre de l'institution. Autant il a tous les droits des autres citoyens à vivre et gérer sa vie intime, autant il ne peut la "laisser voir" si cela doit "scandaliser" les uns ou les autres : c'est à dire la majorité, et même si celle ci est composée a priori de boeufs, plutot que d'aigles !
Je suppose que si j'avais, moi que je te parle, à fixer des règles, je commencerais par celle ci : ne pas choquer la majorité ; et continuerais par celle là : faire entrer paisiblement, lentement des comportements minoritaires dans les comportements admis. Ceci en fonction de la règle qui veut que l'on respecte les comportements minoritaires, tant qu'ils ne vont pas contre -je ne sais quoi : la démocratie, sans doute, et le libre choix de, etc.
5 - Car, pour finir par le chapitre qui fâche, j'ai du mal à croire que la censure dont Garfield a été l'objet soit lié au fait qu'il est homo: c'est plutôt lié au fait qu'il s'est affiché (ou laissé "dénoncer" ?) homo ET critique de l'institution.
Je ne sais si je vis dans un site idéalement paisible, mais j'ai du mal à imaginer une censure à l'égard d'enseignant(e)s homosexuels dans les écoles que je connais (et que j'ai connu). Koz peut dire que la "connaissance de cette sexualité d'un ou de plusieurs de leurs enseignants peut aider les jeunes homosexuels à ne pas se penser pervers et aux jeunes hétérosexuels à réaliser qu'il n'y a rien là d'extraordinaire". Et idéalement, c'est sans doute ce à quoi devrait contribuer l'école. La nuance que j'ajoute est : pas malgré eux ; ni malgré leurs parents, qui restent les premiers responsables de leur éducation.
c'est un peu une fausse symétrie que de supposer que les exemples pris pas Samantdi changent quoi que ce soit à cette règle : elle n'a jamis prétendu "promouvoir les relations extra-conjugales avec un père...", ni Tarquine faire un modèle public du fait de vivre avec "un secret" ;-)
Oui, d'accord, le coeur du truc, c'est bien "la notion de vie privée" : je serais bien incapable de la définir de façon précise et concrète, mais j'ai tout de même la conviction qu'elle doit être distinguée des rôles publics ; et qu'elle doit donc pouvoir être lue, perçue par des enfants à l'aide du filtre de leurs parents --ou des adultes qui en tiennent fonction.
Ouais, c'est pas terrible comme réponse. Et je suppose que ça tient à ma naïveté sur le sujet : comme je n'ai pas été confronté à des situations violentes, je n'ai pas eu à me situer dans un conflit, à l'école ou ailleurs, en tant que Assoce de parents d'élève, par exemple. Tant pis ?
Commentaires
1. Le mardi 25 octobre 2005 à 11:07, par Baptistine
2. Le mardi 25 octobre 2005 à 12:28, par gilda
3. Le vendredi 29 août 2008 à 21:18, par choz
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