lundi 31 octobre 2005
Par Yves Duel,
lundi 31 octobre 2005 à 14:35 :: Snobisme virtuel
J’ai eu tort. Hier, je me suis encore énervé bêtement en lisant cet imbécile de service, ce Philippe Sollers, qui me gâche le Journal du Dimanche une fois par mois, avec son journal de son mois à lui ; qui est surtout le journal de son moi moi moi. Qu’il est con.
C’est lui qui avait inventé ce qualificatif de « la France moisie » pour désigner ses ennemis intimes. Je rappelais ce point à Maud, toute bronzée, que je n’avais pas vue depuis l’été et qui m’avait emmené voir Wallace & Gromit (en me prétendant qu’il y avait un machin sémio-je-ne-sais-quoi dans ce film : rien vu, rien compris). Puis nous sommes allés tous deux boire un cocktail raffiné dans le noir du Bois Charbons. Il y avait là les duettistes habituelles : Pravda la survireuse et sa copine Barbarella. Evidemment, Maud, trop jeune, était un peu perdue : lui faire en une heure une vaste synthèse pop-sixties-BD, avant que je la remette dans son avion pour le Népal, là, je le sentais pas vraiment !
Et c’est à ce moment précis que l’incident a eu lieu. Je parlais à Maud de Sollers, en lui disant que ce type a des arguments qui puent le rance, comme les antisémites de l’avant-guerre. Et Barbarella, qui avait mal entendu, a pris ça pour elle. « Rance, mon accordéon ? », me demandait-elle la voix tremblante, sur le ton « mais que vous ai-je fait, pour que vous soyez si cruel ? ». Mais pas du tout, ma chérie, on ne parlait pas de toi, on parlait de Sollers. Elle n’écoutait plus, et ayant posé son instrument, remettait des gants improbables dans cette ambiance.
J’avais perdu toute ma bonne humeur. Et j’ajoutais en direction de Maud : figure toi qu’il m’arrive de parler seul. -Après avoir beaucoup bu, demanda-t-elle ? -Non. -Méfie toi de ton coté ubiquite soliloqueur, reprit-elle d’un ton ferme. Je l’emmenai à l’aéroport.
(c'était ma participation au jeu magique de la fée Kozlika qui est icitte)
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Par Yves Duel,
lundi 31 octobre 2005 à 10:59 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Jean-Claude Junker : "si on ne trouve pas le moyen de remettre sur les rails le processus constitutionnel, les futures générations ne trouveront plus dans leur histoire récente suffisamment d’arguments pour reprendre un projet que les précédentes auront délaissé. Tant que mon père est en vie, qui a dû faire la guerre, je sais pourquoi je me démène. En 2030, ce que furent Hitler et Staline deviendra flou".
Entretien dans Les Echos 24 10 05
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Par Yves Duel,
lundi 31 octobre 2005 à 10:32 :: General
Rigolo de voir les modes changer d'une saison à l'autre : Les Echos (25-10) ont découvert dans une Nième étude de McKinsey que le management avait un rôle crucual dans les boites qui marchent le mieux. Super ! de l'humain, du vécu ! Moi, je croyais, depuis la dernière étude de Duschmoll WorldWide, qu'il suffisait d'avoir des "assets stratégiques" et tout allait bien ? !
Bon, mais pour prouver que l'Europe est en retard, Les Echos se laissent aller : 2 tableaux : nombre de titulaires d'un MBA plus faible : or la encore, des wagons d'études montrent que les claissements MBA sont tricheries et compagnies ; jsute un mode d'auto-sélection entre pairs, et pas du tout un mode de sélection des talents ! ... Universités classées dans le top ten : la encore, des économistes sérieux montrent depuis quelques années que ces classements sont clairement bidonnés.
Seul le 3è tableau est intéressant. Parmi les "employeurs les plus recherchés", les hi tech US sont loin devant. Mais ça prouve quoi ? qu'elles communiquement mieux que les autres ? Et à part ça ?
(bon j'arrête : on va me prendre poour un anti-américaniste primaire.... Et alors ? J'ai bien été un anti-communiste primaire, dans les good old days, ainsi d'ailleurs que secondaire, tertiaire et quaternaire).
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Par Yves Duel,
lundi 31 octobre 2005 à 09:58 :: General
C'est l'un de mes agacements favoris à la lecture du mollasson Libération : le supplément du Lundi, censé traiter d'emploi, et qui tranche par son anti-mollassonisme.
Bien, très bien de reprendre un peu de muscle ; surtout dans un champ qui est historiquement celui du Libé d'avant guerre (je veux dire : du Golfe). Mais encore faudrait-il prendre les moyens de ses ambitions. Ce supplément est d'une méchanceté et d'une noirceur parfaites quand il s'agit d'enquêtes, de vrai terrain. Il est d'une partialité qui le ridiculise quand il s'agit de papiers d'ambiance, de contexte, et sur les politiques sociales. Celui d'aujourd'hui, 31 Oct., est exemplaire. "ANPE contre privé" : déjà le titre est de mauvaise foi. Ensuite la description de ce que font les cabinets privés, on le sent, dégoûte profondément le ou la journaliste, qui sympathise à mort avec les agents de l'ANPE. Et enfin, les réusltats des uns et des autres sont présentés de façon très malhonnète.
Un seul exemple : il est clair, il y a des dizaines d'études et d'enquetes là dessus (outre mon expérience personnelle), que l'un des gros pbs de l'ANPE est de ne pas suivre les demandeurs ; de ne rien ou presque rien leur proposer ; d'appliquer avec une telle rigidité des règles "républicaines " (=tout le monde a droit également à tout) d'accès à des prestations que l'efficacité frôle la catastrophe; etc. Hé bien, rien pas la moindre allusion, ni à ça, ni au statut hyper rigide des personnels, qui décourage totalement l'initiative individuelle, qui interdit de sanctionner les paresses comme les efforts, qui continue de modéliser sur la fonction publique, c'est à dire l'exact inverse de ce dont ces personnels sont censés s'occuper...
Bref, ces journalistes sont pris dans le mirage d'une admiration sans cause. Et ils se trompent lourdement en pensant défendre, avec de tels papiers, une conception du "Service Public". A mon avis, leur nouveau patron Rothschild va y mettre bon ordre. Et le plus ironique, c'est que quand leur supplément sera arêté, tout le monde criera à la censure. Alors que ce sera juste un décision de bonne gestion : si ce supplément n'a pas la qualité nécessaire, mieux vaut l'arrêter.
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Par Yves Duel,
lundi 31 octobre 2005 à 09:08 :: General
Instant ému en lisant le JDD page 33 : longues citations de Ch Bourgois, 40 ans d'édition, je survole très vite les livres qu'il cite. A la fin, cette phrase : "les signatures de Jim Harrison durent au minimum deux heures. Les gens font la queue en silence : une fille nommée Dalva dans un bras et une bouteille de vin dans l'autre", etc.
IL y a deux ans, ouais, mon cher amour et moi avions fait la queue à l'Arbre à Lettres pour que le grand Jim, sa bouteille à coté de lui, nous signe son volume de mémoires --c'est ridicule, et c'était bien la première fois de ma vie que j'attendais pour obtenir un autographe ; mais c'est vrai que cet ours bourru est un tendre. Et, surprise, il est petit, alors que je le voyais en géant !
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dimanche 30 octobre 2005
Par Yves Duel,
dimanche 30 octobre 2005 à 16:58 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Ca se voit sur la photo ?
parce que là, en haut à droite, il est clairement 8 h 26, et l'arrivée de l'un des vols de New York est toujours "prévue" à 8 h 10 ! ?
Et en plus, c'est à Ch de Gaulle, ou il n'y a plus tellement d'amoureux, entre les blocsz de bêton. A Orly non plus. Pourtant l'une des plus belles de Brel.
Allez, la voilà, perdons pas une occase :
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
La pluie les a soudés
Semble-t-il l'un à l'autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire: je t'aime
Elle doit lui dire: je t'aime
Je crois qu'ils sont en train
De ne rien se promettre
C'est deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et brusquement ils pleurent
Ils pleurent à gros bouillons
Tout entourésqu'ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L'exploir de les juger
Mais la vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C'est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud
Et maintenant ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l'heure c'était lui
Lorsque je disais il
Tout encastrés qu'ils sont
Ils n'entendent plus rien
Que les sanglots de l'autre
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment lentement ces deux corps
Se séparent et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu'ils crient
Et puis ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis en reculant
Comme la mer se retire
Ils consomment l'adieu
Ils bavent quelques mots
Agitent une vague main
Et brusquement ils fuient
Fuient sans se retourner
Et puis il disparaît
Bouffé par l'escalier
La vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C'est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud
Et puis il disparaît
Bouffé par l'escalier
Et elle elle reste là
Cœur en croix bouche ouverte
Sans un cri sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu'elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu'a terre
Ça y est elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu'elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là elle perd l'amour
L'amour le lui a dit
Revoilà l'inutile
Elle vivra ses projets
Qui ne feront qu'attendre
La revoilà fragile
Avant que d'être à vendre
Je suis là je le suis
Je n'ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit
J'ai beaucoup étonné Mon Cher Amour en lui disant que j'aimais cette chanson, même si je la trouvais machiste. oui, ce "Elle vivra ses projets / Qui ne feront qu'attendre / La revoilà fragile / Avant que d'être à vendre" : La seule hypothèse pour une femme "abandonnée", c'est de devenir "à vendre"... pas très brillant !
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Par Yves Duel,
dimanche 30 octobre 2005 à 14:31 :: Snobisme virtuel
Je m'étais promis de ne pas passer par là. Curieuse impression, en passant par la Rambla qui descend de la place de Catalogne vers la mer. Ces personnages fixes, ces pierrots lunaires, tous ces simili clowns qui bordent l’allée centrale depuis des années ont soudain pris des couleurs et du mouvement. En tous cas, c'est la première fois que je les vois ainsi. Je tombe sur une angelotte, visiblement harassée d’avoir passé des heures posée sur sa caisse. Elle en est descendue, et discute avec un Humphrey Bogart entièrement vieil or, et un Obelix un peu faiblard du coffre. Il sont aussi descendus de leur petits piédestaux pour tailler la bavette et boire une bière ensemble.
Le pathétique, c’est le dévoiement. Il y a eu pendant quelques années des statues un peu partout, sur les places publiques, à l’entrée des musées, dont on s’apercevait à la dernière seconde qu’elles étaient bien vivantes. On était, un court instant, surpris et effaré de ce mouvement soudain de la pierre, ou de l’or, ou de l’apparent métal argenté. Puis c’est un faux Charlot qui vous faisait un clin d’œil. Puis… Puis le pathétique approche. Jusque là, dans l'oeuvre d'art, il y avait ce grandose du silence et de l'immobilité. Il y avait comme un rêve : je suis, car j'ai toujours été, la reine d'Egypte dans son linceul d'or. Admirez- moi (et laissez 1 €, de préférence).
Mais en se mettant à bouger, l’œuvre d’art faite avec le corps n’est plus qu’une mécanique instantanée. On vous propose de vous jouer une scénette qui durera 2 ou 10 secondes, juste de le temps de se faire prendre en photo avec Bogart (il sort son pistolet), ou les deux GI’s surarmés et tout peints en marron (ils vous mettent en joue), ou encore les papys tous gris sur leurs vélos, statufiés jusqu’à ce qu’une grosse maman rattrape sa fille, apeurée et surprise (la pièce dans le bol déclenche 10 secondes de tapages avec grlots, pédalages absurdes et bruits d'exténuation bronchique)
Combien d’abandons, de tristesses, de projets rentrés dans ces personnages de couleur ? Combien d’artistes qui ont réduit leurs désirs jusqu’à se donner en pâture à la bonne grosse mollasse foule repue qui déambule sur la Rambla ? Combien d’entre eux s’amusent vraiment de cette manche sophistiquée, mais qui reste la manche ?
J’ai le cœur serré en passant devant eux, j’ai presque honte de les regarder furtivement, sans m’arrêter ni leur donner d’argent. Bien sûr, j’ai envie d’aller voir cette blonde qui vient d’ôter son harnachement d’ange pour lui proposer d’aller boire une bière, et se reposer un moment assise à une terrasse. Mais bien sûr, je n’ose pas. Le pli las de sa bouche m’intimide et je n’aurais certainement pas les mots qu’il faut pour lui dire : allez, courage, tu es belle, même planquée sous ton maquillage et tes oripeaux, et tu le feras, le spectacle auquel tu rêves !
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Par Yves Duel,
dimanche 30 octobre 2005 à 14:20 :: Snobisme réel
Barcelone petit déjeuner solitaire à l’hôtel avant de prendre l’avion. Salle en sous sol, éclairage trop blanc, trois péronnelles murmurant dans un coin à tout vitesse, comme font tous les catalans (et les espagnols), au lieu de m’apporter du café chaud. Tout à coup, ça y est, j’ai compris ce qui me réveille et me met mal à l’aise : que des vieux ! Il n’y a que de vieux couples et quelques veuves dans cette salle.
Et j’aime pas les vieux, et surtout les vieux un peu riches qui fréquentent ce genre d’hôtels. Ils sont lents, ils marchent au radar, ils ont toujours l’air d’avoir mal quelque part, ils ont le regard tourné vers l’intérieur, ils se chouchoutent, ils se poupoutent, ils se regardent, ils sont pensifs façon tous racornis, et de profils, leurs courbes s’inversent : ils ont du bide et plus de fesses. Les hommes ne parlent plus à leurs femmes, et les femmes minaudent en tremblotant. Ils sont excessivement obséquieux avec les serveuses, et les serveuses leur parlent catalan sur un rythme de mitrailleuse, ce qui les fait trembloter encore plus. Ils chipotent leur nourriture, ils boivent avec de minuscules slurp précautionneux. Au secours, je suis cerné, ils me menacent.
Bref, rentrons à Paris.
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samedi 29 octobre 2005
Par Yves Duel,
samedi 29 octobre 2005 à 10:56 :: General
Cette pub rigolote des 2 mômes qui vont casser quelque chose...
)
(et je ne sais même pas traduire ce que dit le slogan ! Tant mieux
Et maintenant, je trainasse à Barcelone jusqu'à demain, après deux jours passés à un Congrès, en partie dans La Pedreda. Elle a été restaurée : c'que c'est beau et étrange !
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mardi 25 octobre 2005
Par Yves Duel,
mardi 25 octobre 2005 à 14:16 :: -THE !- crétin du jour
il a pas fallu longtemps. Un jeune homme exagérément poli vient de me téléphoner pour me dire que solliciter les prospects sur leur téléphone fixe, c'était pas du tout du tout la politique de la maison ; que c'était un de leurs F*** de N** de D*** de C*** de distributeur (je vous donne le sens profond de ses paroles) qui avait fait du zèle ; que eux, hé bé ils faisaient tout juste de "l'accompagnement commercial", mais pas de prospection par téléphone.
Et il m'a même annoncé une LETTRE de Monsieur le PDG lui même : j'avais l'impression qu'il fallait que je me mette à genoux devant cette merveilleuse nouvelle !
Conclusion : c'est chiant, mais il faut toujours prendre le temps d'engueuler les PDG. Ca secoue dans les étages inférieurs, et le PDG a le sentiment d'être branché en direct sur les problèmes de ses clients. L'idéal, quoi !
(kes kon perd comme temps à des conneries !)
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Par Yves Duel,
mardi 25 octobre 2005 à 09:48 :: Snobisme réel
C'est là ; c'est très beau ; et ça nécessite des points virgules
(heu : pluriel des noms composés ? ! ? )
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lundi 24 octobre 2005
Par Yves Duel,
lundi 24 octobre 2005 à 20:58 :: -THE !- crétin du jour
C'est l'édito de l'Expansion. Ca commence par : "A deux reprises ces derniers mois, j'ai plaidé dans ces colonnes pour une réevaluaiton du rôle de l'Etat dans l'économie", etc etc. Et le premier ministre ne m'a pas entendu : hé bé ma poule, il a pas que ça à faire, aussi !
C'est vrai, tu lui apportais toutes les solutions aux problèmes de la France sur un plateau, et il fait même pas gaffe ! C'est tuant ce métier de journaliste !
(Ce que je peux détester ces prétentieux donneurs de leçons, qui savent tout, qui ont tout compris avant les autres, et qui vous grasseyent dans le gilet : "j'ai dit à Untel : allons-y, il faut de la vigueur et du sang froid", et bla bla bla. Une répétition mécanique de recettes, d'idées toutes faites, jamais éprouvées nulle part ; et de la part de gens, guère mieux que des piliers de bistrots, qui jamais ne se sont frottés à la dure réalité : trancher, arbitrer, décider. Comment un type comme ça peut diriger un canard comme ça ? preuve que l'un ni que l'autre n'ont strictement plus aucune importance ?)
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Par Yves Duel,
lundi 24 octobre 2005 à 19:24 :: General
Ca fait une semaine, et j'ai beaucoup de mal à m'y mettre. Non que j'ai du mal avec les arguments : j'ai plutôt du mal avec l'importance qu'il faudrait (ou non) accorder à cette affaire de censure du blog de Garfield.
Les premières réactions sont ici et là.
Quant à moi, je ne l'avais pas lu avant d'apprendre ce coup de censure.
Bon, 4 petites choses modestes et destinées en priorité à Koz, qui m'avait interpellé.
1 - les censeurs sont souvent les plus cons de la farce ; c'est la règle, et le supérieur hiérarchique de Garfield l'illustre. Tant pis pour lui.
2 - il y a dans les Blogs un jeu de "m'as tu vu ?" Tu me vois, tu me vois pas (exactement comme au bonneteau !), je file et j't'embrouille, et passez muscade. Il y a, me semble t il, un amusement qui n'est pas totalement maîtrisé sur l'intime et l'extime, avec un goût marqué pour se cacher de façon transparente. Si on se fait choper en jouant un jeu interdit ou trop intime, j'aurais tendance à penser que c'est bien fait, et voilà. Ou plutôt que l'on est victime de ses propres ambiguïtés. Que l'on aurait mieux fait de regarder de plus près. Avant.
Il y a encore long à dire, là dessus. Je m'y essaie depuis un moment ; mais en tatonnant.
3 - sur le statut de celui-qui-parle et sur les fonctions d'autorité : j'ai sans doute une position personnelle assez conservatrice sur ce point. Mais j'ai tellement le sentiment que les minots manquent de points de repères que je ressens une espèce de respect a priori, et donc d'exigence vis à vis du corps enseignant en général. Sans être souvent déçu d'ailleurs. Et c'est dans ce cadre qu'il me semble qu'un fonctionnaire (bon, j'recommence pas le couplet) ; pire : qu'un fonctionnaire d'autorité doit être exemplaire. Y compris dans la neutralité qu'il montre vis à vis du monde extérieur ; dans son personnage privé et dans son personnage public.
4 - Donc autant il a le droit de critiquer l'institution, autant il ne peut le faire dans le cadre de l'institution. Autant il a tous les droits des autres citoyens à vivre et gérer sa vie intime, autant il ne peut la "laisser voir" si cela doit "scandaliser" les uns ou les autres : c'est à dire la majorité, et même si celle ci est composée a priori de boeufs, plutot que d'aigles !
Je suppose que si j'avais, moi que je te parle, à fixer des règles, je commencerais par celle ci : ne pas choquer la majorité ; et continuerais par celle là : faire entrer paisiblement, lentement des comportements minoritaires dans les comportements admis. Ceci en fonction de la règle qui veut que l'on respecte les comportements minoritaires, tant qu'ils ne vont pas contre -je ne sais quoi : la démocratie, sans doute, et le libre choix de, etc.
5 - Car, pour finir par le chapitre qui fâche, j'ai du mal à croire que la censure dont Garfield a été l'objet soit lié au fait qu'il est homo: c'est plutôt lié au fait qu'il s'est affiché (ou laissé "dénoncer" ?) homo ET critique de l'institution.
Je ne sais si je vis dans un site idéalement paisible, mais j'ai du mal à imaginer une censure à l'égard d'enseignant(e)s homosexuels dans les écoles que je connais (et que j'ai connu). Koz peut dire que la "connaissance de cette sexualité d'un ou de plusieurs de leurs enseignants peut aider les jeunes homosexuels à ne pas se penser pervers et aux jeunes hétérosexuels à réaliser qu'il n'y a rien là d'extraordinaire". Et idéalement, c'est sans doute ce à quoi devrait contribuer l'école. La nuance que j'ajoute est : pas malgré eux ; ni malgré leurs parents, qui restent les premiers responsables de leur éducation.
c'est un peu une fausse symétrie que de supposer que les exemples pris pas Samantdi changent quoi que ce soit à cette règle : elle n'a jamis prétendu "promouvoir les relations extra-conjugales avec un père...", ni Tarquine faire un modèle public du fait de vivre avec "un secret" ;-)
Oui, d'accord, le coeur du truc, c'est bien "la notion de vie privée" : je serais bien incapable de la définir de façon précise et concrète, mais j'ai tout de même la conviction qu'elle doit être distinguée des rôles publics ; et qu'elle doit donc pouvoir être lue, perçue par des enfants à l'aide du filtre de leurs parents --ou des adultes qui en tiennent fonction.
Ouais, c'est pas terrible comme réponse. Et je suppose que ça tient à ma naïveté sur le sujet : comme je n'ai pas été confronté à des situations violentes, je n'ai pas eu à me situer dans un conflit, à l'école ou ailleurs, en tant que Assoce de parents d'élève, par exemple. Tant pis ?
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Par Yves Duel,
lundi 24 octobre 2005 à 18:41 :: Economie
Cette femme, qui chronique depuis quelques mois dans Libération, est remarquable. Ce papier, on rêverait qu'un journaliste a/cultivé ; b/courageux l'ait écrit !
Oui, la France se comporte comme un voyou, un vieux voyou égoïste dans les négos Europe / OMC ! Et dans une perspective à courte vue : qui va même contre les interets de la droite moderne !
Et le suivi de l'affaire des emprunteurs surendettés assasins. Gloukoziekoff est tout jeune, et sa doctorante, je suppose, encore plus. C'est sans doute pourquoi sa conclusion est légèrement dérisoire. Quelques milliers de micro crédit ne changeront ni le comportement (cynique) des banques, ni celui (inculte quant à ce cynisme) des clients pauvres. Ce n'est pas une question de morale, contrairement à ce que dit ce jeune homme moderne.C'est une question de culture. Les pauvres en Grande Bretagne savent depuis des générations qu'ils n'ont rien à attendre des Sharks, des requins, des money-lenders. Alors qu'en France, on a longtemps crû que l'Etat -Ah, l'Etat !- les protégerait. C'est fini. Hé bé, ceux qui n'ont pas suivi le film n'ont qu'à se suicider.Pas drôle !
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mercredi 19 octobre 2005
Par Yves Duel,
mercredi 19 octobre 2005 à 07:13 :: General
Deuxième papier de Florence Aubenas dans Libération d'aujourd'hui sur cette famille surendettée (lepremier date du 17 10). Sidérant, au sens strict.
je signale à mes honorables lecteurs -trices (si j'en ai) que les professions de la banque et des institutions fiancièrs spécialisées (les Cofidis et Cie) refusent à Bruxelles le concept même de "prêteur responsable", dans l'actuelle version du projet de directive sur le crédit conso.
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mardi 18 octobre 2005
Par Yves Duel,
mardi 18 octobre 2005 à 07:09 :: General
C'est dans Le Monde d'hier, 18 oct. Des labos pharmaceutiques avaient comploté entre eux pour empêcher l'arrivée des médicaments génériques sur le marché brésilien. Ils ont commis un délit pénal. La justice brésilienne vient de les condamner, en appliquant la loi. Non pas "le Brésil", le pays.
Cet à-peu-près est dommageable car il renforce l'impression de guerre ouverte entre le pays et de nombreuses multi nationales. Alors qu'il n n'y a qu'une politique défensive de la part du Brésil.
Les gros salopards cyniques de l'industrie pharmaceutique ont décidé de faire du Brésil un exemple vis à vis des 50 ou 100 pays qui prétendent utiliser leur souveraineté pour faire des génériques, ou casser des brevets afin de combattre les pandémies. Et les grandes compagnies voulaient faire une démonstration avec le Brésil : on s'en fout si vos malades sont pauvres ; nous on veut vendre nos médocs au prix maximum ; et on vous refuse d'utiliser nos brevets. Ca, c'et l'OMC pure laine. Le Brésil a réagi ; à chaque fois les grandes companies ont plié ; à chaque fois elles reprennnet les guerres de position.
Je dois dire que j'ai du mal à comprendre comment les patrons des grands labos parviennent à terminer leurs journées de travail sans être couverts de crachats.
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dimanche 16 octobre 2005
Par Yves Duel,
dimanche 16 octobre 2005 à 14:22 :: General
Allez, une devinette. Cette citation est le titre d'un interview de Michaël Hanneke (dans Libé du 5 10) ; titre qui reprend une phrase de l'auteur dans l'interview.
Devinette : à qui s'applique cette phrase, dans l'entretien avec Hanneke ?
Aux énarques ? trop fastoche ! (par exemple à ceux qui se sont occupés de la SNCM ces dernières années )
A Fabius ? Ce serait trop polémique de la part d'un autrichien !
bon, à qui ?
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Par Yves Duel,
dimanche 16 octobre 2005 à 14:15 :: General
Il vient de publier un bouquin sur sa marotte, les biens communs, et comme il est cohérent, le bouquin, Cause commune, est diffusé à la fois par l'éditeur Fayard et sur le Net.
C'est de plus en plus compliqué de définir le contenu de ce que nous souhaitons nommer des "biens communs". Parce que certains, comme l'air et l'eau relèvent tellement de l'évidence immémoriale que l'on met des décennies à s'apercevoir qu'on vous en a privé. L'air? t'as qu'a voir ce qu tu respires Paris. L'eau ? Dans certains pays du Sud, on trouve plus facilement du Coca cola que de l'eau bonne à consommer !
Aigrain, dans un papier publié par le Diplo d'Octobre, insiste plutot sur "la reconquête" : c'est à dire les "nouvelles coalitions" qui se mettent en place pour lutter contre l'appropriation privée de biens communs plus subtils. Exemple : les logiciels libres, bien sûr ; mais aussi le génome, les médocs génériques, etc.
C'est dans la série : "bande de gauchistes, toujours à critiquer ; mais qu'est ce que vous proposez ?". Hé bien, j'ignore si Aigrain peut être considéré comme gauchiste, mais il propose !
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Par Yves Duel,
dimanche 16 octobre 2005 à 13:14 :: General
Pour une fois, j'ai du mal avc le Schneiderman du jour (Libé 14 10) qui chute en disant que si c'est le cas, "il n'est pas certain que la démocratie gagne au change"
C'est un peu court. Sans doute, les mises au point internes de Wikipedia (qui décide de mettre en ligne, une fois un article polémique "neutralisé"? ) restent un peu obscures. Mais, on peut le parier, plus pour longtemps. Alors que Schneid oublie que Le Monde traite aussi à partir d'une position de pouvoir et défend ses intérêts. Ce n'est pas le cas de Wikipedia, et je ne vois pas bien comment une telle encyclopédie pourrait acquérir une "position de pouvoir".
Donc le raisonnement de Schneid me parait un peu court.
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Par Yves Duel,
dimanche 16 octobre 2005 à 12:52 :: General
Gérard Lefort : il commente la photo de la devanture du nouveau magasin Vuitton aux Champs Elysées. Je l'avais trouvée (et l'idée et la photo) choquante. Il explique pourquoi, et va loin et vite. C'est ça le talent.
Vuitton parmi les sommets de la vulgarité : j'adore.
Luchini : je hais Céline, et son talent n'excuse rien. Mais disséqué par Luchini... Whaou. Des papiers comme ça, vous en lisez --allez 2 par an ?
(c'est Libé daté du 15 et 16 oct)
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Par Yves Duel,
dimanche 16 octobre 2005 à 12:48 :: General
Il s'agit de ce débat sur la censure du blog d'un enseignant.
Il faut que je réponde, mais il faut que je réponde sérieusement. DOnc ça prend du temps.
Alors que vite fait, j'ai 2 ou 3 trucs qui me démangent le clavier
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vendredi 14 octobre 2005
Par Yves Duel,
vendredi 14 octobre 2005 à 09:29 :: General
À M. Philippe Montagner
PDG
Bouygues Télécoms
Monsieur le PDG
J’ai été appelé au téléphone 5 fois - CINQ FOIS – en 2 semaines par des personnes parlant mal le français pour me vendre je ne sais quel service de Bouygues Télécoms dont je n’ai aucun besoin
Ce harcèlement est la pire des contre –pub que vous pouvez faire à votre propre entreprise.
Je vous recommande de mettre en place une politique commerciale un peu plus respectueuse de la vie privée de vos « prospects », car cette manière de faire est inadmissible.
Avec mes salutations
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jeudi 13 octobre 2005
Par Yves Duel,
jeudi 13 octobre 2005 à 07:19 :: General
Ceuta et Melilla, j'y étais passé, ainsi que vers l'autre porte cadenassée de l'Europe, c'est à dire TAnger, à un époque ou on y jouait tranquillement au gendarme et au voleur. Mais le patronat européen obtenait qu'on laisse faire, car il avait besoin de cette main d'oeuvre taillable et corvéable ; d'autant plus quand elle est illégale. Aujourd'hui, on ne joue plus. Et le résultat est atroce. Le JDD, puis Libé, puis Le Monde y sont allés voir, dans le désert ou on a renvoyé les malheureux.
La honte. Mais à part éprouver la honte, que faire ? Obtenir un plan Marshall pour l'Afrique, comme le demandent quelques députés clairvoyants ? Ou est le rapport de forces ?
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mercredi 12 octobre 2005
Par Yves Duel,
mercredi 12 octobre 2005 à 14:57 :: General
Je suis abonné, j'aime beaucoup, ils sont beaucoup plus sérieux et intelligents que moi.
Et ils sont cités avec le trio Schneidermann et ses potes dans différents blogs
Acrimed, c'est là.
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Par Yves Duel,
mercredi 12 octobre 2005 à 14:47 :: General
Etrange expression du ministre-lutin de ce gouvernement à la grand messe annuelle du Crédit coopératif ce matin (il s'agissait de la mise en place de son Agence pour les services à la personne). C'est vrai qu'il est très lutin, cheveux frisés, toujours mal fringué et s'en foutant visiblement...
Je retiens 2 trucs de sa brève intervention :
1 - il dit : il y a une grave crise du recrutement. Dans les nouveaux métiers (dont services à la personne), il ya 2 à 3 millions de personnes à recruter dans les 5 ans à venir, et ça va etre dur
2 - vous autres, de l'économie solidaire (c'est rigolo qu'il s'adresse toujours à "l'économie solidaire" dans les temples de l'économie sociale : dont les barons et les évèques doivent être furieux !), vous avez intérêt à vous bouger Parce que si vous avez été bons en matière de gestion des ressources humaines, hé bé il va falloir être ncore meilleurs. Sinon, ce sont les entreprises purement capitalistes qui capteront les 2 ou 3millions de salariés dont ces nouveaux secteurs ont besoin.
Pas mal vu. ça doit exasperer les chômeurs basiques qu'on leur dise qu'on cherche 2 à 3 millions de personnes, mais c'est comme d'hab : long terme n'est pas court terme, et ainsi de suite.
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Par Yves Duel,
mercredi 12 octobre 2005 à 08:19 :: General
Bon, d'accord, ses problèmes d'identité semblent assez limités. Mon Cher Amour gagne plus d'argent que moi depuis des années, et je ne me sens pas diminué pour autant ! Mais ça reste amusant, l'angoisse qui s'exprime par ce biais !
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mardi 11 octobre 2005
Par Yves Duel,
mardi 11 octobre 2005 à 17:09 :: General
Le très vieille dame, avec ses cheveux roses et ses yeux qui larmoient, est profondément tassée sur sa chaise.
- Heu ? Grumff ! du para ? hu ?
la pharmacienne hausse le ton
- Bin oui, si vous voulez un générique, hein ?
la vieille dame bougonne
- Heu du Doliprane, quoi, vous savez du Doli, hein , du Mille, heu, avec...
Je suppose que la pharmacienne doit se dire dans sa tête
a/ bon, bin j'ai proposé le générique, hein, parce que i faut proposer des génériques
b/ bon, bin si elle en veut pas, jlui donne du Doliprane, comme d'hab --hein, elle en veut pas !
Et je suppose que la vieille dame doit se dire dans sa tête : Heu - grumpf - KesKelle me veut ?
Et elle se relève péniblement, son Doliprane à la main ; je lui tiens la porte. Ca doit lui être inhabituel, car elle a comme un regard étonné dans ma direction.
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Par Yves Duel,
mardi 11 octobre 2005 à 11:30 :: Economie
le magazine Capital d'Octobre (page 76) dit que l'installation du THD à Pau coute très cher, et que les abonnés sont très loin des 3 à 4 000 prévus.
Evidemment, si les services ne suivent pas, yapas de raison que ça marche tout de suite... Mais est-ce que ce n'est pas ça, la création d'infrastructures par le service public, en avance pour que les citoyens et les entreprises bénéficient des services dans de bonnes conditions ?
je ne m'y connais pas assez. Si vous avez une opinion là dessus, vous êtes beinvenu !
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dimanche 9 octobre 2005
Par Yves Duel,
dimanche 9 octobre 2005 à 18:44 :: -THE !- crétin du jour
Interview complaisant de Parker pire que jamais dans Le Figaro du WE (Vroumette : ce n'est pas la peine que je mette un lien, j'ai vérifié, c'est payant ! Sont chiants, non?). Oui, j'ai fait du bien au vin, dit-il. Oui, Nossiter est incompétent. Ya des progrès dans le Bordeaux, mais ya surproduction.
etc etc.
Ce type a secoué les vieux rentiers du vin, c'est vrai, et au profit des "pays neufs", comme dit la profession. Mais au total, il rêve que les bons vins ressemblent au "bon" cocal cola. Comme si ce terme avait un sens!
tous le même goût boisé. Tous morts dans la bouche en 30 secondes.
Quel crétin prétentieux !
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Par Yves Duel,
dimanche 9 octobre 2005 à 09:12 :: General
magnifique ! Faut bouger avec les fleches de côté. Et il parait que c'est du flash.
(par JMBillaut)
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samedi 8 octobre 2005
Par Yves Duel,
samedi 8 octobre 2005 à 16:39 :: Snobisme réel
C'est ma fille chérie Maud qui m'envoie cette citation. Ce Houellebecq a beau soigner son coté exaspérant, il laisse échapper parfois de vrais bijoux. Oui (pour Maud). Faudra que je tente d'expliquer ça, parce que ma culture grecque initiale était proche de Zéro !
Mais les deux qui m'ont fait "renouer", c'est bien sûr l'admirable Vidal-Naquet, et son pote Jean-Pierre Vernant. A la fois parce que ce sont tous deux de grands historiens, mais j'aurais du mal à avoir de l'estime pour des historiens sans avoir d'estime pour les hommes : or ces deux hommes-là sont estimables. A bien des titres.
(Et les dieux savent que l'estime n'est pas un sentiment dont je suis prodigue !)
Je n'ai lu d'eux que les livres "grand public". J'en garde une impression de profonde familiarité.
Et je compte me remettre un de ces jours à Homère. La pile des livres à lire monte !
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Par Yves Duel,
samedi 8 octobre 2005 à 09:22 :: Snobisme virtuel
C'est là
et la un autre beaucoup plus inquiet. C'est vachement bien ce que fait la Fing
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vendredi 7 octobre 2005
Par Yves Duel,
vendredi 7 octobre 2005 à 07:07 :: General
Quelle plume ! je suis vert de jalousie et bleu d'admiration : j'ai regardé les émissions qu'il cite avec le même malaise que celui qu'il explicite ; mais la différence, c'est qu'une plume, hé bé, il sait t'expliquer ce qui s'est passé. A propos du "touriste" (des plateaux) Bernard Thibault, Schneiderman explique comment 1000 détails -que nous percevons plus ou moins implicitement- ridiculisent le discours de Thibault, avant même qu'il soit arrivé à nos oreilles. C'est magistral.
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jeudi 6 octobre 2005
Par Yves Duel,
jeudi 6 octobre 2005 à 19:34 :: General
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Par Yves Duel,
jeudi 6 octobre 2005 à 16:25 :: -THE !- crétin du jour
Les Echos du 06/10/2005 : Selon l'Insee, le contrat nouvelles embauches (CNE) pourrait créer de 10.000 à 20.000 emplois cette année.
Ca me rappelle des souvenirs à 500 000. on avait plus d'aplomb, dans le temps !
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Par Yves Duel,
jeudi 6 octobre 2005 à 13:25 :: General
Tiens un petit papier sur le livre de Guillemette Faure « la France made in USA », c'était dans libé du 30 09 qui trainait sous mon bureau, louangeur et confraternel --pourtant c’est la correspondante du Figaro à NY. Ça, c’est une vacherie gratuite de ma part (on ne met pas en avant les bouquins des confreres –sœurs de titres concurrents ! )
Allez voir le blog de Guillemette. C’est élégant, bien écrit, très très understatement, parfois même personnel ; avec cette point acérée d'ironie qui distingue les Plumes (oui, les PPPPPplumes). Et c’est un blog dans lequel les commentaires sont presque aussi jolis et élégants que le blog lui même. Rare.
(évidemment que je parle de MES commentaires. Mais pas seulement !)
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Par Yves Duel,
jeudi 6 octobre 2005 à 11:22 :: Snobisme virtuel
Un tour à la FIAC hier, avant Paris Carnet, emmené par ma fille chérie Jeanne et sa copine Olive. J'ai du mal à entrer dans ce truc. Jeanne (pour m'aider !) me dit : "ça, ça vaut 1000000000" (je ne me rappelle plus le prix, mais c'est très gros). "ça, ça vaudra 1000000000000 dans 5 ans". Et à part ça, des trucs qui te font "bing" dans l'oeil, et dont tu supposes que ça continuerait de te faire "bing" chaque jour des années durant (ça, c'est ma définition de l'oeuvre d'art : je l'aime bien !) , hé bé j'en ai pas vu.
Voilà deux bricoles, pour le fun : la chaise volante tenue pas une corde : c'est dommage que le type soit derrière, car la chaise, littéralement, tient toute seule en l'air, grâce à la corde.

et la DS, c'est une vraie de vraie !, est passée à l'amincisseur : l'effet est d'exagérer l'aspect profilé du dessin. Bon d'accord.

Tout ça est rigolo, mais ça relève de la plaisanterie (à mon avis). Si c'est ça l'art contemporain, bof...
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Par Yves Duel,
jeudi 6 octobre 2005 à 11:06 :: Snobisme réel
Extraits du livre à paraitre de Rocard dans l'Obs. J'aime cette honneteté profonde, y compris sa naïveté (le symétrique de ce qu'il qualifie de cynisme chez les autres, Mitterrand en tête, mais aussi Joxe, etc.). J'aime qu'il soit injuste à sa façon. Qu'il avoue, qu'il admette ses erreurs. Ses femmes, sa mère.
Et je le crois même quand il "supplie" l'intervieweur de le croire : "ce que j'ai fait suffit à mon estime de moi". Mais le problème, camarade, c'est que quand on s'est mis dans la position de conquérir le pouvoir, hé bien il faut le conquérir. Ne serait-ce que pour ne pas y laisser moisir les pires des cyniques. Or tu as perdu, là dessus, camarade. Notre question à nous, militants des multiples causes qui se sont reconnus en toi, n'est pas de savoir si tu te sens bien, même sans être devenu président de la République. Notre question, c'est : notre champion a perdu ; donc grâce à lui, les cyniques ont gagné.
Voilà. Sans aucun doute, ton "inscription dans l'histoire du socialisme" est acquise, camarade. Mais cette "inscription" nous déçoit.
(c'est dans le Nouvel Obs de cette semaine)
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Par Yves Duel,
jeudi 6 octobre 2005 à 08:57 :: Economie
La Tribune fait 2 pages sur les négos sur la Class action (pour aller vite : une technique du droit anglo saxon qui permet à de nombreuses personnes de faire un même procès ensemble. Un truc extrèmement américain ; d'abord pour le coté "I'll sue you", rengaine des séries télévisées. Ensuite pour le coté joueur : on se met à quelques centaines, ou quelques milliers, et on fait condamner une grosse boite)
Difficile d'introduire un truc comme ça dans notre majestueux droit français, mais Chirac s'y est engagé. C'est une autre tradition : en FRance, l'Etat reste dans la mentalité majoritaire, le garant de "l'ordre". La, c'est la société civile frontalement opposée à un "gros" (c'est toujours un gros dans ces cas là !). Sans l'intermédiation du procurueur, représentant de l'Etat.
Les fonctionnaires des finances sont en train de vider le projet : par exemple en excluant les produits financiers de la possibilité de Class actions. Tiens, ça tombe bien, j'ai lu dans Le Parisien il y a quelques jours qu'un gérant (La Poste ? un autre?) avait été condamné pénalement pour pub mensongère sur un produit d'épargne : c'est très très rare.
Et c'est à ce moment là que des fonctionnaires un peu moisis dans leur sens de l'Etat ; un peu compromis ou influencés par les grandes banques et compagnies d'assurance, s'opposent à un tel projet. C'est pas bien. Ca va réagir.
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Par Yves Duel,
jeudi 6 octobre 2005 à 08:22 :: General
je résume (parce que j'avais pas mal la migraine) :
- Stéphane est infatigable, et il a toujours une longueur d'avance
- Delphine a compris que la chimie menait à tout, surtout si on en sort (perso, je trouve que c'est une bonne leçon sur "le marché du travail". On continue de former des gens pour des marchés en déclin ; Alors qu'il suffit d'avoir une passion dans la vie pour se former soi même. Que ça aboutisse à un boulot bien payé est l'idéal ! mais je suppose que c'est encore rare aujourd'hui)
- Conversation avec Akynou qui m'impressionne beaucoup, et dont je ne vous dirai rien. Elle est sortie, avec ses enfants d'un truc que je trouve affreux. Tiens, Akynou, faut que je te retrouve un petit article que j'avais découpé dans je ne sais plus quel journal, et qui m'avait fait hurler de rire. Pour résumer, 40% des "bonnes soeurs" (des religieuses, ou quelques chose comme ça) catholiques américaines disaient avoir subi des sévices sexuels étant enfants. De là à y trouver une explication globale à la religion catholique elle-même, ya pas loin !
- Embrassé Tarquine, non, je ne lui en veux pas, je suis très très magnanime comme garçon. Elle ignorait, dit elle, qui était Yves Duel, donc elle s'était jeté sur moi comme sur un anonyme. Ce qui me rend d'autant plus sensible à la bonne foi qu'elle montre plus tard en faisant, dit elle, "mea culpa" !
- Vroumette qui craignait les éclats fut rassurée. Elle voudrait que je fasse des liens sur les articles que je critique ... Wahou ! trop de temps ça me prend déjà, ce gloub !
- bref échange avec Matthieux, qui débarque. Impressionné par ton écriture, lui dis-je. Non, c'est pas si intime, dit-il. C'est écrit. Donc distance : j'admire.
- A Koz : c'est quand l'prochain? Elle dit : c'est quand je veux. T'es dure comme reine !
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mercredi 5 octobre 2005
Par Yves Duel,
mercredi 5 octobre 2005 à 14:43 :: General
Déjeuner avec la plus ravissante de mes nièces. 29 ans, elle cherche du boulot. "Quand je me suis engueulée avec mon père, il m'a coupé les vivres, et j'ai dû prendre un boulot au Mc Do pour survivre. Pendant un moment, je n'étais pas à l'aise avec ça. Maintenant, après deux jobs dans des secteurs qui n'ont rien à voir, je mets en avant dans mon CV le fait que j'ai été Equipière. Les recruteurs savent que c'est une preuve de résistance au stress, de qualités humaines, de sang froid, de rapidité, d'empathie. Le reste? la tchnique? je l'apprendrai. Ce que je vous propose, c'est mon caractère, et il est bon".
Chapeau, jeune dame !
Je lui explique que sa réaction correspond exactement à une étude sociologique que j'avais lu. En gros, le sociologue disait : c'est idiot de parler de jobs "non qualifiés" et de "petits boulots". Exemple : Mc Do Pour tenir, pour rester constamment d'une humeur égale face aux clients, il faut de sacrées qualités humaines. Et ça, c'est une qualification qui se s'apprend pas à l'école. Si les proffs, puis les recruteurs, valorisent la règle de trois, les capacités d'abstraction, plutot que les capacités humaines, pas étonnant qu'ils estiment les jeunes "pas motivés" pour bosser !
(outre les conditions de travail, déplorables bien souvent - je ne l'oublie pas ! )
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mardi 4 octobre 2005
Par Yves Duel,
mardi 4 octobre 2005 à 17:11 :: General
Si même les sous-off et les off de l'armée des salariés suivent le peuple, ça va mal pour Villepin !
Et même pas de journaux à se mettre sous la dent !
Ca y est, j'ai un bureau (à temps partiel) et même un restaurant inter-entreprises ! Premier jour de boulot un jour de grève : à mon avis, Mame Michu, ça sent pas bon !
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lundi 3 octobre 2005
Par Yves Duel,
lundi 3 octobre 2005 à 07:16 :: General
Depuis des décennies, l'ampleur d'une manifestation a valeur de test pour le gouvernement. C'est sans doute la raison pour laquelle Libération sous-titre un gros papier : "l'ampleur de la manifestation aura valeur de test pour le gouvernement". Ca c'est du titre coco. Autre façon plus maligne de le dire "le problème de la journée du 4, c'est le 5". C'est quand le test a eu lieu. Mais ce n'est même pas un titre de Libé, c'est juste une citation du mec interviewé. Quel talent. Pas Libé, le mec.
Enfin ça vaut quand même mieux que, page 11, "L'Espagne sort ses anti-sèches", titre d'un papier sur les restrictions d'eau. la honte, ces a-peu-près, ces jeux de mots minables. Ce libé vieillot, faisant semblant d'être drôle.
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dimanche 2 octobre 2005
Par Yves Duel,
dimanche 2 octobre 2005 à 17:26 :: General
ma fille (l'une de mes nmbreuses filles) chérie m'envoit ce lien : trop beau !
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Par Yves Duel,
dimanche 2 octobre 2005 à 17:20 :: Snobisme virtuel
Ce sommet de vulgarité.
Je me demande toujours si les cinglés qui mettent des bombes ont lu, avant de décider leur geste, des articles du genre "casting pour devenir Barbie"?
Parce que j'ai tellement honte de notre obscène vulgarité occidentale que je me demande si elle ne constitue pas une motivation en tant que telle......
(c'est dans Le Parisien de ce dimanche)
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Par Yves Duel,
dimanche 2 octobre 2005 à 13:18 :: Snobisme virtuel
J’avoue : tu n’étais pas seule, un vieux copain en qui j’ai grande confiance me l’avait conseillé aussi ; donc je me suis dit qu’il était temps ! Et dis donc 4 volumes ! j’espère qu’il se passe des choses !
J’ai fini le premier hier dans le train en rentrant de Genève. ( Juste une citation. Le prêtre Paul Durée : « puni mais toujours impénitent » )
J’aime le récit dans le récit. J’aime le ton. Et je suppose que je commence à comprendre ce que tu voulais dire dans ton billet du forum de l’hôtel. Il y a autant de présence dans un virtuel sophistiqué que dans « le réel » des gens, des corps qui se frottent l’un à l’autre (métaphoriquement : je veux dire dans une présence physique).
Mais je ne suis toujours pas d’accord avec toi. Je vais essayer de t’expliquer. Un de ces jours ! …
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Par Yves Duel,
dimanche 2 octobre 2005 à 13:12 :: Snobisme réel
C'était juste pour mémoire, c'était dans libé d'hier, 1er octobre
On y retrouve aussi Hélene Hazera dans la rubrique Trans, sans que le journal ne signale qu’elle était un pilier du service culturel de Libé ancienne manière. Tristesse. Si Libé est si mollasson ces temps ci, c’est dû en partie au départ des foutraques fantasques qui, peu à peu n’ont plus trouvé leur place. Un vrai Libération aurait dû continuer de faire la mode, au lieu de se contenter d’en rendre compte et de la suivre. Même si ça voulait dire perdre des lecteurs plan plan. Ceux lisent 20 minutes, ce que leur reproche ce neuneu de July, étaient des mollassons et le sont restés. Les mollassons lisent mollasson, et puis voilà.
Ah, la forteresse snob du service culture de Libé, plein de grandes folles, d’homos grandioses, de fêlés, et de foutraques ! même la chronique TV était fantastique. Même la météo était grandiose, avec Gillot Petré. Aujourd’hui ? tu lis la même chose que dans les autres, 20 minutes compris. Et aujourd’hui, on te transmet sur le papier la même chose (en moins bien) que tu peux trouver partout ailleurs. Bullshit, camarade.
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Par Yves Duel,
dimanche 2 octobre 2005 à 13:06 :: Economie
A Genève, le prof d’éthique des affaires à l’Insead et à Stanford nous décrit 4 méthodes pr interesser et motiver les étudiants à suivre de tels cours. J’aime la quatrième : "bring the crooks to the class". Amène les escrocs devant tes étudiants. Alors, c’était comment les 5 ans de tôle ? tu te rends compte maintenant de ce que tu as fait, ou toujours pas ?
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samedi 1 octobre 2005
Par Yves Duel,
samedi 1 octobre 2005 à 19:55 :: Blues, parce que le blues devrait être un droit constitutionnel.
Nous avons rejoint le village à pieds pour y manger dans la première auberge venue une fondue sublime. Le lac de Genève luisait vaguement dans l’air du soir, et le temps était beau. Puis nous sommes rentrés en bavardant dans la nuit noire. Tu te rappelles le passage de Check Point Charlie, et les gueules fermées de ces douaniers de l’Est ? j’y suis passé en 81, avec quatre autres grosses voitures comme la mienne, bourrées de médicaments, de vieux appareils médicaux et de vetements. Oui, dit Karol et je me souviens aussi de Piotr, qui a pris des risques insensés pour continuer d’informer l’association France Pologne, que nous avions créée avec des proches de Rocard. Je continuais : et après avoir conduit 1 500 km en deux jours, livré les médocs à des bonnes sœurs, une famille m’avait emmenée en voiture dans le Sud, pour éviter les questions de la police, avant que je rentre en France. J’étais épuisé, et je me rappelle seulement, le matin suivant, un tour à pieds dans la foret, dans les Tatras. Je me rappelle une petite église en bois très travaillé, étonnante. Près de Zakopane ? oui, bien sûr, c’est la fameuse église de … Ça y est, j’ai déjà oublié son nom à nouveau.
Et tu te rappelle, dix ans plus tard, Berlin au tout début de l’année 90 ? J’étais la bas avec un très vieux monsieur. Il m’a emmené un matin visiter le cimetière juif de Berlin Est ou il cherchait à revoir la tombe d’une de ses tantes. Oui, répondait Karol. Les nazis ne touchaient pas aux cimetières. Même les cimetières juifs. Celui de Cracovie était bien pire !
Et Yaël, qui était gamine à l’époque, nous accompagnait en silence, et je distinguais juste, dans le noir, un vague sourire sur son visage.
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